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Monde Afrique

Nouveau variant du coronavirus : submergée par une deuxième vague, l’Afrique du Sud attend d’improbables vaccins

Queue devant un centre de test du Covid à Johannesburg.
08 janv. 2021 à 10:11Temps de lecture2 min
Par Valérie Hirsch

"Dans mon quartier, les gens ne prennent pas de précautions, malgré la gravité de la deuxième vague", s’inquiète Lindoh Ndlovu, qui vit cloîtrée dans une petite pièce à Alexandra, un township de Johannesburg. Cette étudiante a attrapé le coronavirus la semaine dernière.

Le variant sud-africain du Covid-19, très virulent comme son "frère" britannique, touche de nombreux jeunes : ce sont leurs fêtes, marquant la fin de l’année académique et les grandes vacances de décembre, qui ont donné ce nouveau regain à la pandémie.

"J’entre en deuxième année et je n’ai connu que deux mois de vie de campus. Ce n’est vraiment pas ce que j’espérais", poursuit la jeune fille qui a perdu le goût, l’odorat et souffre de maux de tête.


►►► A lire aussi : Mutation du coronavirus : la variante sud-africaine pas plus dangereuse que la Britannique


Avec 1,17 million de Sud-Africains infectés depuis mars, et 31.809 morts pour une population de 60 millions d’habitants, l’Afrique du Sud continue à battre tous les records sur le continent (le Maroc, en deuxième position, a deux fois moins d’infections). Fin décembre, le gouvernement a imposé un couvre-feu de 21 heures à 6 heures, interdit les rassemblements publics, la vente d’alcool et limité les déplacements dans les zones à risque.

Lente entrée dans la bataille des vaccins

Certains hôpitaux risquent de manquer d’oxygène pour traiter les malades.
Certains hôpitaux risquent de manquer d’oxygène pour traiter les malades. Valérie Hirsch

En attendant, médecins, scientifiques et syndicalistes ont critiqué l’inaction du gouvernement dans la bataille des vaccins. "Les Sud-Africains ne les recevront que longtemps après les vaccinations de masse dans de nombreux pays", déplore le docteur Aslam Dasoo du "Forum progressiste sur la santé".

Il a fallu attendre ce jeudi 7 janvier pour l’annonce d’un premier accord portant sur la livraison d’1,5 million de doses du vaccin AstraZeneca, ce qui devrait permettre de vacciner tout le personnel médical d’ici fin février. L’Afrique du Sud va aussi recevoir d’ici avril 6 millions de doses fournies par l’initiative multilatérale Covax, de quoi vacciner entre 5 et 10% des Sud-Africains (selon le nombre de doses nécessaires). On est très loin de l’objectif officiel de 67% de vaccinés d’ici la fin de l’année. Et rien ne garantit que le vaccin protégera contre le variant sud-africain du virus. Il faudra peut-être l’adapter, ce qui pourrait entraîner un délai de plusieurs semaines.

Plus de 400 membres du personnel médical sont morts depuis avril, aggravant la pénurie chronique dans les hôpitaux publics. On peut lire leurs témoignages sur les médias sociaux. "Je gère 70 malades du Covid dont 40 qui nécessitent un suivi quotidien, écrit Sylvia Dittme, une infirmière. Les gens ne semblent pas réaliser la gravité de la situation." Son hôpital au Cap n’a pas reçu de renfort depuis le début de la pandémie. "Certains sont morts, les autres sont exténués."

Journal télévisé 26/12/2020

Le point sur les variants du Covid en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud

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