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Nouveau décret pour l’accompagnement scolaire en Fédération Wallonie-Bruxelles : qu’est-ce qui change ?

Tendances Première: Le Dossier

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20 oct. 2022 à 16:00Temps de lecture5 min
Par La Première

Cela fait plus d’un mois que nos têtes blondes ont retrouvé le chemin de l’école. La Fédération Wallonie-Bruxelles a mis en place pour cette année 2022-2023 pleins de nouveautés (réglementaires), en vue d’un meilleur apprentissage et épanouissement de nos bambins. Plusieurs textes ont changé. Il y a des nouveautés notamment en ce qui concerne l’accompagnement scolaire. Nous avons tous en tant que parents et grands-parents des questions à ce sujet.

Que disent les nouveaux textes ? Quels accompagnements et nouveautés sont mis en place par les écoles ? Quelles différences existent avec le coaching scolaire et privé ? Focus sur ces nouveautés et sur leurs conséquences.

Yves-Marie Vilain, journaliste au Ligueur, Laurent Divers, expert de la Fédération Wallonie Bruxelles et Yasmine Lamisse, chroniqueuse juridique ont décortiqué ce

Quels apports avec ce nouvel accompagnement ?

Un nouveau décret de la Fédération Wallonie-Bruxelles a mis en place cette année un accompagnement personnalisé dans l’enseignement primaire dès l’année scolaire 2022-2023 (d’abord en 1e et 2e cette année 2022/2023, puis continuera pour la 3e et 4e en 2023/24, puis 5e et 6e l’année d’après et ainsi de suite jusqu’en 3e secondaire).

Il s’agit d’un des plus grands changements du tronc commun mis en place, pour éviter le redoublement et le décrochage, mais pas que, pour aussi réconcilier certains élèves avec l’école, comme le souligne Laurent Divers, expert de la Fédération Wallonie Bruxelles. C’est une mesure souple et évolutive, qui pourra encore être modifiée au fil du temps en fonction des constats exercés a posteriori.

Il s’agit d’encadrements supplémentaires qui se substituent à la remédiation et à l’accompagnement après l’école qui existaient jusque-là. Laurent Divers précise que l’intention de la Fédération Wallonie-Bruxelles était de jeter aux oubliettes un système qui ne fonctionnait pas, afin d’accompagner réellement l’élève et d’être au plus près des besoins de chacun. Il s’agit d’accompagner les enfants à l’intérieur même de la classe. On va s’écarter du système antérieur qui avait tendance à externaliser un élève 'différent' (qui apprend plus lentement ou trop vite). On va arrêter d’avoir des classes homogènes pour travailler avec les différences, comme le souligne Laurent Divers.

Le co-enseignement mis en place pendant plusieurs heures par semaine apportera une richesse supplémentaire pour l’élève. Les experts se sont inspirés des systèmes scolaires nordiques et des établissements à pédagogie active. Cette réforme consiste aussi à ouvrir la classe à d’autres professionnels que des enseignants (logopèdes ou un professeur de langue mais pas un parent ou un bibliothécaire). Un enfant qui perd un peu pied, on le repère tout de suite. L’évaluation des performances se réalisera toute l’année et pas juste à la fin de l’année dorénavant.

Cependant, du côté de certains professeurs, il y a une certaine réticence. Certains professeurs, en effet, peuvent percevoir ces nouvelles mesures, de co-enseignement et de nouveaux 'contrôles' comme une menace par rapport à leur profession, comme le souligne Yves-Marie Vilain, journaliste au Ligueur. L’important c’est d’outiller davantage les professeurs comme créer des duos pédagogiques qui renforcent et améliorent l’apprentissage des élèves dans une classe.

