OGM et pesticides: le professeur Séralini contre-attaque

OGM et pesticides: le professeur Séralini contre-attaque

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25 avr. 2014 à 12:46 - mise à jour 25 avr. 2014 à 13:31Temps de lecture2 min
Par Wahoub Fayoumi

Son constat avait été publié dans la revue scientifique Food and Chemical Toxicology : les organismes génétiquement modifiés utilisés notamment pour augmenter la production de maïs engendrerait des cancers. Mais les critiques, émanant également du monde scientifique, on semé le doute sur les conditions dans lesquelles l'étude a été réalisée, ainsi que sur sa crédibilité.

L'étude du professeur Séralini avait été menée sur 200 rats: un échantillon jugé par certains trop faible pour une étude solide. La revue Food and Chemical Toxicology avait même décidé de retirer l'article.

"Notre étude reste la meilleure"

Mais le professeur Séralini ne voit pas ce revirement d'un très bon œil. Invité de notre journal de 13 heures ce vendredi, il évoque l'arrivée de Richard Goodman dans le comité éditorial de la revue, un homme qui a travaillé chez Monsanto, la multinationale des OGM. "Il est très important de savoir qu'aujourd'hui les lobbies sont nombreux", affirme-t-il sur notre plateau. Et contre-attaque: "Monsanto n'a nourri que 40 rats pour pouvoir importer en Europe ses OGM". Par rapports aux 200 rats de son étude, cela lui semble pas sérieux.

"Nous sommes les seuls à avoir tenu compte des adjuvants des pesticides", précise-t-il. Par ailleurs, son équipe va faire publier une réponse à ses critiques dans les jours qui viennent : "Notre étude reste la meilleure au monde sur un pesticide et un OGM aujourd'hui, nous sommes les seuls à l'avoir fait, et nous avons fait d'autres découvertes", ajoute-t-il, en précisant que des éditeurs allaient republier l'étude controversée.

Indépendance du monde scientifique

Mais il n' y a pas que l'échantillon de l'étude qui a donné du grain à moudre à ses détracteurs: son indépendance a également été remise en cause, puisqu'il ferait partie d'un groupe anti-OGM. "Le CRIIGEN n'est pas un groupe anti-ogm", répond Gilles-Eric Séralini. "J'ai moi même développé des OGM en laboratoire, j'ai enseigné à ce propos". Ces critiques incorrectes, "ça fait partie du ridicule des chargés de communication des industriels, qui raconte des idioties". répond-il.

Gilles-Eric Séralini insiste sur le rôle obscur, selon lui, que jouent certains dans les instituts chargés d'évaluer les produits et les études au niveau intergouvernemental ou européen. "Ce sont des scientifiques qui ont autorisé les OGM et le Round-up, et c'est comme si on leur demandaient s'il veulent aller en prison", s'exclame-t-il.

"Ils n'ont fait qu'accepter les tests de Monsanto sans faire d'(autres) études". Une petite minorité de ces personnes ne sont pas indépendantes, accuse-t-il. Certains scientifiques, comme la directrice de l'EFSA (Autorité européenne de contrôle des aliments) "sont liés à à l'ILSI, un lobby qui va promouvoir les biotechnologies. Les industriels ont infiltré les agences pour accepter des tests qui ne valent rien au niveau scientifique".

Le Professeur Séralini estime que son étude est la seule pertinente dans le domaine, et "il n'y a pas d'étude en face; personne n'a fait fait une étude longue sur des rongeurs", conclut-il.

Polémique sur les OGM

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