Politique

Nouveau "plan ventilation" contre les virus : les lieux publics (théâtres, Horeca, fitness, etc) auront un cadre légal à respecter

04 avr. 2022 à 08:13 - mise à jour 04 avr. 2022 à 16:11Temps de lecture3 min
Par Jean-François Noulet, avec T.D Quash et B. Hupin

Le gouvernement fédéral s’est mis d’accord sur un nouveau plan de ventilation pour tous les lieux publics intérieurs, comme le révèle De Morgen ce lundi. Les théâtres, les cinémas, les établissements Horeca ou les salles de fitness, par exemple, devront mesurer la qualité de l’air et communiquer l’information. Il est aussi question d’imposer une analyse de risque aux gestionnaires de lieux publics. L’objectif du gouvernement est de rendre les lieux publics situés à l’intérieur plus sûrs. Après le Covid Safe Ticket, voici donc les "Covid Safer Places", des lieux plus sûrs.

Les gens passent en moyenne 85% de leur temps à l’intérieur : mesure du Co2 obligatoire

Le gouvernement, explique De Morgen, est parti d’un constat. Les gens passent 85% de leur temps à l’intérieur. La pandémie de Covid-19 a permis de tirer des leçons. Bénéficier d’un air intérieur sain est désormais considéré comme une nécessité et un moyen efficace de limiter la propagation du virus dans un lieu fermé.

Adopter des normes pour assurer une meilleure qualité de l’air dans ces lieux apparaît donc, pour le gouvernement et le ministre de la Santé, comme un moyen de limiter à l’avenir la propagation du virus du Covid, mais aussi celle d’autres maladies telles que la grippe.

Les lieux publics fermés vont ainsi être obligés de surveiller la qualité de leur air. "12 mois après l’entrée en vigueur de la loi, il y aura une obligation d’installer un appareil de mesure du Co2", indique Frank Vandenbroucke à la RTBF.

Appareil de mesure du Co2 dans un premier temps, certification dans un deuxième temps

Outre l’installation de détecteurs de Co2, les exploitants de lieux publics devront aussi passer par une étape "de certification et de labellisation", explique Frank Vandenbroucke. L’idée est d’être "transparent sur la qualité de l’air intérieur qui peut être atteinte dans une infrastructure", explique Frank Vandenbroucke. Cela "sur base volontaire jusqu’en 2024. A partir de 2025, le système de labellisation et de certification sera obligatoire", affirme aujourd’hui Frank Vandenbroucke. Les exploitants devront donc informer leur clientèle et leur public de ce qu’ils font pour assurer la ventilation.

Avec ce plan ventilation et ce système de certification et de labellisation, les exploitants d’infrastructures accessibles au public devront-ils respecter des normes ? Dans son article, De Morgen faisait état d’un système de normes de concentration de Co2, de 900 ppm ou 1200 ppm. Ce lundi, à la RTBF, Frank Vandenbroucke explique que "jusqu’ici, l’idée n’est pas du tout d’imposer des normes et, par exemple dire que vous devez obtenir une telle qualité précise".

Cependant, explique le ministre de la Santé, "on peut imaginer qu’un futur gouvernement fera une différence entre les infrastructures qui peuvent garantir une bonne qualité de l’air et les infrastructures qui n’ont pas investi".

Ce serait donc aux exploitants de lieux intérieurs accessibles au public de juge de l’opportunité d’installer du matériel de ventilation ou de purification de l’air. La poursuite de leurs activités en cas de nouvelle pandémie ou crise sanitaire pourrait malgré tout en dépendre. "Si on avait une nouvelle pandémie, on pourrait différencier de façon fine, dans les secteurs, et permettre à ceux qui peuvent garantir une bonne qualité de l’air intérieur de continuer leurs activités, tandis que ceux qui ne peuvent pas le garantir devraient limiter leur capacité", suggère Frank Vandenbroucke.

Accueil mitigé du secteur Horeca

Dans le secteur Horeca, on n’est pas contre une meilleure ventilation des établissements. Le rôle de la ventilation dans la limitation de la propagation du virus du Covid a été démontré. Cependant, on craint un "plan ventilation pas facile à mettre en application", comme l’explique Fabien Hermans, Administrateur délégué d’Horeca Bruxelles. Ce dernier craint "des incohérences".

Il demande aussi du temps. "Celui qui investit doit avoir des normes plus faciles. Celui qui n’a pas investi doit avoir le temps d’investir, parce que nous sortons de deux ans de Covid et qu’on va rentrer dans une autre crise, la crise financière et économique avec la guerre en Ukraine", explique Fabien Hermans.

 

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