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OnlyFans : refuge des créateurs ou version sexe d’Instagram ?

23 oct. 2021 à 09:00Temps de lecture3 min
Par Malaïka Mukaz

OnlyFans se présente comme étant "THE place to be" pour les créateurs de contenus. Ces derniers proposent un contenu exclusif à leurs fans qui payent un abonnement dont le montant est fixé par les créateurs eux-mêmes. 80% des revenus leur reviennent et la plateforme garde les 20% restants. L’office du tourisme de Vienne y a ainsi vu un moyen de montrer des oeuvres d’art impossibles à publier sur Instagram.

Un moyen de gagner sa vie VS. L’appât du gain

Durant la pandémie de Covid-19, la plateforme a connu une popularité sans précédent et a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 2 milliards de dollars. De nombreux travailleurs du sexe, privés de contacts rapprochés, y ont trouvé refuge pour continuer à subvenir à leurs besoins en proposant des contenus avec de la nudité sur la plateforme.

Un moyen de gagner sa vie pour certains, l’appât du gain pour d’autres. Des célébrités comme Cardi B, Floyd Mayweather ou encore Tyler Posey ont rejoint les créateurs d’OnlyFans en proposant du contenu exclusif souvent très hot que leurs fans ne peuvent pas voir sur Instagram à cause des algorithmes qui censurent la nuditéL’arrivée de l’acteur de "Teen Wolf" n’avait pas été bien perçue par tout le monde. Certains internautes reprochant à Tyler Posey de s’emparer de l’argent de celles et ceux qui ont besoin de OnlyFans pour continuer à travailler en temps de pandémie.

Bella Thorne, elle, a provoqué un véritable tollé en août. L’actrice de "Shake It Up" avait promis de poster un nude et avait empoché plus d’1 millions de dollars en une seule journée. Les fans de la jolie rousse se sont directement abonnés à son compte pour la somme de 200 dollars. Déception pour ces derniers qui ont découvert la fameuse photo sur laquelle Bella est en fait juste en bikini. Ce serait suite à ce scandale que la plateforme a établi des limites à ce qu’il était possible de payer. Dorénavant, le prix des photos privées est plafonné à 50 $ et les créateurs ne reçoivent plus leur paiement après 7 jours mais après 30. Ce qui n’a pas ravi les travailleurs du sexe.

Bella Thorne s’est excusée sur Twitter, expliquant que son but était d’attirer son attention sur OnlyFans pour lutter, comme elle le fait souvent, contre la stigmatisation des travailleuses et travailleurs du sexe.

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"L’Instagram porno payant"

Les contenus à caractère sexuel d’OnlyFans lui ont valu le surnom de "l’Instagram porno payant" et ce sont les grandes banques qui collaborent avec la plateforme qui ont commencé à freiner des 4 fers. Craignant de voir leur réputation entachée, elles ont émis le souhait de mettre un terme à leurs relations avec le réseau. Ce dernier avait alors décidé d’interdire le contenu sexuellement explicite mais est ensuite revenu sur sa décision.

Pour ne plus connaître d’épisode similaire, la solution pour OnlyFans est peut-être de se tourner vers les crypto monnaies. C’est d’ailleurs suite à ce différend avec les banques que la star du X Adreena Winters a déclaré que "La pornographie a souvent été pionnière dans le décollage de nouveaux concepts, qu’il s’agisse de VHS, des paiements par carte de crédit en ligne et même d’Internet donc je ne serais pas surprise que ce soit la pornographie qui fasse des crypto monnaies un courant dominant ". Selon Jeff Dillon, le directeur du développement de Nafty, une plateforme de crypto monnaie réservée à l’industrie du porno, cet épisode "a fait plus pour nous que la plus chère des campagnes marketing ".

Des contenus très problématiques

Mais il n’y a pas que des travailleurs du sexe, des créateurs ou des célébrités sur OnlyFans. D’autres utilisateurs proposent du contenu sur la plateforme. La juriste et youtubeuse française Crazy Sally a interrogé Léa (prénom d’emprunt), une jeune femme de 17 ans qui vit de ses revenus OnlyFans et Mym (une plateforme similaire). "J’ai déjà été approchée pour des films pornos, par des gens qui veulent payer pour nous voir en vrai, à l’hôtel ou au restau" s’est-elle confiée dans la vidéo. Bien que l’âge minimum requis est 18 ans, de nombreux mineurs comme Léa y monnaient leurs nudes.

De nombreux adolescents font la promotion de leur compte OnlyFans sur Twitter en utilisant les hashtags #BarelyLegal (tout juste légal) et #Teen (ado).

Dérive pornographique pas improbable

Le fondateur d’OnlyFans n’est autre que Tim Stokely, le fondateur de Customs4U, un site où les utilisateurs pouvaient payer des stars du X afin de recevoir des vidéos personnalisées. De plus, un des grands actionnaires d’OnlyFans est Leonid Radvinsky, le propriétaire de MyFreeCam, un site de Cam Girls et Cam Boys (personnes qui se dénudent devant leur webcam en échange d’argent).

Dans ces conditions, il est légitime de s’interroger sur les intentions réelles de la plateforme : permettre aux créateurs de contenus de s’exprimer ou virer en douce vers cet univers du porno que Stokely et Radvinsky connaissent si bien ?

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