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Open d'Australie

Open d'Australie : Novak Djokovic perd sa bataille devant la justice et doit quitter le pays

Novak Djokovic perd sa bataille devant la justice et doit quitter l'Australie

Australian Open 2022

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16 janv. 2022 à 07:04 - mise à jour 16 janv. 2022 à 08:033 min
Par Alice Devilez avec AFP
AFP or licensors

La Cour australienne a rejeté le recours de Novak Djokovic contre son expulsion. Chacune des parties avait pu défendre son point de vue pendant plusieurs heures, et les juges de la Cour se sont finalement prononcés contre le recours du joueur serbe. Cette décision des trois juges de la Cour fédérale est pratiquement impossible à contester. Le joueur a réagi et assure qu'il coopérera avec les autorités lors de son expulsion.

Tous les éléments découverts au fil de cette saga semblent avoir pesé lourd contre le numéro un mondial dans ce dossier.

Rappelons que cette décision stricto sensu implique également une interdiction d’entrer sur le territoire australien pendant trois ans.

"La Cour ordonne que le recours soit rejeté aux frais du demandeur", affirme la décision approuvée à l’unanimité par les trois juges, à la veille du début de l’Open d’Australie au cours duquel le Serbe comptait briguer un 21e titre record en Grand Chelem.

Autorisé à quitter le centre de rétention où il a été placé samedi, Djokovic a suivi l’audience en ligne depuis les bureaux de ses avocats. Une "finale" qui pourrait avoir des répercussions à long terme pour la carrière du Serbe de 34 ans, habitué aux matches à haute intensité.

"Troubles civils"

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Dans ses conclusions déposées samedi devant la Cour, le ministre de l’Immigration Alex Hawke avait soutenu que la présence de Djokovic dans le pays était "susceptible de représenter un risque sanitaire". Selon lui, elle encourageait "le sentiment anti-vaccination" et pouvait dissuader les Australiens de se faire injecter leurs doses de rappel, alors que le variant Omicron se répand à grande vitesse dans le pays.

La présence en Australie du champion pourrait même "entraîner une recrudescence des troubles civils", avait ajouté le ministre. Même s’il avait qualifié le risque que Djokovic contamine lui-même des Australiens de "négligeable", le ministre avait estimé que son "mépris" passé des règles sanitaires contre le Covid constituait un mauvais exemple.

Dimanche devant la Cour, les avocats de "Djoko" ont qualifié le placement en rétention de leur client et sa possible expulsion d'"illogiques", "irrationnelles" et "déraisonnables".

Le gouvernement "ne sait pas quelles sont les opinions de M. Djokovic actuellement", a plaidé l’avocat Nick Wood, affirmant que son client n’a jamais soutenu publiquement le mouvement anti-vaccination.

L’avocat du gouvernement, Stephen Lloyd, a répondu que le fait que le champion ne soit pas vacciné près de deux ans après le début de la pandémie et qu’il ait ignoré de façon répétée les règles sanitaires, notamment en omettant de s’isoler alors qu’il se savait infecté, constituaient des preuves suffisantes de sa position.

Novak Djokovic avait été bloqué à son arrivée en Australie le 5 janvier et placé une première fois en rétention administrative. Le joueur, qui a contracté le Covid-19 en décembre, espérait bénéficier d’une exemption pour entrer dans le pays sans être vacciné, mais les autorités n’avaient pas accepté cette explication.

Le gouvernement australien avait subi un humiliant revers le 10 janvier quand un juge avait bloqué l’expulsion de Djokovic, rétabli son visa et ordonné sa libération immédiate. Mais le ministre de l’Immigration avait contre-attaqué vendredi et annulé son visa pour la deuxième fois vendredi en vertu de ses pouvoirs discrétionnaires, invoquant "des raisons sanitaires et d’ordre public".

Dimanche après l’audience, Djokovic a été reconduit au Park Hotel, l’austère centre de rétention pour étrangers en situation irrégulière désormais mondialement célèbre, qu’il ne devrait désormais plus quitter que pour embarquer dans l’avion qui le ramènera chez lui.

"Incompétence"

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Dans un communiqué publié mercredi, le tennisman avait admis avoir rempli de manière incorrecte sa déclaration d’entrée en Australie. Le joueur aux 86 titres ATP, vu en Serbie et en Espagne dans les deux semaines précédant son arrivée, contrairement à ce qu’il a déclaré dans le formulaire d’immigration à son arrivée, a plaidé "l’erreur humaine".

Ce feuilleton à rebondissements s’est déroulé dans un pays dont les habitants ont enduré pendant près de deux ans des restrictions anti-Covid parmi les plus strictes au monde, et où des élections sont prévues d’ici mai.

D’où un contexte politique chargé. La pression s’était intensifiée ces derniers jours autour du Premier ministre conservateur Scott Morrison, accusé d'"incompétence" par l’opposition travailliste.

L’affaire Djokovic est aussi suivie assidûment en Serbie où "Nole" est considéré comme un héros national. Vendredi, le président Aleksandar Vucic a accusé l’Australie de le "maltraiter".

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