RTBFPasser au contenu
Rechercher

Oregon: sur un ton inhabituel, Barack Obama fustige le lobby des armes

Barack Obama a dit sa colère face aux fusillades devenues "routinières"
01 oct. 2015 à 23:20 - mise à jour 02 oct. 2015 à 06:22Temps de lecture3 min
Par Ju. Vl. avec agences

Emu et en colère. Quelques heures après une fusillade meurtrière qui a fait dix morts dans une université de l'Oregon, Barack Obama a dit son exaspération - et déploré son impuissance - face à des drames qui rythment l'actualité américaine.

"Il y a encore eu une fusillade en Amérique (...) Mais nos pensées et nos prières ne suffisent pas", a-t-il lancé depuis la salle de presse de la Maison Blanche, réclamant, comme il l'a déjà fait à d'innombrables reprises depuis son arrivée au pouvoir en 2009, une évolution de la loi pour mieux encadrer l'utilisation des armes individuelles.

"D'une certaine manière, cela est devenu une routine", a-t-il ajouté, déplorant la paralysie du Congrès sur ce thème.

"La couverture médiatique est devenue une routine. Ma réponse ici au podium a fini par devenir une routine. Et la réponse de ceux qui s'opposent à toute loi de bon sens sur les armes est - elle aussi - devenue une routine".

"Et, bien sûr, c'est également une routine que quelqu'un, quelque part, dise qu'Obama cherche à politiser ce dossier", a-t-il ironisé, demandant aux médias de mettre les faits en lumière, de comparer le nombre de personnes tuées dans des attaques terroristes au cours de la décennies écoulée au nombre de personnes tuées par la violences par armes.

Dans un discours au ton inhabituel, le président américain Barack Obama a appelé le Congrès (dominé par les républicains) à légiférer pour mieux encadrer l'utilisation des armes à feu.

Il s'est lancé dans un plaidoyer appuyé en faveur de nouvelles lois sur les armes, s'en prenant frontalement au lobby des armes à feu et en particulier à la fameuse NRA (la national rifle association), rappelant que la majorité des citoyens américains sont en faveur d'une régulation plus stricte, si l'on en croit les derniers sondages.

"En ce moment même, j’imagine qu’ils sont en train d’imprimer leur communiqué de presse: ‘Nous avons besoin de plus d’armes!’, diront-ils. Y a-t-il vraiment quelqu’un qui croit cela ?", a lancé le président de la première puissance mondiale avec une exaspération qu’il ne cherchait visiblement plus à contenir.

"En gros, il y a déjà une arme pour chaque homme, chaque femme et chaque enfant aux Etats-Unis. Alors, comment osez-vous nous dire en nous regardant dans le blanc des yeux que plus d’armes vont rendre le pays plus sûr?", a lancé Barack Obama jeudi soir.

Voir l'extrait en vidéo ci-dessous:

Loading...

Pour rappel, en 2015, les Etats-Unis ont enregistré plus d'une "fusillades de masse" par jour.

Lorsqu'en décembre 2012, 26 personnes dont 20 enfants âgés de 5 à 10 ans ont trouvé la mort dans une école de Newtown (Connecticut), dans l'un des pires carnages jamais commis dans un établissement scolaire, le débat avait semblé, un temps, prendre une tournure différente. L'Amérique était sous le choc. M. Obama chargeait son vice-président Joe Biden, fin connaisseur des arcanes du Congrès, de faire bouger les lignes.

Frustration

A peine quatre mois plus tard pourtant, les élus sonnaient le glas d'une véritable réforme. Rejetant une loi qui aurait rendu obligatoires les vérifications d'antécédents judiciaires et psychiatriques avant l'achat d'armes dans des salons spécialisés et sur internet, les sénateurs infligeaient un camouflet au président qui avait investi un capital politique considérable sur ce dossier. Pointant du doigt le lobby des armes, M. Obama dénonçait "un jour de honte pour Washington".

Enumérant les drames qui provoquent régulièrement des évolutions législatives - accidents de la route, accidents industriels, désastres naturels - M. Obama a dit jeudi soir - une nouvelle fois, avec une formulation différente - sa frustration face au traitement de la question des armes dans son pays.

"Cela n'a aucun sens!"

"L'idée selon laquelle la violence par les armes serait d'une nature différente, que notre liberté et notre constitution nous empêcheraient de légiférer, même modestement, sur la façon dont nous utilisons ces armes meurtrières (...) cela n'a aucun sens!", a-t-il lancé.

Les Etats-Unis sont le pays développé avec le taux le plus élevé d'armes à feu par habitants avec près de 89 armes pour 100 personnes, sans compter l'armement policier et militaire.

Prenant les Américains à partie, M. Obama a appelé ces derniers à demander des comptes à leurs élus sur ce thème.

"Ce soir, je veux demander aux Américains de réfléchir à ce qu'ils peuvent faire pour que notre gouvernement fasse évoluer la loi. Pour sauver des vies. Et laisser les jeunes grandir".

Loading...

Sur le même sujet