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Notre force passe par la confiance

Notre force passe par la confiance
07 mars 2013 à 08:123 min
Par Pieter Timmermans

La tempête fait rage dans notre pays. La restructuration de Caterpillar est un nouveau coup de massue pour l’industrie belge. Alors que l’année 2013 n’est entamée que depuis deux mois, notre industrie a déjà perdu des milliers d’emplois. De plus, l’économie croît moins vite que le 0,7% annoncé il y a quelques mois.

Le conclave budgétaire qui débutera cette semaine-ci risque donc d’être particulièrement difficile, du moins si nous voulons ramener notre déficit budgétaire à 2,15% du PIB cette année encore, comme convenu avec l’Europe. Je pense que nous ne pouvons absolument pas perdre cet objectif de vue.

Confiance

Un argument important en faveur de cette ambition est la confiance dans notre pays, dans nos engagements, dans notre avenir. L’an dernier, le gouvernement a réussi à rétablir cette confiance avec comme conséquences remarquables la baisse sensible du spread avec les obligations publiques allemandes et des perspectives de notation plus favorables – de négatives à stables – de la part de l’agence Fitch, pour ne citer que deux exemples. La Belgique veut-elle compromettre son image positive après tous ses efforts ? Le vent peut tourner rapidement, d’autant plus que les marchés financiers marchent à nouveau sur des œufs après les élections italiennes et que les Américains tombent de crise budgétaire en crise budgétaire. Nous devons absolument nous tenir à l’écart de l’œil de cyclone et ne pas nous faire remarquer, car notre force passe par la confiance. Nous devons donc poursuivre nos efforts budgétaires avec détermination.

Dépenses

Quels seront les choix faits ? Moins de dépenses ou plus d’impôts ? Pouvons-nous vraiment choisir ? La majoration des impôts  – c’est-à-dire une augmentation de la pression fiscale en termes de PIB – est inenvisageable. Notre pays subit d’ores et déjà la pression fiscale la plus forte de la zone euro, tant sur le travail que sur le capital et la consommation. Des impôts plus lourds ne peuvent que compromettre notre fragile reprise économique.

Par ailleurs, les chiffres démontrent que nous disposons d’une marge pour mettre en œuvre des réductions de dépenses intelligentes. La Banque nationale indique dans son rapport annuel que les dépenses primaires ont dépassé 50% du PIB contre 42,5% en 2000. On peut difficilement s’obstiner à affirmer qu’il n’existe plus aucun potentiel d’économie. Tous les gouvernements de ce pays doivent s’engager de manière convaincante à accroître l’efficacité de leurs administrations. La performance de la sécurité sociale peut également être améliorée : 1% de gain d’efficacité sur une masse totale de 80 milliards EUR, cela donne 800 millions !

Assainir une condition, réformer une nécessité

Assainir est indispensable pour rétablir notre viabilité économique, réformer l’est encore plus si nous voulons redonner force à notre croissance économique. La première option est une condition, la seconde une nécessité. Plus les entrepreneurs réalisent de croissance, plus les autorités peuvent facilement maintenir le cap budgétaire et plus la confiance se renforce. C’est pourquoi je voudrais une nouvelle fois attirer l’attention sur le principal dossier de réforme de 2013 : le statut ouvriers-employés qui menace nos perspectives de croissance telle une bombe à retardement. La crise dure depuis plus de quatre ans – sans guère de perspectives d’éclaircie – et nos entreprises sont sur les rotules. Elles ne pourront supporter que s’ajoute au handicap salarial un choc en matière de droit social. Personne ne veut avoir des milliers d’emplois et de faillites sur la conscience faute de solution équitable et intelligente dans ce dossier. La concertation tripartite entre les partenaires sociaux et le gouvernement doit aboutir à une solution globale d’ici à fin mars. Nous devons tous quitter les sentiers battus. Il est impossible de faire de chaque ouvrier un employé et vice-versa. Il faut trouver une solution équitable.

Le gouvernement a déjà amorcé au cours de l’année écoulée plusieurs réformes importantes. De plus, il a rétabli l’indispensable confiance dans notre pays en ramenant le déficit budgétaire en dessous de 3% du PIB. Voulons-nous compromettre tous ces efforts ? Certainement pas ! Il est indispensable de poursuivre sans relâche la dynamique de réforme pour stimuler la reprise économique et nous protéger contre l’érosion industrielle de notre pays.

Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB

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