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On a rencontré "Ed People", le Bruxellois qui fait danser la planète !

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Ed People, le Bruxellois qui fait danser la planète

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A 29 ans, le Bruxellois Edouard, plus connu sous le surnom de " Ed People " fait danser la planète entière. Tous les jours, il descend dans la rue pour demander à des inconnus de tous âges et de toutes origines de lui apprendre des nouveaux mouvements de danse. La salsa, le charleston, la valse, le rock, le hip-hop mais aussi et surtout de nombreuses danses folkloriques et traditionnelles… Edouard teste tout et partage ensuite ses rencontres et apprentissages sur les réseaux sociaux. Cette belle histoire a commencée en plein confinement, le 30 mars 2021. Près d’un an et demi plus tard, ses vidéos Tik Tok sont suivies par plus d’un million de followers à travers le monde. Nous avons rencontré ce jeune passionné de danse et d’échange pour qu’il nous raconte les origines de son projet.

Salut Edouard, peux-tu nous raconter comment tu as commencé ton projet " Ed People " ?

Ed People : "Avant " Ed People " j’étais musicien, j’étais DJ. Quand le covid est arrivé, toutes mes activités se sont arrêtées net. Mon plus gros hobby dans la vie, c’était la salsa. Cela faisait trois ans que je dansais, que j’étais tout le temps à des cours et des soirées, c’était devenu en quelque sorte ma communauté, ma deuxième famille. Du jour au lendemain, c’est tombé à l’eau puisque c’est une danse de couple aux contacts rapprochés, ce n’était pas compatible avec le covid.

Pendant une année je n’ai pas du tout dansé et je me suis rendu compte à quel point c’était important dans ma vie et à quel point ça me manquait.

Et puis un jour le gouvernement belge a annoncé qu’on pouvait enfin retourner dans les parcs. J’en ai profité pour sortir et essayer de resociabiliser car c’est vraiment quelque chose que j’ai toujours aimé faire. Mais je me suis vite rendu compte qu’il me manquait toujours la danse…

Sur un coup de tête je suis allé à Gand et là dans un parc je suis tombé sur deux gars qui jouaient de la musique et une fille qui dansait du charleston sur leurs notes. Je suis allé vers eux et je leur ai demandé si elle pouvait m’apprendre à danser cette danse que je ne connaissais pas. Elle a directement accepté et on a passé un super moment à danser. Pour garder un souvenir de cette rencontre, je lui ai demandé si je pouvais filmer, je lui ai naturellement posé cette question "Est-ce que tu peux m’apprendre ton pas de danse favori ?" et c’était parti. Je ne m’étais plus senti aussi heureux depuis très longtemps !

C’était vraiment la plus belle journée que j’avais vécue depuis un an. J’ai adoré cette expérience et j’ai eu envie de la partager ce moment sur les réseaux qui ont accueilli positivement ma vidéo. J’ai voulu revivre cette journée une deuxième fois, suivi d’une troisième fois et d’une quatrième fois et je ne me suis plus jamais arrêté depuis. "

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Un an et demi plus tard, tu es suivi quotidiennement par 1.2 millions d’abonnés sur Tik Tok et 289.000 personnes sur Instagram. Tu t’attendais à un tel succès pour tes vidéos de danse ?

Ed People : " Non, je ne m’attendais clairement pas à un tel succès ! Je pensais très sincèrement qu’après un mois les gens allaient se lasser et je pensais qu’à un moment, je devrais me recycler et proposer autre chose mais en fait, même si ça reste la même phrase d’accroche, chaque vidéo est différente.

C’est vrai que pour la Belgique mes chiffres peuvent paraître impressionnants mais je reste réaliste : ce n’est pas si énorme que ça quand je compare avec certains autres Tiktokeurs. Je suis en tout cas super reconnaissant envers toutes les personnes qui me suivent aux quatre coins du monde. Mon audience est vraiment internationale et ça c’est génial ! "

Je voulais des vidéos à connotation positive et surtout qu’elles puissent être regardées en famille et sur trois générations : des grands-parents avec des parents et leurs (petits) enfants autour d’un même contenu. J’avais envie de faire quelque chose de rassembleur.

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C’est assez impressionnant la manière dont tu arrives à faire danser des personnes de 7 à 77 ans. Comment y arrives-tu ?

Ed People : " J’essaie évidemment d’inclure tout le monde dans mes vidéos. Avec certaines personnes j’ai plus de facilités, j’ai par exemple toujours eu un bon contact avec les seniors, je me suis rendu plusieurs fois en maison de repos pour les faire danser.

Ce sont des personnes qui parfois n’ont plus dansé depuis 30 ans et qui sortent de leur zone de confort pour me donner tout ce qu’elles ont. J’ai à chaque fois les larmes aux yeux.

Pour les enfants, c’est plus compliqué, il faut une autorisation pour ceux qui ont moins de 12 ans donc je le fais que quand ils sont en compagnie de leurs parents. "

Est-ce que parfois tu essuies aussi des refus ? On a l’impression que tout le monde a envie de danser avec toi !

