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Nordine Armani possédait un arsenal d'armes prohibées: que dit la loi?

Des armes de guerre circulemt en Belgique
14 déc. 2011 à 15:282 min
Par Alain Lechien

Au lendemain du terrible massacre d'Anvers de 2006, la législation sur les armes a été modifiée. Selon la nouvelle loi Onkelinx, le principe législatif est inversé : du "tout est libre sauf" on passe au principe du "tout est interdit sauf", comme l’explique Yves Demanez,  avocat pénaliste, à la RTBF : "Les armes à feu sont en principe interdites. Certaines armes, comme les 'full auto' sont totalement prohibées. Certaines armes ne seront autorisées que sur base d’un motif légitime à la demande, vérifié par les autorités judiciaires et administratives. Il peut s’agir par exemple d’un tireur sur cible, ou d'un biathlonien, ou d'un chasseur, ou encore d'un collectionneur (avec le cas particulier des armes de panoplie) : dans ce cadre-là, ils ont accès à certaines catégories d'armes sous certaines conditions".

Est-ce à dire que Nordine Amrani, qui était chasseur, pouvait détenir les armes qu'il a utilisées ce mardi. La réponse est clairement non, confirme Yves Demanez : "Quelle que soit la circonstance, il ne pouvait pas détenir de grenades, selon la loi de de 2006. De plus, en vertu de la législation sur les explosifs, les grenades sont des engins prohibés, inaccessibles au public quelles que soient les circonstances. Le FAL est une arme en principe 'full auot' : sauf modification, il est prohibé par la loi de 2006 et donc pas accessible aux citoyens non plus".

De plus, Nordine Armrani ne pouvait en aucun cas posséder légalement de revolver non plus : toute personne condamnée devant un tribunal correctionnel ne peut détenir une arme. Or Nordine Amrani a bien fait l'objet d'une condamnation.

Une kalachnikov pour 300 euros

Donc il s’est nécessairement fourni au marché noir, c’est-à-dire dans le grand banditisme. Et le sentiment qui transparaît aussi dans toute cette affaire, c'est l'impression que l'on peut posséder aujourd'hui en Belgique des armes très facilement, y compris des armes de guerre, à haut potentiel de destruction. Ces armes circulent partout en Europe via un marché parallèle. Christian Henry, procureur du roi de Mons, explique, au micro de la RTBF, qu’il est très facile de s'en procurer : "Quand un nouveau régime prend les commandes du pays, on veut laver plus blanc. Donc on démilitarise une série de choses, on dégraisse les services de police et l’armée. Et on vend l’armement excédentaire au prix de la mitraille. Et en général des organisations criminelles, des mafias en profitent pour récupérer ces armes" afin de les commercialiser.

La chute du bloc de l'Est et la création d'un marché unique européen ont facilité ce trafic d'armes de guerre. Les récentes révolutions du printemps arabe pourraient également conduire à l'alimentation du marché fantôme. Et manifestement on trouve de tout, vraiment de tout, explique encore Christian Henry : "Cela va de la grenade au missile. Il y a même des hélicoptères et des avions. On trouve aussi bien sûr des armes de guerre telles que des kalachnikovs. On m’a cité le cas d’une kalachnikov AK47 qui était vendue 300 euros, alors que, sur le marché officiel, cette arme vaut plusieurs milliers d’euros".

Même si la législation belge est de plus en plus stricte, la source du marché semble, pratiquement intarissable.

A.L. avec D. Van Ossel et A. Dremière

Est-il facile de posséder des armes aujourd'hui ?

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