RTBFPasser au contenu

Societe

Nouveaux cas de coronavirus en Chine: "un nombre très faible" et à Pékin, plutôt une "première vague"

Nouveaux cas de coronavirus en Chine: "un nombre très faible" et à Pékin, plutôt une "première vague"
16 juin 2020 à 15:26 - mise à jour 16 juin 2020 à 15:263 min
Par Pascale Bollekens

A l’heure où l’OMS lance l’alerte sur cette flambée de cas de coronavirus dans la capitale chinoise, et que les cas se multiplient à Pékin, nous avons voulu en avoir le cœur net. Faut-il s'inquiéter du "rebond" du coronavirus en Chine ? C’est de Chine que la pandémie est partie alors va-t-on devoir revivre le même scénario? 

S’agit-il d’une deuxième vague de coronavirus en Chine ?

"Il n’y a pas de définition formelle de ce qu’est une deuxième vague, mais on entend par là une nouvelle flambée épidémique d’une importance comparable à la première, sinon on évoque plutôt de petites résurgences" nous explique Marius Gilbert, spécialiste en épidémiologie spatiale à l’ULB. 

"Aujourd’hui, il s’agit de plusieurs dizaines de cas et au fur et à mesure que les autorités dépistent les foyers, ils trouvent de nouveaux cas. Pour la Chine qui n’avait plus eu de nombre de cas aussi important depuis très longtemps, c’est nouveau. Mais en termes de nombre absolu, c’est extrêmement faible jusqu’à présent comparé à de nombreuses villes du monde."

N’est-on pas plutôt face à une première vague à Pékin ?

Marius Gilbert estime que l’on s’en rapproche davantage et d’expliciter : "Pendant la première vague épidémique en chine, c’est surtout la province d’Hubei qui a été touchée, il y a eu quelques introductions dans d’autres provinces, dont quelques cas à Pékin à ce moment-là mais comme le pays a très rapidement décrété le "lock down" sur l’ensemble du pays, ces quelques cas n’ont pas donné lieu à des développements secondaires dans les autres provinces, qui n’ont donc été que très peu exposées au virus. Pékin se retrouve donc comme une région indemne en termes de cas".

C'est ce que montre ce graphique illustrant le nombre de cas recensés à Pékin depuis le début de l'épidémie: on voit que la capitale n'avait jamais connu autant de cas. Mais ça reste très faible comparé à la plupart des grandes capitales du monde...

Loading...

Y a-t-il un risque là-bas de reprise de l’épidémie ?

Pour notre expert, il ne faut pas paniquer. Les Pékinois vont profiter de l’expérience acquise de l’épidémie à Wuhan et dans sa province. Ils savent qu’ils doivent frapper fort et vite pour combattre la flambée épidémique : "Cet événement doit nous rappeler que même si on arrive à éradiquer le virus dans certaines zones géographiques, on reste toujours exposé à la réintroduction du virus en provenance de l’extérieur ou alors au virus qui aurait résisté mais en restant "sous le radar" et qui redeviendrait actif localement. A Pékin, il semble que ce soit une réintroduction (ndlr peut-être en provenance d’Europe). Pour nous, c’est sans risque, dans la mesure où on a, chez nous, une centaine de cas tous les jours. Des cas importés de l’extérieur seraient plutôt noyés dans nos cas locaux."

Doit-on craindre la reprise des vols internationaux ?

Là encore, l’épidémiologiste rassure. Dans la reprise des vols de pays à pays, ce qui joue, ce sont les relations bilatérales entre les pays et les niveaux épidémiques de part et d’autre. Exemple avec la Grèce qui va ou non, rouvrir ses frontières aux Belges.

Autrement dit, de pays qui ont des niveaux équivalents en termes d’épidémie vont rouvrir leur possibilité de transport. Sinon, des quarantaines seront demandées pour les voyageurs qui souhaiteraient y rentrer voire il y aura empêchement des vols.

Le virus ne pourrait-il pas muter et être plus virulent ou dangereux ?

C’est un virus qui mute comme tous les virus mais moins que l’influenza, celui qui est responsable de la grippe. Il y a, selon Marius Gilbert, différentes lignées évolutives qui se propagent dans différents pays, sa génétique est suivie de près aussi dans son laboratoire, mais ses caractéristiques comme sa virulence ou sa pathogénicité n’ont pas jusqu’ici évolué.

Cela reste le même virus avec de petites variations génétiques mais pas plus de dangerosité par rapport aux souches du début de l’épidémie. Une bonne nouvelle car si nous l’avons déjà croisé, et qu’il n’a pas changé, nous aurons peut-être acquis contre lui, une petite immunité naturelle ou croisée.

Covid-19 : la situation à Pékin jugée extrêmement grave

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Dr Yves Coppieters à propos des nouveaux cas de coronavirus apparus en Chine

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Articles recommandés pour vous