Nouveau record de chaleur en juin sur la planète depuis la fin du 19eme siècle

Bientôt, la chose étonnante sera de ne plus battre les records...

© PHILIPPE DESMAZES - AFP

20 juil. 2015 à 17:24 - mise à jour 20 juil. 2015 à 21:00Temps de lecture3 min
Par RTBF

Le mois de juin 2015 a été le plus chaud des mois de juin sur le globe depuis le début des relevés de températures en 1880, a annoncé lundi l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA). Les six premiers mois de l'année ont également été marqués par une température record pour cette période ce qui montre que le réchauffement climatique se poursuit sans répit. L'année 2014 avait déjà été l'année la plus chaude jamais enregistrée.

Des températures jamais atteintes

La température moyenne en juin à la surface des terres et des océans a été 0,88 degré celsius au-dessus de la moyenne du 20 siècle, précise la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) dans son communiqué.

Le précédent record de température pour un mois de juin remontait à 2014. Celui des six premiers mois de l'année à 2010. Ainsi de janvier à juin 2015, la température moyenne a été de 0,85 degré supérieure à la moyenne du 20eme siècle, ajoute la NOAA.

Les calottes glaciaires ne sont pas épargnées

L'étendue des glaces arctiques a atteint 906 495 km2 en juin, soit 7,7% au-dessous de la moyenne de la période 1981-2015. Il s'agit de la troisième plus faible superficie des glaces arctiques pour un mois de juin depuis 1979, qui a marqué le début des observations par satellites.

Dans l'Antarctique, la surface des glaces a atteint 984 195 km2 soit 7,2% au-dessous de la moyenne de la période 1981-2010.

Les gaz à effet de serre émis dans l'atmosphère (dioxyde de carbone, méthane...) qui sont l'origine du changement climatique ont atteint des concentrations record en 2014, selon un rapport international sur "l'Etat du climat" (State of the Climate) publié le 16 juillet par la NOAA.

5 à 6° Celsius d'ici la fin du siècle

Le Giec, le groupe des experts du climat, qui a publié en 2014 la dernière synthèse de la recherche mondiale, a montré que "la température des surfaces terrestre et océanique a crû globalement de près de 1°C (depuis le début du 20eme siècle), et que dans certaines parties d'Afrique, d'Asie, d'Amérique du nord et du sud, la hausse va jusqu'à 2,5°C". Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait lui souligné début juillet que si rien n'est fait le réchauffement pourrait atteindre 5 à 6°C d'ici la fin du siècle.

La conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP 21) aura lieu à Paris du 30 novembre au 11 décembre. Une conférence que le climatologue Jean-Pascal van Ypersele considère comme une étape car pour lui il faudra des décennies de mesures judicieuses pour inverser les effets du réchauffement climatique, comme il l'a expliqué à notre collègue Miguel Allo. 

"Ce n'est pas une baguette magique qui va du jour au lendemain régler le problème. C'est au fil des décennies et des mesures prises par l'ensemble des pays du monde que le problème peut, ou pas, être résolu. Et même s'il y a urgence, il n'y aura pas un effet immédiat. Ce n'est pas comme pour la pollution de l'air où l'on peut voir très rapidement l'effet de mesure pour réduire les émissions. Les gaz à effet de serre ont le mauvais goût de s’accumuler dans l'atmosphère et d'y rester pour longtemps", détaille celui qui est également vice-président du GIEC, le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.

Et d'ajouter que "Toutes les émissions passées vont encore malheureusement exercer leurs effets pendant des décennies et des décennies, même si l'on réduit les émissions. Ce que l'on peut faire c'est freiner l'évolution du problème, arrêter son aggravation. Et si on ne le fait pas, on doit s'attendre à encore plus de records de vagues de chaleur qui soient battus, de pluies intenses menant à des inondations catastrophiques, de sécheresses et une élévation de plusieurs mètres du niveau des mers avec des conséquences dramatiques pour des centaines de millions de personnes".