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Open VLD: un nouveau président "bleu foncé" peu connu du grand public

Open VLD: un nouveau président "bleu foncé" peu connu du grand public
27 mai 2020 à 08:19 - mise à jour 27 mai 2020 à 08:19Temps de lecture3 min
Par Joyce Azar

Cette fois ça y est: depuis vendredi dernier, les libéraux flamands ont un nouveau président en la personne d’Egbert Lachaert, qui succède donc à Gwendolyn Rutten à la tête de l’Open VLD

L’élection s’était faite attendre… A l’origine, elle devait se tenir fin mars, mais le coronavirus en avait décidé autrement. Une autre date avait alors été fixée: le 18 mai. C’était sans compter un nouveau couac, informatique cette fois. Un bug qui permettait aux participants de voter plusieurs fois. Le scrutin avait donc été annulé et c’est finalement vendredi dernier qu’il a pu enfin se tenir. 

Il n’aura fallu qu’un seul tour à Egbert Lachaert pour l’emporter, haut la main, puisque le candidat a obtenu 61% des voix, soit le double de son principal concurrent, Bart Tommelein.

Un président peu connu

Egbert Lachaert est pourtant loin d’avoir le même parcours politique que son collègue Bart Tommelein, tour à tour été député, sénateur, secrétaire d’Etat, ministre flamand et actuellement bourgmestre d’Ostende. Peu de Flamands le connaissent donc à ce jour. 

Il faut dire que l’avocat de 42 ans, originaire de Merelbeke, n’est devenu député qu’en 2013, d’abord au Parlement flamand, puis à la Chambre. Dès le début de sa carrière, il avait tenté le tout pour le tout, en affrontant Gwendolyn Rutten à la présidence de l’Open VLD. Malgré son joli score de 40%, il s’était incliné face à celle qui prendra les rennes du parti pendant près de 8 ans. Mais cette fois, ça y est: grâce notamment au précieux soutien d’Alexander De Croo et de Vincent Van Quickenborne, Egbert Lachaert accède à la tête des libéraux flamands. 

Le Flanc bleu foncé

Egbert Lachaert est notamment connu pour faire partie du flanc dit " bleu foncé " de l’Open VLD. Certains s’attendent dès lors à un virage à droite du parti. Le nouveau président défend un libéralisme traditionnel avec, au coeur des préoccupations, le socio-économique. 

Durant sa campagne, il a cependant aussi mis en avant la sécurité et la justice comme thèmes centraux. Il s’est aussi positionné sur l’intégration et la migration en estimant que le système social belge était trop facile d’accès. Au vu de ses priorités, on l’imagine donc plus aisément négocier un gouvernement fédéral qui inclut la N-VA, même s’il a déclaré dimanche dernier qu’il n’excluait aucune formule de coalition. 

Pour une refonte du parti

Dès l’automne prochain, Egbert Lachaert prévoit une série de congrès dans le but de faire participer les membres à une refonte de la structure et du programme de l’Open VLD. Cette refonte devrait se clôturer par un changement de nom pour le parti. Le nouveau président a d’ailleurs déjà indiqué vouloir trouver quelque chose de plus " rock’n’roll ". 

Il annonce aussi vouloir élargir l’électorat de l’Open VLD en adoptant des positions plus concrètes sur certains thèmes sociétaux. Il désire enfin redéfinir le profil du parti, car selon lui, beaucoup de Flamands ne savent plus vraiment ce que défendent les libéraux. 

Risques et opportunités 

Le programme d’Egbert Lachaert est donc chargé. Mais a-t-il des chances de réussir, et surtout de donner un nouveau souffle à son parti? Ce ne serait en tous cas pas du luxe après les résultats de l’Open VLD aux dernières élections. 

Le nouveau président de l’Open VLD va devoir relever pas mal de défis. Il devra tout d’abord rétablir la confiance au sein même de son parti car, malgré les apparences, des clans se sont formés entre les flancs progressiste et conservateur. 

Pour récupérer les électeurs perdus, les libéraux devront aussi plus clairement se différencier de la N-VA, et se démarquer sur certains thèmes notamment éthiques, communautaires ou socio-économiques. 

Les prochains mois seront évidemment cruciaux alors qu’il faudra gérer la relance post-covid et négocier des alliances pour la prochaine coalition fédérale. Autant d’opportunités que de risques politiques pour le nouveau président de parti. 

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