Tennis

Olivier Rochus : "Le meilleur joueur s'en va"

Entre Roger Federer et Olivier Rochus c’est une histoire d’amitié qui dure depuis plus de 25 ans.

© © Tous droits réservés

15 sept. 2022 à 17:55Temps de lecture2 min
Par Laurent Bruwier

Les amitiés d’enfance sont souvent celles qui traversent les années, celles dont les racines sont ancrées profondément. Autant d’années de connivence, de respect, d’amitiés qui dépassent le cadre professionnel. La relation Federer – Rochus est assurément de celles-là, à l’image de ces retrouvailles à Roland Garros en 2021. Roger Federer, devenu parcimonieux dans ses entretiens individuels avec la presse, accepte le rendez-vous de la RTBF parce que c’est son pote Oli qui mène l’entretien. Dix minutes durant, les deux champions parlent des enfants, du covid, de la santé de l’un, de la retraite de l’autre. De tout et de rien en somme… Le tennis reste le lien, mais pour cette fois il est relégué au deuxième rang.

Seize mois plus tard, Roger Federer a franchi le pas. A 42 ans, il passe de l’autre côté du filet.  

" Je ne vais pas dire que je tombe des nues " s’empresse de commenter Olivier Rochus " Rodge a mal partout, l’an dernier à Roland, il s’arrête en huitième. Il prend 6-0 à Wimbledon. A 42 ans, on savait que ça allait arriver. Il s’en fout de faire huitième ou quart en Grand chelem". Son corps a dit stop.

Même si la logique est implacable autant que la surprise est attendue, la retraite De Roger Federer suscite partout quelques pincements au cœur.

" Pour moi, c’est le meilleur joueur qui s’en va. C’est le premier des "monstres" qui s’arrête. Avant, il y avait Agassi, Edberg, Becker, Rafter ou même Sampras mais à côté de lui c’étaient des petits poucets. Rodge avait ce talent, cette fluidité, cette élégance qu’aucun autre n’aura jamais."

Si la vérité mathématique plaide pour Nadal ou Djokovic en termes de records, Federer aura été celui qui a ouvert la voie.

" Ce qui est certain, c’est qu’il a poussé les autres à travailler plus. Toujours plus. Il a tiré tout le monde vers le haut ".

 

Les blagues et le flipper

A 12 ans, Federer n’était pas le champion que l’on a connu. Olivier Rochus se souvient de son évolution dans les catégories de jeunes. "Parfois Rodge perdait dans les qualifs 6-0 6-0. Je me souviens que je lui disais que ce n’était pas grave. Et puis je l’ai retrouvé à Garisart à 16 ans au championnat d’Europe. Il avait grandi. j’avais gagné 6-4 au 3e mais le match avait été très disputé. Je l’ai retrouvé l’année suivante lors de la tournée australienne. Je l’ai joué trois fois d’affilée. D’abord lors des deux tournois qui précédaient l’Open d’Autsralie Junior et puis lors du Grand Chelem. J’ai perdu le premier match en 3 sets et les deux autres en 2. Dans la foulée, Rodge s’envoie le tournoi et termine numéro un mondial. C’était parti ".

Olivier Rochus est sans doute le joueur belge qui connaît le mieux Federer. En junior, les deux compères se sont offert le titre en double à Wimbledon. Un exploit qu’ils n’ont pas pu rééditer à l’US quelques mois plus tard.

" On partageait la même chambre à New-York. Rodge mettait tout le temps la même chanson. C’était MisterJones de Counting Crows. Je me souviens qu’on dansait sur les lits comme des fous ". Un relâchement qui accompagnera le champion suisse tout au long de sa carrière. " C’est exactement ça. Je ne l’ai jamais vu stresser. Je me souviens, à Houston aux Masters, on était là avec Malisse, et je l’ai vu juste avant son match occupé à faire des blagues. Une autre fois, il jouait au flipper quelques minutes avant d’être appelé sur le court. En junior, c’était pareil, il servait deux fois et frappait trois coups droits avant le match et c’était son échauffement. Derrière, il explosait tout.".

Articles recommandés pour vous