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Belgique

Notre enseignement est-il à la traîne ?

13 juin 2022 à 20:51Temps de lecture3 min
Par Hugues Angot

Plus d’une demi-année d’apprentissage perdu à cause du Covid-19. C’est le constat dressé par le Bureau Fédéral du Plan. Mais de manière générale beaucoup pensent que le niveau de l’enseignement laisse à désirer comme semblent d’ailleurs le démontrer les résultats des dernières enquêtes PISA ou encore que les épreuves certifiantes comme le CEB sont trop faciles. QR l’actu fait le point sur notre enseignement avec Julien Nicaise, administrateur délégué de Wallonie-Bruxelles Enseignement et Bruno Humbeeck, psychopédagogue à l’Umons.

Baisse du niveau scolaire ?

Pour Julien Nicaise, la critique de la baisse du niveau scolaire et du nivellement par le bas est un procès que l’on fait depuis de très nombreuses années à l’enseignement mais qui ne se vérifie pas dans les faits : "Si on regarde les chiffres, nous n’avons jamais autant diplômé de masters ou de docteur dans nos universités. Si on reprend les différents chiffres pour les évaluations externes CEB, CE1D, on constate sur 10 ou même 20 ans que les résultats restent relativement similaires. Enfin si on regarde le taux de redoublement qui est un des plus élevés d’Europe, on peut difficilement dire que nous serions laxistes dans nos exigences".

Pour Bruno Humbeeck, le niveau ne baisserait mais il change :" On évalue de plus en plus de compétences qui sont très différentes de ce que l’on demandait il y a 10, 15 ou 20 ans. Les exigences se sont démultipliées comme les connaissances numériques ou techniques qui n’étaient pas développées auparavant".

Si on évoque ces fameux tests PISA, l’enseignement francophone est quelque peu à la traîne mais pour le psychopédagogue, c’est surtout le reflet d’une école inégalitaire. "Nos bons élèves sont très très bien classés. Pour améliorer notre classement à ce test, il faudrait travailler à gommer ces inégalités. Quant au CEB, ce n’est pas un examen qui sert à sélectionner les élèves mais plutôt à standardiser l’évaluation".

Evaluation continue ou épreuve certificative ?

L’évaluation est quasiment la norme qui est répandue dans l’ensemble de notre système éducatif mais elle s’accompagne souvent de session d’examens explique l’administrateur délégué de Wallonie-Bruxelles Enseignement. "Certains établissements fonctionnent sans examen sommatif fin juin mais c’est une minorité. A l’inverse, nous avons des écoles beaucoup plus traditionalistes avec des examens de longue durée. C’est une manière de préparer les études dans le supérieur. Mais remarquons que même au niveau de l’enseignement dans le supérieur, on se pose la question sur ces sessions d’examens. Certains pays proposent d’ailleurs, 5, 6 ou 7 sessions d’examens plutôt que 2".

Bruno Humbeeck préfère parler d’évaluation plutôt que d’examen : " L’examen, c’est un jugement qui vous qualifie ou vous disqualifie alors qu’une évaluation, c’est quelque chose auquel on se soumet tout au long de son parcours. S vous voulez réussir votre parcours, il faut des évaluations formatives. Ce sont des balises qui vous permettent de savoir où vous en êtes dans votre parcours. Mais il faut aussi des évaluations sommatives parce qu’il y a aussi des carrefours qui vous permettent de savoir dans quelle direction vous devez aller. Donc il faut les deux types d’évaluations mais pas des évaluations qui reviendraient à dire qu’on doit arrêter un parcours".

Passage automatique, mauvaise idée ?

Actuellement, dans le parcours scolaire, deux passages se font automatiquement à savoir le passage entre la 3e maternelle et la 1re primaire et celui de la 1re secondaire et la 2e secondaire. Pour Julien Nicaise, il n’y a pas de raison objective à supprimer ces passages automatiques : "Dans les chiffres, nous n’observons pas une répercussion dans le redoublement dans l’année suivante. Cela nous semble donc plutôt intéressant. Je sais que les Belges sont très attachés au redoublement mais il faut savoir que dans la plupart des pays du monde, ce redoublement n’a pas lieu".

 

QR l'actu

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