RTBFPasser au contenu
Rechercher

"Notre Village": une nouvelle identité pour le Village n°1 à Ophain

Autour de la table des ateliers, plusieurs profils de handicap se côtoient
06 mars 2019 à 05:00 - mise à jour 06 mars 2019 à 05:00Temps de lecture2 min
Par Stéphanie Vandreck

Ne dites plus "Village n°1", mais "Notre Village". L'institution, créé en 1963 par des parents d'enfants porteurs de handicaps, accueille et héberge aujourd'hui quelques 240 résidents sur son site d'Ophain. L'asbl veut tourner la page des affaires. Elle s'est dotée dernièrement de deux nouveaux conseils d'administration, l'un s'occupant de l'accueil résidentiel et de jour, l'autre du volet "patrimoine". "C'est un changement qui est plus que cosmétique, explique le directeur, Michel De Beusscher. Nos conseils d'administration ont voulu montrer qu'on était dans la continuité, mais qu'il était temps de se renouveler. Nous avons eu antérieurement des soucis, qui sont clôturés. Nous avons de nouveaux projets à développer et il faut pouvoir les montrer. Le fait de changer de nom, c'est aussi montrer un nouveau dynamisme et de nouveaux projets".   

Un projet plus participatif

Le nouveau logo de l'institution est cela dit tout un symbole, avec ses lettres manuscrites sur un fond vert évoquant un chemin. Il a été créé sur base des idées des résidents eux-mêmes, au sein de l'atelier de graphisme animé par Eric Adam: "J'ai fait travailler une dizaine de personnes, qui sont toutes venues avec des idées différentes, raconte l'éducateur. Chacun a essayé d'y mettre ce qu'il pouvait. C'est un logo qui les représente. Ce n'est pas une identité qui a été fabriquée sur base des idées de quelqu'un d'extérieur. C'est leur identité". Un logo participatif, comme l'est la nouvelle philosophie du Village. Les résidents prennent des initiatives, font part de leurs idées, leurs suggestions, leurs désirs pour l'institution. Les familles sont aussi invitées à s'impliquer. Quant au personnel, il a gagné en autonomie dans ses décisions. On s'approche même du modèle d'une entreprise libérée. "Elle n'est pas encore libérée totalement, mais je pense que cette libération demande aussi de la maturité de la part de chacun et un positionnement serein dans la vie de l'institution, confie Michel De Beusscher. Il faut encore du temps avant que cela percole. Cela doit s'inscrire sur le fond et pas seulement sur l'image".

Mieux s'adapter à l'évolution de la population

L'institution évolue aussi avec son public. Autour de la table des différents ateliers, les profils sont plus variés qu'il y a dix ou vingt ans. On retrouve des adultes polyhandicapés, des autistes, souvent porteurs de troubles sévères du comportement et des personnes vieillissantes et donc moins autonomes. "L'aîné de nos usagers a 84 ans, ce n'est pas rien!, nous dit le directeur. Beaucoup sont encore là pour quelques années. Notre challenge est donc d'adapter notre accompagnement et notre infrastructure à leurs besoins". L'institution a donc pour projet la construction d'une nouvelle résidence destinée à héberger dans une de ses ailes des seniors porteurs de handicaps, et dans l'autre des adultes autistes. Elle devrait être inaugurée sur son site d'ici deux ou trois ans.

Articles recommandés pour vous