'Nous sommes trop jeunes, nous ne pouvons plus attendre'

'Nous sommes trop jeunes, nous ne pouvons plus attendre'

© Tous droits réservés

03 mai 2017 à 13:29 - mise à jour 03 mai 2017 à 13:29Temps de lecture2 min
Par Fabienne Pasau

" C'est difficile de faire son propre portrait... Par rapport au sujet évoqué, je suis d'abord quelqu'un qui a perdu son enfant. Et évidemment pas que ça, mais c'est quelque chose qui laisse une trace irrémédiable. Je suis aussi une mère qui a un autre enfant. Je suis sage-femme. Et puis je suis une femme d'un âge mur. Je ne sais pas ce que je peux te dire d'autre ?"


Tout en justesse et en pudeur, Clara Alloing compose un documentaire de l’intime, en abordant avec Jeannie et Moktar le deuil complexe de leur fille Loubna. À vingt ans, elle disparaît au Kazakhstan emportée par une rivière.

Ils racontent son absence, leur cheminement dans le deuil.

Des extraits de carnets de voyage leur fille, lus par Clara et mêlés à des sons d’ailleurs, nous entraînent dans la légèreté et la curiosité de Loubna, déplaçant en douceur l’émotion apportée par les voix des parents.

Clara Alloing

Une réalisation de Clara Alloing

Montage de Julie De Laere
Mixage de Christophe Esseiva

Une coproduction de Flim! asbl, la RTS et la RTBF, avec le soutien de l’appel à projet Gulliver

Diffusion Par Ouï-dire

 

Nous sommes trop jeunes, nous ne pouvons plus attendre a remporté le Prix découverte Pierre Schaeffer 2016 : " La révélation d’un vrai talent. On y trouve une force dans la relation à l’autre qui s’entend aussi à travers la retenue et le silence. "
 

" Dans son documentaire radiophonique Nous sommes trop jeunes, nous ne pouvons plus attendre, Clara Alloing décide d’évoquer la disparition d’une jeune femme, Loubna, qui a été emportée par une rivière lors d’un voyage au Kazakhstan. Pour cela, elle décide de faire parler ses parents – sa mère d’abord, puis son père, qui la rejoint. Parole, donc. Au centre de tout. Parole comme quasi seul dispositif de narration. Parole parenthèse. Qui s’extirpe du fracas du monde, pour évoquer lentement, prudemment, pleinement, cette double absence – d’une fille, et de son corps jamais retrouvé. Parole qui s’étire. Qui prend son temps, et à qui Clara laisse le temps de se faire sous nos oreilles.

Avec ses silences – bien sûr.

Parole qui chemine aussi – et c’est probablement une des très grande force de ce travail : ces parents qui parlent, et qui, au fur et à mesure qu’ils refont avec Clara et avec nous le chemin de leur peine, laissent aussi quelque chose se déposer derrière eux, derrière nous. Nous. Car nous y sommes conviés à cette histoire. Jamais oubliés. Nous auditeurs. Témoins actifs par nos oreilles. Jamais intrus. Sans fausse pudeur non plus. Dans la limpidité de cette parole qui recompose un passé, nos oreilles assistent en effet à ce passage d’un avant vers un après, et accompagnent ces parents dans leur lent travail de deuil."

Rémi Pons

 

Le site Parents désenfantés
_________________________

Inscrivez-vous à la newsletter LaPremière!

Info, culture et impertinence au menu de la newsletter de La Première envoyée chaque vendredi matin.

Articles recommandés pour vous