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Nuits Botanique : Pomme et Juliette Armanet, plaisirs féminins sous le Chapiteau

Nuits Botanique : Pomme et Juliette Armanet, plaisirs féminins sous le Chapiteau

Depuis mercredi, le Botanique a lancé la 25e édition de ses célèbres "Nuits". Dans un Chapiteau en version XXL, Juliette Armanet a reçu toute la chaleur d’un public dont les plus curieux ont pu aussi découvrir la jeune Pomme, notre premier coup de cœur !

Le soleil de la semaine dernière l’avait annoncé avec une force aussi délicieuse qu’inespérée après tant de grisaille : le printemps est bien de retour, et avec lui, les soirées de festival et leur choix cornéliens.

Impossible, en effet, de tout voir dans cette édition anniversaire des Nuits Botanique particulièrement fournie et alléchante. On aurait, par exemple, volontiers jeté une oreille du côté de la Rotonde où la jeune Blanche présentait ses toutes premières compositions propres après son parcours remarqué à l’Eurovision avec "City light".

Mais c’est vers le Chapiteau que notre curiosité nous dirige. Apres avoir sélectionné son album "Petite amie" dans notre top de 2017, l’envie d’enfin découvrir sur scène le phénomène Juliette Armanet était trop forte. Et puis, il y a cette jeune Pomme dont on a découvert le premier album "A peu près" il y a quelques jours et dont la pop/folk réussit pleinement son effet d’intrigue.

A croquer!

Seule pour ouvrir la soirée devant les premiers curieux, elle empoigne sa guitare pour nous compter ses histoires d’amour, de jalousie entre filles, nous parle de la mort et de la vie, fragile comme sa voix singulière qu’elle échauffe face au public en tout début de set. Son vibrato prononcé nous fait penser à Joan Baez, les passages plus graves à Jeanne Balibar. On met un peu de temps à être bercé par ses effets de voix mais c’est très beau, spécialement lorsqu’elle sort son autoharpe. Cette version Nord-américaine de la cithare ajoute un coté elfique à son univers qui finit par nous séduire complètement. Un album à découvrir et une jeune femme à revoir très vite... !

Pomme - De là-haut

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La soirée découverte se prolonge, une pause "foodtruck" plus tard, avec Voyou et sa proposition difficilement classable. Cet ancien bassiste des groupes Rhum for Pauline et Elephanz, présentait son premier EP " On s’emmène avec toi", projet solo en français.

Chantant ou récitant, ce grand échalas nous évoque les films de Jaques Demy derrière des claviers omniprésents. Sa façon de danser à contre temps ajoute à l’intrigue du personnage qui nous laisse parfois perplexe, mais réussit aussi quelques jolis coups comme "Seul sur ton tandem". Sur ces 40 minutes de show visuellement soigné, c’est quand il sort sa trompette qu’il nous plaît le plus, le mix avec les sons électroniques étant vraiment chouette. Au final, il remporte son pari, on a envie de le revoir pour affiner nos impressions.

Mélancolie heureuse

Puis, enfin, Juliette Armanet apparait. Apres près de trois heures de patience, le public l’accueille dans une douce frénésie. Ce Chapiteau, porté à une capacité de 1600 personnes, fait la fête avec celle qui en un an à peine, est devenue une vraie star trustant toutes les ondes.

Juliette Armanet - L’Amour en Solitaire

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Boule d’énergie dégoupillée, elle nous salue  à la façon de "force jaune" dans "Bioman". Des le départ, la plongée dans les années 80 est manifeste pour une assistance au moins trentenaire. Dans le son bien sûr, mais aussi grâce à cette veste à paillettes qui n’attend que la boule à facette. Derrière son piano, la référence à Véronique Sanson est inévitable alors que son aplomb et son rapport au public nous fait parfois penser à France Gall époque "Babacar". Michel Berger l’aurait donc probablement appréciée !

Un public qui reprend en c(h)oeur  "L’Amour en solitaire", "L’indien" ou encore "Manque d’Amour", mais qui se déchaîne aussi sur "A la folie" et qui saluera chaleureusement le retour de Voyou pour un magnifique petit "featuring" à la trompette.

La recette de ce succès mérité est à chercher quelque part dans ce subtil mélange entre une touchante mélancolie et ce sentiment de libération qui nous fait espérer que la nuit ne s’arrête jamais.. !

François Colinet

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30 avr. 2018 à 12:30
2 min

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