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Noir Jaune Blues : "On ne peut plus continuer à être individualiste si on veut que notre planète vive"

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Un Belge sur deux n’a plus confiance dans les institutions et souhaite le retour d’un pouvoir autoritaire. C’est le constat interpellant dressé par l’enquête Noir Jaune Blues. Une opération menée par la RTBF et Le Soir.be avec la Fondation Ceci n’est pas une crise et Survey & Action.

En cause ? Les crises successives traversées ces dernières années. .

Mais à côté de cette tendance au repli sur soi, une autre tranche de la population prône une vision alternative. L’enquête montre qu’un cinquième des Belges veulent proposer un autre modèle, celui de sociétés ouvertes, basées sur une démocratie horizontale.

Pour comprendre, nous vous proposons une série de portraits de citoyens qui tentent à leur échelle d’être acteurs du changement. Ici, des familles qui ont fait le choix de l’habitat groupé.

C’est en plein cœur d’une clairière, au milieu de deux hectares de forêt sur les hauteurs de Grez-Doiceau, que trône l’imposante demeure. Une maison XXL, avec une vue panoramique sur le bois de la Hocaille.

© Tous droits réservés

A l’intérieur, quatre familles y cohabitent, dont une famille ukrainienne. Après cinq ans de travaux de rénovation, c’est l’aboutissement d’un projet un peu fou, lancé par Vanessa de Marneffe. "Je me suis séparée du père de mes enfants, je suis tombée sur cette bâtisse et je me suis lancée avec deux copines. Je n’aurais jamais pu me permettre ça en étant seule. C’était un moyen de partager les frais à plusieurs".

C’est accéder à une qualité d’habitat plus facilement que si j’étais seule

L’une des copropriétaires, Cordélia Orfinger confirme : "Une maison comme ici avec deux hectares de forêt dans le Brabant Wallon, ce n’était juste pas pensable seule ! Ce n’était même pas dans mes options, même pas dans mes rêves !"

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Dans l’habitation, des parties privatives et de nombreux lieux communs. Buanderie, atelier à outils : tout cela est partagé. "On a une seule machine à laver, et aussi une seule voiture pour les quatre familles" détaille le petit Aurélien. "C’est plus écologique, ça me plaît" lance-t-il.

Le collectif a une force énorme

Les autres enfants y voient également des avantages : "J’aime bien parce qu’on peut directement aller jouer avec nos voisins quand on s’ennuie" explique Camille. "C’est aussi rassurant de savoir qu’il y a toujours quelqu’un dans la maison même quand ma famille n’est pas là" ajoute Mara, 16 ans.

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Ce projet, aux yeux des familles qui y participent, c’est avant tout une manière de faire un pied de nez à la société de consommation. "La société est fatiguée. Il faut trouver un renouveau. Le collectif, le fait de partager, d’être ensemble, ça a une force énorme" décrit Vanessa.

La société est épuisée

"On doit changer, on ne peut plus continuer à être individuel. Notre société ne peut plus fonctionner comme cela, si on veut continuer à avoir une planète qui va vivre" ajoute-t-elle.

En filigrane, une remise en question de la notion de propriété. "Ce n’est pas facile car on est très fort dans l’idée qu’avoir sa propriété, c’est protéger et sécuriser sa famille. En même temps, de quel droit peut-on dire que la terre nous appartient ? C’est une manière de trouver un meilleur équilibre par rapport à un droit qu’on s’attribue et qui crée beaucoup d’inégalités et d’injustice" détaille Cordélia.

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Ici, l’entraide est une part essentielle du mode de vie choisi. "On garde les enfants des uns des autres, on coupe du bois ensemble pour alimenter la chaudière" explique Vanessa.

"Je trouve que l’individualisme est dangereux" renchérit Cordélia. "C’est ça qui génère des relations de haine. L’exercice de l’habitat groupé, c’est finalement un exercice de société. C’est l’exercice de vivre ensemble".

Le citoyen est un acteur politique

Derrière ce projet, une remise en question de la société actuelle, sans pour autant qu’il y ait rupture avec les institutions. Le monde politique est critiqué, mais pas rejeté en bloc. "Je ne veux pas leur lancer la pierre. Ils manquent d’ambition, il y a pas mal de lâcheté derrière. Mais ce n’est pas parce que les politiques ne font rien qu’on ne peut pas faire bouger les choses" avance Vanessa.

"Ce n’est pas le politique qui innove, c’est le terrain qui innove. Le citoyen est un acteur politique" conclut Cordélia.

L’enquête Noir Jaune Blues montre que comme ces familles, 21,9% des Belges aspirent à la fondation d’une société ouverte, basée sur la citoyenneté, le respect de la nature et le renforcement de la démocratie. Des Belges à la recherche de nouvelles formes de solidarité, dans l’optique de créer un futur meilleur que le passé.

Sur le même sujet : Extrait JT (23/01/2023)

Noir Jaune Blues : Sentiment d abandon et d impuissance

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