Energie

"Non seulement on peut, mais on doit". Pour Jean-Marc Nollet, il faut réduire la facture énergétique à court terme

L'invité: Jean-Marc Nollet, co-président d'Ecolo

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31 août 2022 à 07:00 - mise à jour 31 août 2022 à 12:08Temps de lecture3 min
Par Miguel Allo sur la base d'une interview menée par Thomas Gadisseux

Dans le contexte actuel des prix de l’énergie qui ne cessent d’augmenter : qu’attendre du Comité de concertation qui se tiendra ce mercredi après-midi ? Chaque parti a évidemment ses propositions. Jean-Marc Nollet, coprésident d’Ecolo, dont le parti politique participe à tous les gouvernements, était l’invité de la Matinale sur la Première.

Diminuer rapidement la facture énergie

Comment diminuer à court terme la facture énergie des citoyens ? Est-ce possible ? Pour le coprésident du parti écologiste la réponse est : "Non seulement on peut, mais on doit répondre à ses attentes." Le besoin est tel, dit-il, que le monde politique doit être à la hauteur.

Des entreprises multinationales d’énergie réalisent des bénéfices indécents

Et pour y arriver, le parti Ecolo souhaite encore prolonger et élargir le tarif social. Cette mesure devrait permettre de mieux protéger les citoyens. Deuxième proposition : "Organiser la solidarité. On sait comment il faut financer cette mesure-là, puisque des entreprises multinationales d’énergie réalisent des bénéfices indécents." Jean-Marc Nollet explique qu’il faut aller rechercher ces bénéfices et les redistribuer aux citoyens et PME afin de réduire leur facture. Il rappelle que les entreprises souffrent aussi "du fait que certains profitent de la guerre et s’enrichissent sur le dos des citoyens qui eux payent la facture ou des entreprises qui payent également."

Taxer les surprofits, on n’y est pas encore

Taxer les surprofits, le sujet est sur la table depuis le mois de mars dernier, il y a donc des blocages. Des blocages parce que "certains tenants de l’idéologie néolibérale ont bloqué", explique le coprésident d’Ecolo. Il rappelle que la ministre fédérale de l’Energie Tinne Van der Straeten (Groen) et le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) ont porté cette mesure au niveau européen.

"Et à l’intérieur de la Belgique, on a le président du MR qui appuie constamment sur le frein. Et qui ce matin encore déclare vouloir rassurer les marchés. Il ne faut pas rassurer les marchés, il faut réformer le mécanisme de formation des prix de l’énergie. Les prix sont indécents. Ce n’est pas aux citoyens, ni aux entreprises à payer le système néolibéral qui dérive complètement sur le marché de l’énergie."

Derrière ces déclarations à propos de la taxation des surprofits, précisons que les obstacles techniques et juridiques existent, ce qui explique le blocage au niveau européen. Sans oublier les négociations, en Belgique, avec Engie sur la prolongation des centrales nucléaires. Sans dire que cela sera facile, Jean-Marc Nollet précise qu’il n’est pas d’accord avec ces arguments qui expliqueraient le blocage actuel sur la taxation des surprofits. La preuve, dit-il, c’est que les propositions faites par la ministre de l’Energie qui avaient dans un premier temps été bloqués "mais qui aujourd’hui font l’unanimité."

Prolonger et élargir le tarif social

Sur la table du Comité de concertation de cet après-midi, il y aura probablement le prolongement et l’élargissement du tarif social. Actuellement 2 millions de Belges bénéficient déjà de ce tarif. Le coût actuel de cette mesure est estimé à 1 milliard d’euros. Mais qui sera concerné par l’élargissement de ce tarif ? A partir de quel revenu net ? Le coprésident estime que "toutes les personnes qui risquent de basculer dans la pauvreté doivent être protégées et soutenues."

Il ajoute qu’il faut détecter les personnes qui ont besoin d’aide, sans donner, ce matin, plus de précisions, notamment sur les revenus, montants qui permettraient de bénéficier du tarif social.

Jean-Marc Nollet estime aussi que cette mesure ne sera pas suffisante et qu’une réforme fiscale sera également nécessaire.

Le pouvoir d’achat

Le pouvoir d’achat est évidemment important dans le contexte actuel. L’enjeu de l’augmentation structurelle des salaires en fait partie. "Et cela se joue dans la réforme fiscale par un crédit d’impôt." Le parti écologiste souhaite que les classes moyennes bénéficient de 150 euros par mois en plus par un crédit d’impôt directement sur le salaire. Jean-Marc Nollet, à nouveau, ne souhaite pas être plus précis ce matin. Pour lui, il s’agit actuellement d’une direction afin de mieux protéger la population tout en gardant en tête qu’il faut accélérer la transition énergétique.

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