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Nome arrive de nulle part et sort l’excellent Ukiyo

Nome arrive de nulle part et sort l’excellent Ukiyo
25 avr. 2022 à 19:583 min
Par Guillaume Scheunders

Ils s’appellent Simon Lozie et Guillaume Drot et viennent d’Arlon. L’un est producteur de drum and bass, l’autre est pianiste. Amis d’enfance, ils ont décidé il y a un peu plus d’un an de collaborer musicalement pour former le duo Nome. Ils viennent de dévoiler leur premier EP, Ukiyo, dans lequel ils voyagent à travers leurs univers respectifs, inspirés par Moderat, Thom York ou Lorn. Découverte d’un duo qui fait ses premiers pas dans la musique électronique avec brio.

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Ils se connaissent depuis toujours. C’est d’ailleurs Simon qui a fait découvrir à Guillaume le groupe Linkin Park, lui transmettant par la même occasion l’envie de composer sa propre musique. Après un premier EP, Guillaume Drot a sorti en 2020 son premier album totalement autoproduit, White Raven, faisant le pari de dix compositions exclusivement jouées au piano, à la manière d’un certain Sofiane Pamart. Simon, alias Sinexia, évolue quant à lui dans le milieu de la drum and bass depuis 7 ans et a sorti son premier EP la même année que son comparse. Prenant exemple sur la devise de la Belgique, ils ont décidé d’unir leurs forces il y a un peu plus d’un an. Et ça a cliqué tout de suite. "On aime la même musique même si on ne vient pas du même milieu", explique Simon,"Il y a un terrain d’entente au niveau de la musique avec des inspirations comme Moderat, Lorn, Thom Yorke, Floating Points… Des choses très mélancoliques, très mélodieuses. Dans leur musique il y a un gros axe entre les drums et la mélodie et c’est là qu’on s’est retrouvés. Moi, qui viens de la drum and bass, j’adore trouver des percussions et lui, il trouve des mélodies en cinq minutes. C’est vraiment un plaisir."

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Après d’intenses réflexions, les deux Arlonais ont décidé de nommer leur projet avec le mot japonais Ukiyo. "Ukiyo, c’est vraiment la transition entre le moment où tu es présent et celui où tu es parti dans tes pensées. C’est un peu cet aspect où tu te retrouves dans ton imaginaire, il a beau se passer n’importe quoi autour, tu es dans ton monde et c’est vraiment notre délire à nous." Un titre qui colle à merveille avec l’esthétique musicale de l’album, plutôt mélancolique, mystique, laissant notre tête se perdre dans les étoiles à l’écoute de Seeking Luna ou voyager dans la nuit sur Nox Turn. Nome aime jouer sur les ambiances crépusculaires, imaginant que son public écoutera cet EP tard le soir, au volant d’un véhicule.

On a jamais dû se pousser à faire de la musique, à sortir un projet. Tout s’est fait hyper naturellement et avec plaisir.

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L’EP laisse transparaître la sensibilité musicale des deux amis au fur et à mesure de l’écoute. Ainsi, les premiers morceaux laisseront une plus grande place au piano de Guillaume, notamment sur The Getaway, Nox Turn ou Seeking Luna. Sur la fin, essentiellement sur Vox Atra, on ressent plus l’influence de Simon, alimentée par de la drum and bass, du 2-step ou encore du UK Garage, mais transposés à leur style. "On a essayé que l’intro commence avec mon univers, assez simpliste au niveau de la diversité musicale, c’est-à-dire un piano, une basse et un drumset très simple. Puis on a construit le milieu du projet en mélangeant complètement nos deux univers. Et à la fin on termine avec l’univers de Simon sur Vox Atra, qui a des influences beaucoup plus drum and bass. On ne voulait pas du tout éclipser le style de l’un ou de l’autre", précise Guillaume.

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En totale autoproduction, le duo a composé cet EP presque uniquement à partir de plug-ins, utilisant seulement un minilog pour quelques pistes. Pareil pour le mix, réalisé par Simon lui-même, fort de sa technique engrangée au fil des années. À terme, le souhait serait de pouvoir se produire dans une version live, impossible actuellement par faute de moyens techniques. Ils ont d’ailleurs déjà pensé leur musique pour qu’elle se prête à la scène. "Ce qu’on aime bien faire, c’est donner un côté humain à notre musique. Pour ça, on décale un peu les beats, on ne reste pas sur le format des huit barres de manière chirurgicale, ça casserait le côté humain. On fait exprès de mettre des défauts, de décaler certaines choses pour avoir ce côté organique, plus texturé. On perdrait tout cet aspect-là en la jouant sur des platines", expose Simon.

On a encore tellement de choses à apprendre.

Le duo ne se leurre pas : même s’ils ont déjà chacun de l’expérience, Ukiyo est leur premier EP, une sorte de coup d’essai plutôt réussi qui peut leur donner la confiance nécessaire pour poursuivre leur aventure. "On a chopé notre terrain d’entente. Maintenant la mission sera de s’améliorer le plus possible pour arriver à des chansons dont on est encore plus fiers à l’avenir. Tu as toujours le syndrome de l’imposteur où tu peux être fier de quelque chose, puis écouter des gens qui t’inspirent et te rendre compte que tu es nulle part. C’est ça qui va nous pousser aussi à sortir d’autres projets, se prouver à nous-même qu’on peut faire encore mieux."

 

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