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Norouz, la fête de Nouvel an perse, symbole millénaire du renouveau

Célébrations de Norouz à Bakou, en Azerbaïdjan
21 mars 2022 à 16:00 - mise à jour 21 mars 2022 à 16:18Temps de lecture5 min
Par Wahoub Fayoumi

"Réveillez-vous, la brise matinale de Norouz inonde le jardin de fleurs." Cette phrase a été écrite au 13ème siècle par le poète iranien Saadi. Et elle résume en somme l’appel auquel répondent des millions de personnes à travers le monde en cette période de retour du printemps.

La fête de Norouz, célébrée par quelque 300 millions de personnes, en Iran, en Afghanistan, au Kazakhstan, mais aussi par les populations kurdes en Turquie, en Syrie et en Irak, a traditionnellement lieu entre 19 et le 22 mars. Elle marque le début de la nouvelle année, avec l’arrivée du printemps, et elle s’étend autour de l’équinoxe. Norouz est l’une des plus anciennes fêtes de la région, et certainement la plus ancrée dans les traditions locales.

Des discours pour l'équinoxe

Ainsi, la plus grande mosquée du monde, le Mausolée d’Imam Reza, qui se trouve dans la ville iranienne de Mashaad, a renoué depuis hier avec l’euphorie de la fête du printemps. Après deux années de restrictions dues au Covid, des milliers de touristes iraniens et étrangers y ont été accueillis pour les festivités. Preuve de l’importance de cette célébration, l’ayatollah Khamenei et le président iranien Ebrahim Raïssi ont tenu des discours télévisés le 20 mars, jour de l’équinoxe. C’est à ce moment précis que se célèbre l’apogée de Norouz, en l’occurrence dimanche à 15 heures, 33 minutes et 26 secondes précisément, en temps universel. C’est à ce moment que l’année 1401 a débuté.

"Norouz est fêté en Iran par les musulmans sunnites comme chiites, par les chrétiens, par les juifs, en dépit de toute religion", explique Salvatore d’Onofrio, professeur d’anthropologie à l’université de Palerme, et membre du laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France, fondé par Claude Lévi-Strauss, interrogé par RFI.

Alors même qu’elle est païenne, cette fête a toujours résisté aux pressions des religions, ajoute l’anthropologue, et ce malgré les tentatives de la République islamique en Iran de la faire disparaître selon lui. Symbole de renaissance, de joie retrouvée, il s’agit d’une tradition profondément ancrée et qui utilise un imaginaire commun de vie. Le poète et savant perse du 11eme siècle Omar Khayyam qualifiait Norouz de "renaissance du monde".

Norouz est célébré depuis au moins 3000 ans, et puise ses racines dans les traditions du zoroastrisme, religion fondée par Zarathoustra 2000 ans avant notre ère. Cette célébration de l’an nouveau a été étendue par les Perses sur tout leur empire, comme en attestent des écrits qui datent du 2eme siècle avant J-C. Sa création découlerait des victoires et des légendes du roi mythique Djamchid, comme le raconte le poète Ferdoussi au 11eme siècle.

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Origines millénaires

Ainsi, la plus grande mosquée du monde, le Mausolée d’Imam Reza, qui se trouve dans la ville iranienne de Mashaad, a renoué depuis hier avec l’euphorie de la fête du printemps. Après deux années de restrictions dues au Covid, des milliers de touristes iraniens et étrangers y ont été accueillis pour les festivités. Preuve de l’importance de cette célébration, l’ayatollah Khamenei et le président iranien Ebrahim Raïssi ont tenu des discours télévisés le 20 mars, jour de l’équinoxe. C’est à ce moment précis que se célèbre l’apogée de Norouz, en l’occurrence dimanche à 15 heures, 33 minutes et 26 secondes précisément, en temps universel. C’est à ce moment que l’année 1401 a débuté.

