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Nucléaire : finalement, c’est par où la sortie ?

Philippe Walkowiak
22 déc. 2021 à 10:59 - mise à jour 22 déc. 2021 à 13:532 min
Par Philippe Walkowiak

 

En 2002 (loi promulguée le 31 janvier 2003), libéraux, socialistes et écologistes décidaient que la Belgique devait se passer de l’énergie nucléaire pour " fabriquer " son électricité. Près de 20 ans plus tard, on retrouve les mêmes (ou presque) se tortiller pour savoir comment faire. La non-décision politique portée au rang de beaux-arts !

Accord gouvernemental

La nouvelle coalition a posé ce principe : elle reconfirme résolument la sortie du nucléaire. Le calendrier légal de sortie nucléaire sera respecté, comme prévu.

Soit 2025. Mais s’il y a un problème inattendu de sécurité d’approvisionnement, le gouvernement prendra des mesures adéquates comme l’ajustement du calendrier légal pour une capacité pouvant aller jusqu’à 2 GW. Soit la capacité de Doel 4 et Tihange 3. Sachant que le gouvernement Michel avait prévu de compenser ces fermetures par de nouvelles centrales au gaz.

Ce sont les fameux plan A (on ferme tout avec du gaz en remplacement) et plan B (on garde deux réacteurs avec aussi du gaz). Mais il apparaît que vraisemblablement, aucun de ces deux plans ne pourra être pleinement mis en œuvre ! La Belgique risque de se retrouver avec des bougies pour s’éclairer au-delà de 2025 et personne ne souhaite en porter la responsabilité politique.

A ou B ? Ou C

La fermeture de l’ensemble du nucléaire entraînait la construction de nouvelles centrales au gaz et le recours au renouvelable. Là où la ministre Marghem avait prévu neuf centrales, la ministre Van der Straeten en prévoit deux. Peu importe, puisque cela reste hypothétique et soumis au bon vouloir (ou à la mauvaise volonté, c’est selon) du gouvernement flamand et de la N-VA, enrayant le plan A. Le risque de black-out demeure.

Mais le plan B reste tout aussi hasardeux. Engie persiste et signe : il est trop tard pour prolonger les réacteurs concernés. D’autres voudraient de nouvelles centrales, citant la France ou les Pays-Bas, mais omettant de signaler que rien n’est réellement possible avant 2040 au mieux et que les nouvelles technologies restent balbutiantes et excessivement onéreuses. Sans compter les modifications législatives, enquêtes publiques, etc. tout aussi aléatoires.

Bref, plan A ou plan B, la Belgique n’est guère plus avancée. Et cela, ce n’est qu’en tenant compte de l’aspect technico-législatif auquel il convient d’y ajouter les tensions politiques au sein de la coalition fédérale. Le MR est aussi isolé qu’actif, la famille libérale divisée, les écologistes accrochés au symbole et les socialistes regardant ailleurs.

Quelle qu’en soit l’issue, ce dossier symbolise surtout une génération politique qui a fui ses responsabilités. C’est par où, la sortie ?

 

@PhWalkowiak

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