Ed People : "Evidemment j’essuie pas mal de refus ! On va dire que trois personnes sur cinq refusent ma proposition et ce n’est pas grave. Je le sais en démarrant ma journée que je vais me prendre des non. Quand j’ai commencé c’était plus compliqué parce qu’on était encore dans le contexte covid et donc les gens étaient plus méfiants. Je n’avais pratiquement pas de seniors car c’était trop risqué. Il y a aussi des personnes qui aimeraient dire oui mais qui sont en quelque sorte bloquées parce qu’elles sont en train de travailler et que ça pourrait leur poser problème plus tard si on les reconnaît dans mes vidéos. Et puis il y a les personnes qui pensent qu’elles ne savent pas danser et qu’elles n’ont rien à m’apprendre. Je respecte évidemment tous ces refus, ça fait partie du jeu."

Est-ce qu’aujourd’hui tu arrives à vivre de ces vidéos ?

Ed People : "J’ai beaucoup de chance car je suis sponsorisé par des marques et j’ai aussi un Patreon. C’est une plateforme de financement participatif. Du contenu exclusif se débloque pour les personnes qui me financent. Ça a pris une bonne année avant que ce soit rentable, mais j’ai eu de la chance que ça prenne assez rapidement en termes de nombre d’abonnés, de vues etc. J’en profite pour remercier toutes les personnes qui me suivent car elles ont énormément de pouvoir par rapport aux créateurs de contenus, sans elles je ne serai pas là.

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Tu as rencontré des centaines de personnes. On a l’impression que tu as déjà tout testé. Est-ce que tu apprends encore de nouveaux mouvements de danse ?

Ed People : " Oui évidemment, j’apprends encore tous les jours et même de la part de personnes assez surprenantes. Je ne dois pas spécialement rencontrer un Colombien danseur de salsa professionnel pour apprendre des nouveautés. Il y a un mois par exemple, on m’a appris le pas de " Footlose " et j’étais surpris de me rendre compte que je ne le connaissais pas encore ! " La macarena " est arrivée après plus d’un mois de vidéos ! Mais c’est vrai que c’était un peu un stress quand j’ai commencé. Je pensais qu’après un mois j’aurais fait le tour.

Aujourd’hui, je sais avec conviction que je n’aurais jamais assez avec une vie pour apprendre toutes les danses du monde.

C’est ça aussi qui rend le projet beau ! Et même quand c’est un mouvement qu’on m’a déjà montré, chaque personne le refait à sa sauce, souvent c’est réajusté en fonction de leur style, leur musique et leur énergie. Ce projet il est vraiment centré sur les gens : c’est d’ailleurs pour ça que je l’ai appelé "Ed People". J’utilise la danse pour créer des connexions avec des inconnus car c’est ma passion et que c’est ma zone de confort mais je crois surtout que la danse peut faire un pont formidable entre deux personnes qui ne se connaissent absolument pas. "

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Quand on regarde tes vidéos, on a envie de danser à notre tour, même si on est mauvais danseur, ce qui est mon cas par exemple, tu nous donnes l’impression que tout est possible.

Ed People : " C’est vrai que je reçois pas mal de messages de personnes qui me disent qu’elles ont envie de danser grâce à moi et c’est évidemment une belle récompense. Aux personnes qui disent qu’elles ne savent pas danser je réponds que ce qui est le plus important ce n’est pas le pas, c’est surtout l’énergie. Il y a tellement de vidéos qui attestent de ça : celles qui marchent le mieux sur " Ed People " généralement, ce sont des vidéos dans lesquelles le pas est tout simple, parfois même ridicule. Mais par contre la personne qui danse avec moi est tellement rayonnante et sympathique que ça en fait une vidéo incroyable. C’est la personnalité, le sourire et la communication non verbale qui compte au final. Même pour moi, ce sont les interactions que je préfère. Les commentaires sont souvent tournés là-dessus aussi. On ne me parle pas du pas qui est incroyable mais plutôt de la personne qui a l’air géniale. "

Est-ce qu’il y a une rencontre qui sort du lot ?

Ed People : " Franchement il y en a plein, je suis d’ailleurs encore en contact avec beaucoup de personnes avec qui j’ai dansé dans le cadre de " Ed People ". C’est difficile d’en choisir une.

Je ne mens pas quand je dis que ce projet, c’est la plus belle chose qui me soit arrivée.

J’ai envie de parler d’une rencontre avec Omar, un Egyptien installé à Bruxelles. Cela faisait + /- 110 jours que le projet existait et c’est la première fois que j’ai fait un épisode entier avec lui, tellement la rencontre était intense. On a dansé pendant deux heures, il a carrément volé la vedette de la vidéo (rires). Il m’a raconté sa vie et m’a appris la danse typique des mariages égyptiens et c’était juste incroyable. Il a quelque chose dans son regard d’hyper communicatif et d’hyper généreux, c’est rare. Ça fait plus d’un an que la vidéo est sortie et on est toujours en contact. Il m’a ouvert une porte sur son pays et maintenant j’en suis super fan : j’écoute de la musique égyptienne et j’espère pouvoir y aller un jour. Cette rencontre a donné naissance à un nouveau format sur ma chaîne, des épisodes dans lesquels une personne m’apprend plusieurs mouvements de danse. "

Si vous aussi vous avez envie d’apprendre de nouveaux pas de danse, on vous conseille de vous abonner aux réseaux sociaux d’Ed People : Tik Tok, Instagram, Youtube. Et si vous ne souhaitez pas danser, laissez vous inonder par les ondes extrêmement positives d’Ed et de ses rencontres. Impossible de ne pas se sentir inspiré ou d’avoir la banane en regardant ses vidéos.

Et vous, si vous deviez lui apprendre votre mouvement de danse préféré, ce serait quoi ?

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