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Justice

"Nos hommes sont formés pour neutraliser un assaillant" : rencontre avec les policiers de la DAB

23 févr. 2022 à 12:58Temps de lecture2 min
Par Laurent Van de Berg

Sur leur uniforme bleu, on distingue leur emblème : le loup. À ce jour, quelques 1300 policiers composent la DAB, une jeune unité de la police fédérale née à la suite des attentats de Bruxelles.

Depuis 2018, elle réalise des missions de sécurisation. Des missions qui, pour certaines, avaient été prises en charge par l’armée dans l’urgence en 2016. Désormais, la DAB veille sur les sites sensibles mais aussi, et surtout, sur les cours et tribunaux.

Des patrouilles devant les institutions belges et européennes, ambassades, sites nucléaires

Entre quinze et vingt sites sensibles sont sous la protection de la DAB : l’aéroport de Bruxelles, les sites nucléaires, l’ambassade des États-Unis, d’Israël, de France, le Palais royal, l’OTAN notamment.

Il s’agit d’un travail de patrouilles en extérieur. L’unité collabore avec les polices locales et les services de sécurité ou de gardiennage actifs à l’intérieur de ces institutions.

"Nos hommes sont formés pour neutraliser un assaillant", explique Dimitri Goncalves, inspecteur principal pour l’unité des points critiques. Des patrouilles lourdement armées sillonnent l’esplanade devant le Parlement européen.

Depuis leur entrée en fonction de la DAB dans le quartier européen, aucun incident majeur n’est à déplorer : "Parfois, il y a des incidents qui se passent. Ça peut être des personnes qui se blessent ou d’autres qui se bagarrent, des incidents qui ne sont pas notre mission première. Vu que nous sommes sur place, nous intervenons beaucoup plus rapidement et on peut faire le relais vers les zones de police compétentes", précise-t-il.

Les unités patrouillent à proximité des institutions européennes
Les unités patrouillent à proximité des institutions européennes RTBF

"L'occasion pour la DAB de se faire connaître un peu"

Sécuriser le procès des attentats de Bruxelles : c’est le défi majeur qui attend la DAB. Ce procès est un événement puisque ce sont ces mêmes attentats qui ont poussé à la création de l’unité.

Pour son directeur, Éric Delhez, l’enjeu est de se montrer efficace : "Je pense que c’est une pression pour l’ensemble des services de police. Je pourrais dire que c’est peut-être l’occasion pour la DAB de se faire connaître un peu et d’écrire ses lettres de noblesse en tant que jeune unité".

Le personnel sera largement mobilisé pendant six à neuf mois : "Cela risque d’osciller entre 80 et 100 personnes engagées par jour au niveau de la DAB, sans compter un engagement similaire voire peut-être plus important de la police locale de Bruxelles ainsi qu’une autre unité de la police fédérale qui s’occupera de transférer les détenus, puisqu’il ne s’agit pas de détenus ordinaires", estime Éric Delhez.

Le "Justitia" à Haren accueillera le procès des attentats du 22 mars 2016
Le "Justitia" à Haren accueillera le procès des attentats du 22 mars 2016 RTBF

Transfert des détenus jusqu’à la salle d’audience

Au quotidien, deux tiers des effectifs de la DAB travaillent à la sécurisation des cours et tribunaux du pays. Ils prennent en charge le transfert de certains détenus depuis la prison. Chaque procès est soumis à une évaluation des risques. Les salles d’audience sont préalablement fouillées. Chaque palais à ses particularités.

"À Mons, il arrive que le détenu doive passer par la salle des pays perdus pour se rendre au tribunal correctionnel. Notre objectif premier est d’éviter une évasion du détenu. Ensuite, notre rôle est d’assurer la sécurité et la sérénité des débats", explique Abdelkader Henini, chef de section pour l’unité Cours et tribunaux à la DAB de Mons.

Avant chaque audience, la salle est fouillée pour garantir la sécurité et la sérénité des débats
Avant chaque audience, la salle est fouillée pour garantir la sécurité et la sérénité des débats © Tous droits réservés

300 agents à engager

Le recrutement continue, les formations également : "La DAB n’est pas encore terminée. Nous continuons nos engagements. Pour l’instant, nous n’avons pas encore repris la sécurisation des sites nucléaires en Flandre, donc Doel, Mol, Dessel, Geel qui sont toujours à charge de l’armée", explique le directeur de la DAB.

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