RTBFPasser au contenu

Offrir une poupée à son fils… et subir une déferlante sexiste et homophobe sur Twitter

Offrir une poupée à son fils… et subir une déferlante sexiste et homophobe sur Twitter
14 déc. 2016 à 15:31 - mise à jour 14 déc. 2016 à 15:312 min
Par Adeline Louvigny

Tout est parti d’un tweet d’un père de famille, expliquant comment son fils de 4 ans s’est senti l’obligation de demander s’il pouvait avoir une poupée pour Noël, parce que, "les poupées c’est pour les filles ?". Et qu'en plus c’est sur les pages roses des catalogues de Noël.

Loading...

Guillaume Champeau, père de famille et fondateur de Numerama, relate son expérience sur Medium : "J'ai compris qu’il voulait une poupée mais qu’il avait l’impression de pas y avoir droit, à cause de son sexe. Donc avec ma femme on lui a dit que c’était pour tout le monde, et que s’il en voulait une, il suffisait de la demander au père Noël."

Il twitte donc cette anecdote, une "réflexion sur l’effet que peuvent avoir les couleurs, rose ou bleu, sur un catalogue de Noël, et la responsabilité que ça induit chez les commerçants."

Dans un premier temps, les réactions sont assez bienveillantes, s’indignant du conditionnement des genres dans notre société. Au fil des heures, son tweet est de plus en plus repris, et sans "trop savoir pourquoi" il voit déferler une "salve d’insultes et de propos homophobes".

"Je trouve ça fascinant de voir à quel point, parce que mon tweet a commencé à être vu et commenté par des cercles qui ne sont pas les miens, les commentaires bienveillants du départ ont laissé place à la haine pure, d’une catégorie de personnes machistes, mysogines, homophobes… Sociologiquement, et sur l’effet 'bulle filtrante', c’est vraiment épatant à observer."

Et il publie alors un échantillonnage représentatif du type d’insultes qu’il reçoit, la plupart prédisant un avenir de "tapette", "tantouze", "tarlouze", "pd", "pussy ass boy" à son fils (le vocabulaire étant très diversifié en matière d’homophobie) ou critiquant l’éducation pas assez "virile" qu’il donne à son enfant.

"N’étant pas homosexuel, je n’ai jamais subi l’homophobie. Mais là, je l’ai vue de mes propres yeux, toutes les minutes ou presque, s’égrainer toute la journée sur mon écran Tweetdeck."

"Je ne suis pas pour qu’on censure les imbéciles. J’ai toujours trouvé que la censure était contre-productive et qu’il fallait savoir affronter la réalité des discours, même ceux qui nous déplaisent, pour mieux leur répondre. Mais on a un sacré travail à faire. Par où commencer ?"

Oui, un homme hétéro blanc peut certainement faire face à ces discours haineux, et c’est très courageux à lui de tenir tête à ces personnes qui vomissent leur haine, tellement la discussion avec ces trolls semble impossible (il donne d'ailleurs un exemple flagrant sur son papier dans Medium)

Mais, en dehors de cet événement, les propos haineux sont (évidemment) directement dirigés vers des personnes ayant effectivement une affinité amoureuse et sexuelle et/ou une couleur de peau et/ou une culture différentes… Des personnes souvent fragilisées par cette différence, et surtout, qui doivent faire face quotidiennement à ces agressions, au point de parfois s’écrouler sous leur poids.

La censure n’est certainement pas la solution, mais, comme ce père de famille, il faut continuer à casser, cisailler, écraser, détruire ces discours haineux qui ne servent qu'à offrir une jouissance éphémère et primaire à quelques individus.

Articles recommandés pour vous