RTBFPasser au contenu

Regions

Nouvelle PAC: une agriculture plus verte ? "Oui, mais pas sûr que les aides européennes seront suffisantes"

Agriculteurs / Nouvelles actions contre la réforme de la PAC

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

14 déc. 2021 à 10:582 min
Par Julie Buron

Vous en avez peut-être croisés sur la route ce mardi matin : les agriculteurs wallons sont de sortie. Au programme: distribution de tracts et barrages filtrants sur des ronds points ou des axes routiers importants. Une manière d'attirer l'attention des citoyens et du gouvernement wallon qui planche en ce moment sur la nouvelle PAC, la Politique agricole commune au niveau européen.

Cette nouvelle PAC va amorcer son virage vert. Elle vise une agriculture meilleure pour le climat. Un objectif que les agriculteurs ne rechignent pas à atteindre. Ce qu'ils dénoncent, c'est le chemin pour y arriver. 

Parmi ces agriculteurs mécontents, il y a Bruno Ricker. Lui et son épouse exploitent 200 hectares à Leernes, près de Charleroi. Ils cultivent des céréales, des betteraves, des pommes de terre et de la chicorée. Une exploitation familiale.

Une agriculture plus respectueuse de la planète, ils ne s'y opposent absolument pas. Leur récolte est d'ailleurs étroitement liée à la météo. Les étés de canicule ou pluvieux sont une plaie pour eux.

Si l'Union européenne et les agriculteurs wallons partagent un même objectif, ils ne sont pas nécessairement d'accord sur la façon d'y arriver. Prenons l'exemple de la viande. Elever du bétail est une activité trop polluante selon l'Europe. L'Union veut donc la limiter. Au lieu deux vaches par hectare, une seule serait autorisée. Première conséquence : d'abord une perte d'activité pour les éleveurs de bétail. Ensuite, les fermiers qui fournissent la nourriture au bétail auront moins de débouchés. Enfin, si on diminue la production de viande wallonne, à qui en achètera-t-on ? Peut-être faudra-t-il en importer de l'autre bout de la planète. Sans nécessairement connaître la qualité du produit. De quoi s'écarter de l'objectif initial.

Pas sûr que l'aides européennes seront suffisantes pour combler ce manque à gagner.

Les agriculteurs qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts risquent donc de voir leurs revenus encore baisser. Comment feront-ils dans ces conditions, s'ils doivent investir dans du matériel ou des produits phytosanitaires plus chers ?

Au bout du compte, c'est le citoyen qui risque de payer indirectement l'addition s'il veut conserver une assiette de qualité à un prix équitable.

Voilà les raisons des actions de ce matin. De son côté, la Région wallonne a jusque fin janvier pour rendre à la Commission européenne ses éventuels amendements à la Politique nouvelle agricole commune.

Sur le même sujet

18 janv. 2022 à 09:07
12 min
17 janv. 2022 à 13:38
4 min

Articles recommandés pour vous