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Nos villes sont-elles devenues des usines à fabriquer des pauvres ?

Nos villes sont-elles devenues des usines à fabriquer des pauvres ?
04 avr. 2016 à 10:36 - mise à jour 04 avr. 2016 à 10:362 min
Par FP

Comment endiguer cette précarité grandissante ? Mi-mars, la 17e édition de l'atelier international de recherche et d’action sur les inégalités sociales se tenait pour la première fois à Bruxelles.

Une quarantaine de Belges, de Québécois et de Français, des spécialistes de la lutte contre la pauvreté se sont retrouvés à Bruxelles, où un habitant sur trois vit sous le seuil de risque de pauvreté. On constate des problématiques similaires dans les villes de ces divers pays... La pauvreté gagne du terrain.

Ils sont universitaires, acteurs de terrain, mandataires politiques... Ou encore ont eux-mêmes vécu la précarité. Leur objectif : faire émerger des pratiques innovantes dans le domaine de l'action sociale.

 

 

Echos de ce grand brainstorming, organisé par l'association bruxelloise "Le Forum",
avec Jérôme Durant et Nicolas Vandeweyer, pour Transversales.

 

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La ville fabrique-t-elle des pauvres ?

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"Lever la tête du guidon"

Jean Spinette, le président du CPAS de Saint-Gilles qui aide 8000 habitants, y représentait les CPAS des 19 communes bruxelloises au sein de ce laboratoire d'idées. Bruxelles où près d'un habitant sur trois vit sous le seuil de risque de pauvreté et un enfant sur trois naît dans un foyer sans revenu du travail.

Jean Spinette attendait cette rencontre. "Dans l'action sociale, ce n'est un mystère pour personne qu'il y a énormément de travail et qu'on a rarement le temps de s'extraire du quotidien et donc de pouvoir lever la tête de guidon pour regarder un peu l'horizon, réfléchir à où on va, comment on y va... Pour moi, c'est porteur d'espoir et d'envie".

Logement, surendettement, accès aux soins de santé... Ce sont quelques-uns des thèmes que Jean Spinette souhaitait aborder. "L'idée d'une rencontre comme celle-là, c'est peut-être aussi de couper des cloisons, de confronter les réalités des uns et des autres".

 

Des solutions concrètes

"On veut parler du concret", commente encore l'organisateur Nicolas de Kuyssche, "de ce qui se passe dans nos quartier, d'améliorations concrètes des services sociaux. On part ensemble d'une page blanche. L'an dernier les discussions se sont spontanément orientées vers les personnes précaires 'invisibles', celles qui pourraient prétendre à une aide sociale mais n'en font pas la demande."

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L'Etat a décidé de prendre des personnes qui ont un vécu difficile
et de les faire travailler dans l'administration
pour faire un pont entre les personnes qui ont des difficultés et l'administration en elle-même.
Une des particularités de la précarité, c'est que le réseau s'atrophie,
on a de moins en moins de personnes ressources.

 

Olivier van Goutem, à l'Office National des Pensions

 

On veut parler du concret, de ce qui se passe dans nos quartiers,
d'améliorations concrètes des services sociaux.
On part ensemble d'une page blanche.

A Bruxelles, le secteur associatif et public qui lutte contre les inégalités sociales
n'a pas de discours commun, de revendication commune,
nécessaires pour avoir un impact sur des politiques
qui nous font régresser au niveau de l'aide sociale.

 

Nicolas de Kuyssche, membre du "Forum Bruxelles contre les inégalités"

 

 

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