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Belgique

"Nos ordinateurs sont fabriqués dans les pays dont on voudrait se protéger"

22 janv. 2015 à 16:201 min
Par Belga News

Les données privées sont disponibles en masse, contextualise d'abord Pascal Francq, chercheur au Pôle en ingénierie informatique de l'Université catholique de Louvain. Grâce aux faibles coûts de stockage et au développement de méthodes permettant d'en traiter rapidement d'énormes quantités, elles sont de plus en plus utilisées, souvent à notre insu.

"On pourrait se dire: 'où est le mal?'. Mais chaque information en ligne y reste ad vitam aeternam. Elles pourraient être sorties de leur contexte. Un autre problème, c'est le formatage de nos choix. Si une application détecte que je suis un amateur de rock, elle ne me suggérera jamais d'acheter un CD de musique classique. Les internautes sont uniquement confortés dans leurs propres opinions", pointe Pascal Francq.

Pour Olivier Pereira, du laboratoire de cryptographie de l'UCL, "on se dirige vers un internet où tout est chiffré par défaut". Mais, s'il existe aujourd'hui des mécanismes de chiffrement qui protègent efficacement au moment de la transmission de données, "le principal point faible devient le stockage", en ce compris celui des clés de déchiffrement.

"Nous avons peu de contrôle sur la manière dont nos ordinateurs sont fabriqués", souligne-t-il également. Or, nos machines viennent précisément de pays dont on voudrait se protéger, et singulièrement de Chine. "On trouve régulièrement du matériel suspect", affirme le spécialiste.

Avant de recourir à des méthodes coûteuses pour se protéger, les institutions publiques et privées feraient bien de se demander si elles ont vraiment besoin de stocker des données, conseille celui qui planche actuellement avec les Etats-Unis sur un système de vote électronique sûr.

Belga

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