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Sous couverture

Nos invités vous emmènent dans des hôtels, très différents

Nos invités vous emmènent dans des hôtels, très différents

Nous ouvrons le dixième chapitre de Sous Couverture en compagnie de Gilles Paris et Jean-Luc Outers. Au menu du jour : une interview de Françoise Mallet-Joris de 1961, une maîtresse, un manuel pour apaiser sa relation aux autres Entre autres !

Gilles Paris pour “Le bal des cendres”, éd. Plon, 2022

Thierry Bellefroid reçoit cette semaine l’auteur français Gilles Paris.

Sur l’île de Stromboli, dans l’hôtel Strongyle, séjournent des couples et des familles. Ils sont sensibles, lâches, infidèles, égoïstes, enfantins. Elles sont fortes, résilientes, légères, amoureuses. Tous et toutes vont apprendre à se connaître, à s’apprécier, à s’aimer même, jusqu’à l’éruption du volcan qui décidera du sort de chacun. Gilles Paris nous offre un livre choral bouillonnant avec une kyrielle de personnages complexes qu’il est impossible de quitter.

Jean-Luc Outers pour “Hôtel de guerre”, éd. Gallimard, 2022

L’auteur belge, Jean-Luc Outers, a également choisi un hôtel comme décor et personnage de son nouveau roman, "Hôtel de guerre" (Ed. Gallimard). Mais il s’agit ici d’un Holiday Inn où se sont regroupés les journalistes du monde entier durant le siège de Sarajevo. Un écrivain y séjourne, 25 ans plus tard, hanté par le souvenir d’une femme, Anna, anesthésiste romaine rencontrée dans un hôpital.

“Réminiscences” de Gorian Delpâture : Françoise Mallet-Joris

Bienvenue dans " Réminiscences ", la séquence qui va vous faire voyager dans le temps sans quitter votre divan ".

Aujourd’hui, Gorian vous propose une balade romantique dans le Hainaut, au château de Beloeil. Nous sommes en 1961, le soleil brille sur le plan d’eau qui s’étend à l’arrière du château. C’est là que nous retrouvons l’autrice franco-belge Françoise Mallet-Joris. Elle se promène avec un journaliste de l’époque qui lui demande si le lieu l’inspire…

La chronique de Lucile Poulain : "Affamée" de Raven Leilani, éd. 10-18, 2022

Tout commence par le ton faussement détaché de celle qui nous parle, dans le bureau partagé d’une grande maison d’édition. Cette jeune afro-américaine nous raconte sa rencontre récente avec un nouvel amant – il est blanc de surcroît et vous comprendrez vite pourquoi c’est important de le préciser dans ce cas-ci – un homme marié et père de famille, qui suscite chez elle une curiosité qu’elle n’avait pour ainsi dire, jamais ressentie. Elle partage une coloc miteuse avec une autre fille super bizarre, elle a laissé tomber des études artistiques parce que douée mais apparemment pas assez, et elle stagne depuis plus de trois ans au même poste de chargée de correction de cette fameuse maison d’édition. Et comme vous le savez, aujourd’hui pour les jeunes générations, la stagnation est un péché. Bref les rencarts avec cet homme se succèdent, et avec eux toutes sortes de règles établies par l’épouse, qui est au courant de cette relation extraconjugale. Et quand la maîtresse de maison invite la maîtresse tout court à entrer dans leur foyer, aussi bien physiquement qu’émotionnellement, toutes les cartes sont redistribuées. Alors, à votre avis, qui tombe dans le piège de qui ?

La chronique de Michel Dufranne : “L’Architecte de la vengeance” de Tochi Onyebuchi, éd. Albin Michel, 2022

Ella a un don.
Parfois, quand elle regarde un enfant et avant que son nez ne se mette à saigner, elle sait s’il va devenir infirmier en gériatrie où s’il va mourir avant l’âge de onze ans, étendu sur un trottoir, les yeux tournés vers le ciel, injustement fauché par l’incompréhensible guerre des gangs qui ensanglante son quartier depuis toujours. Pirus, Crips, Bloods, la violence a tant de noms à Compton.
Quand son frère Kevin naît, en 1992, pendant les émeutes consécutives à l’acquittement des policiers impliqués dans l’affaire Rodney King, Ella sait déjà que sa famille va quitter la Californie pour Harlem et qu’elle tiendra bientôt dans sa main sa première boule de neige. Mais déménager ne permet pas toujours d’échapper à la violence et à l’injustice.

La chronique de Laetitia Mampaka : “L’art de faire la paix au quotidien” d’Anne Ducrocq – Ed. Marabout, 2022

Petit manuel pour apaiser sa relation aux autres.
Comment se faire entendre sans crier ? Peut-on faire des compromis sans se sacrifier ? En un mot, Anne Ducrocq se propose de nous apprendre à vivre en harmonie avec les autres, en famille, entre amis et au travail. Elle s’appuie sur de nombreuses citations, des témoignages choisis et les conseils des meilleurs spécialistes des questions de comportement et de communication. Pour rétablir une paix troublée, il est utile de faire preuve de patience, d’apprendre à s’excuser mais aussi à pardonner. Bien entendu, ce travail ne peut se fonder que sur une certaine sérénité intérieure.

La chronique surprise : Aymeric Caron, avec “Hommage à la Catalogne”, de George Orwell, éd. 10/18, 1999

La guerre d’Espagne à laquelle Orwell participa en 1937 marque un point décisif de la trajectoire du grand écrivain anglais. Engagé dans les milices du Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM), le futur auteur de 1984 connaît la Catalogne au moment où le souffle révolutionnaire abolit toutes les barrières de classe.

La mise hors la loi du POUM par les communistes lui fait prendre en horreur le " jeu politique " des méthodes staliniennes qui exigeait le sacrifice de l’honneur au souci de l’efficacité. Son témoignage au travers de pages parfois lyriques et toujours bouleversantes a l’accent même de la vérité. À la fois reportage et réflexion, ce livre reste, aujourd’hui comme hier, un véritable bréviaire de liberté.

La chronique de fin de Thierry Bellefroid, "Écritures carnassières", d’Ervé, éd Maurice Nadeau, 2022

Depuis longtemps je taquine la rue. Aujourd’hui encore. Guidé par mes failles, mes blessures, j’arpente trottoirs bitumeux ou sentiers poussiéreux. Partout le même bitume. Partout les mêmes poussières âcres. Ô comme j’aimerais trouver un trou de verdure où chante une rivière mais je ne suis pas ce dormeur. J’ai cependant deux douleurs dans le dos qui me font dire que je n’étais pas de taille et que vous m’avez vaincu avec vos mots. J’ai perdu. Oui. Je me suis perdu.

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