© Klaus Vedfelt / Getty Images

Différences entre coaching scolaire et accompagnement scolaire

Le coaching n’est pas une appellation officielle ou reconnue. Il s’agit d’un accompagnement privé et individuel, généralement offert, suite à une offre commerciale et qui se réalise à la maison. Cet accompagnement ne rentre pas du tout dans le cadre du tronc commun et n’est pas chapeauté par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Il s’inscrit dans le domaine privé : ils viennent à la maison (re) donner cours, aider ou encadrer l’élève pour améliorer sa scolarité, ou permettent aussi au jeune de découvrir et de choisir ses futures études supérieures. Yves-Marie Vilain, journaliste au Ligueur précise que, même s’ils sont chapeautés par un organisme et parfois la mutuelle, ces coachings peuvent bien souvent se révéler très chers. Ils peuvent, par ailleurs, rester très intéressants notamment dans l’optique d’orientation et accompagnement du jeune 'perdu' dans ses compétences et sa scolarité, comme le précise Yves-Marie Vilain.

De son côté, Yasmine Lamisse souligne que, bien souvent, ce sont des professeurs privés qui accompagnent, mais pas uniquement. On peut retrouver des personnes, dites coachs, qui sont ou pas certifiés par un organisme, sans avoir nécessairement le diplôme d’enseignant. Le principe de gratuité n’est d’ailleurs pas appliqué. Ce qui rend ces coachings accessibles seulement pour une tranche plus favorisée de la population, qui risque de renforcer le creux social. L’article 24 de la Constitution, paragraphe quatre stipule que "tous les élèves ou étudiants, […] sont égaux devant la loi ou le décret" et qui impose la gratuité à l’école.

La nouvelle mesure d’accompagnement de la Fédération Wallonie-Bruxelles plus personnalisé et individuel, gratuit, et pour tous les élèves, permettra justement de diminuer l’écart social existant entre les enfants.

L’école des devoirs ou projets de soutien scolaire (tels que oxyjeunes ou AMO ASBL) sont aussi d’autres belles alternatives gratuites, exécutées par des bénévoles, pour encadrer les élèves après l’école. Les réglementations qui les encadrent diffèrent en fonction de ce qui a été mis en place. L’ONE chapeautera bien souvent des écoles de devoirs officielles, ou une ASBL ou une association de parents ou d’éducateurs ou même l’école les chapeauteront, comme le soulignent Yasmine Lamisse et Yves-Marie Vilain.

Quels avantages ou désavantages de la nouvelle mesure d’accompagnement ?

L’obligation réglementaire de faire du travail collaboratif pour toute l’équipe d’une école est un plus (2h par semaine de travail collaboratif). Si un élève est en difficulté (n’apprend pas assez vite ou trop vite), l’équipe devra décider quelle solution apporter.

La pédagogie active, le co-enseignement et l’hétérogénéité permettront de :

  • Consolider les acquis
  • D’expliquer par certains élèves à d’autres ce qu’ils ont compris et la matière différemment
  • La relation adulte-enfant va aussi changer positivement.

Yves-Marie Vilain confirme cependant que la pénurie de professeurs reste un problème à devoir résoudre. Il manque cruellement de professeurs et il va falloir cependant renforcer l’enseignement avec davantage de professeurs. Il précise : "Individuellement on a une majorité de professeurs de bonne volonté qui vont parfois jusqu’au burn-out pour aider leurs élèves. Mais c’est le système en lui-même, notre culture du redoublement, qui pose problème. […]"

La Fédération va cependant essayer de trouver davantage de professeurs et d’inscrire les équipes d’enseignement dans cette nouvelle dynamique plus inclusive, afin de transformer intrinsèquement la relation entre l’élève et l’adulte. Le but est de lutter contre le redoublement en s’essayant à cette nouvelle autre façon de faire classe, dans l’intérêt de l’enfant.

Si les parents n’approuvent pas les nouveautés mises en place par la Fédération Wallonie-Bruxelles, plusieurs choix s’offrent à eux :

  • Rencontrer la direction d’école ou l’association de parents
  • S’adresser au Médiateur de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles (courrier@le-mediateur.be)
  • Déposer une plainte est aussi possible auprès de l’Administration générale de l’Enseignement (AGE) (@cfwb.be).

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