"Norouz est fêté en Iran par les musulmans sunnites comme chiites, par les chrétiens, par les juifs, en dépit de toute religion", explique Salvatore d’Onofrio, professeur d’anthropologie à l’université de Palerme, et membre du laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France, fondé par Claude Lévi-Strauss, interrogé par RFI. Alors même qu’elle est païenne, cette fête a toujours résisté aux pressions des religions, ajoute l’anthropologue, et ce malgré les tentatives de la République islamique en Iran de la faire disparaître selon lui. Symbole de renaissance, de joie retrouvée, il s’agit d’une tradition profondément ancrée et qui utilise un imaginaire commun de vie. Le poète et savant perse du 11eme siècle Omar Khayyam qualifiait Norouz de "renaissance du monde".

Norouz est célébré depuis au moins 3000 ans, et puise ses racines dans les traditions du zoroastrisme, religion fondée par Zarathoustra 2000 ans avant notre ère. Cette célébration de l’an nouveau a été étendue par les Perses sur tout leur empire, comme en attestent des écrits qui datent du 2eme siècle avant J-C. Sa création découlerait des victoires et des légendes du roi mythique Djamchid, comme le raconte le poète Ferdoussi au 11eme siècle.

L’ayatollah Ali Khamenei donne un discours, le 20 mars, à l’occasion de la fête de Norouz
L’ayatollah Ali Khamenei donne un discours, le 20 mars, à l’occasion de la fête de Norouz © Tous droits réservés

Des festivités qui durent plusieurs jours

La préparation de Norouz commence le dernier mois de l’hiver : nettoyage de la maison, achats de nouveaux vêtements et de fleurs. Chaque région décline alors différentes pratiques, comme l’organisation du festival des fleurs rouges à Mazar-e-Sharif, en Afghanistan, où des tournois du jeu de polo national sont organisés. Plus généralement, en Asie centrale, des festivals en plein air ont lieu, présentant des sports de plein air : courses de chevaux, lutte, tir à l’arc…

Le mercredi précédant Norouz, la famille et les amis se rassemblent et sautent par-dessus un feu ouvert au coucher du soleil, une sorte de feu de joie, pour symboliser la fin de l’année ancienne et le début de l’année nouvelle.

Puis ce sont les visites aux parents et aux amis qui vont rythmer les vacances de Norouz jusqu’au jour du nouvel an.

La tradition la plus répandue est celle du Haf Sin. Après avoir fait germer des graines de blé (ou d’orge, de lentilles, de haricots…) dans un plat, qui s’appellera le Sabzeh, on dresse une table, qui sera le point central de la fête. Y seront placés six autres plats, contenant raisins secs, sumac, vinaigre, pommes… En tout, 7 récipients symbolisant le nombre sacré du zoroastrisme. On placera également un miroir, pour le reflet de la vie, des œufs, pour la fertilité, et des poissons rouges dans un bol, pour la vie.

Les festivités s’achèvent 13 jours après le Nouvel An avec le Sizdeh Bedar : les gens vont pique-niquer, emportant avec eux le sabzeh qu’ils jettent dans une rivière ou un champ pour symboliser le fait de le rendre à la nature. Cette année, Sizdeh Bedar aura lieu le 2 avril prochain.

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La tradition la plus répandue est celle du Haf Sin. Après avoir fait germer des graines de blé (ou d’orge, de lentilles, de haricots…) dans un plat, qui s’appellera le Sabzeh, on dresse une table, qui sera le point central de la fête. Y seront placés six autres plats, contenant raisins secs, sumac, vinaigre, pommes… En tout, 7 récipients symbolisant le nombre sacré du zoroastrisme. On placera également un miroir, pour le reflet de la vie, des œufs, pour la fertilité, et des poissons rouges dans un bol, pour la vie.

Les festivités s’achèvent 13 jours après le Nouvel An avec le Sizdeh Bedar : les gens vont pique-niquer, emportant avec eux le sabzeh qu’ils jettent dans une rivière ou un champ pour symboliser le fait de le rendre à la nature. Cette année, Sizdeh Bedar aura lieu le 2 avril prochain.

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