No-show médical : attention à la facture !

No-show médical : attention à la facture !

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03 mars 2020 à 16:20Temps de lecture2 min
Par Olivier Corroenne

Une enquête du Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI) a récemment révélé que 8% des patients pratiquent le "No-show médical". Ils prennent rendez-vous et ne s’y rendent pas.

Le phénomène est en augmentation : il ne concernait que 5% des patients, il y a deux ans !

Conséquence : un perte sèche pour le médecin ou le secteur hospitalier avec très souvent, un dédommagement dû par le patient. Mais quel dédommagement ? Nous avons mené l’enquête.

Différence frappante entre dentistes et médecins généralistes

Nous nous sommes rendu dans un cabinet médical spécialisé en chirurgie dentaire à Bruxelles. Là, le patient est prévenu par e-mail :  Il devra payer un dédommagement de 65 euros s'il ne vient pas au rendez-vous.

Pour les plus récalcitrants qui oublieraient de prévenir une seconde fois, Michael Gabai, chirurgien dentiste a tout prévu : "On lui demande de nous verser la somme des deux dédommagements précédents plus une provision pour sa troisième consultation. Donc 2 x 65 euros de dédommagement + 65 euros de provision, il devra donc débourser 195 euros. S'il paye ce montant c'est qu'il souhaite vraiment venir à ce rendez-vous". 

Tout cela est tout à fait légal. Les dentistes n'ont pas d'instruction particulière de leur association professionnelle en la matière. Par contre, ce n'est pas le cas pour les médecins qui sont limités à un "dédommagement raisonnable". Selon l'Ordre des médecins, ce "dédommagement raisonnable" correspond à peu près à 30% de ce que le patient aurait dû payer s'il était venu à la consultation.

Le médical prône toujours !

Aux Cliniques Saint-Luc à Bruxelles, ce dédommagement raisonnable correspond à 15 euros. Cette somme représente une moyenne pour toutes les spécialités médicales présentes sur le site… que ce soit une simple consultation ou un examen médico-technique.

Les plus distraits sont rapidement repérés grâce au système informatique.  Il y a ainsi 6 à 9 % des consultations qui passent à la trappe : un coût considérable pour l'hôpital

La demande de dédommagement de 15 euros parviendra à l'intéressé. S'il ne le paye pas, il y aura deux rappels. Géraldine Smeyers des Cliniques universitaires Saint-Luc précise : "Si ce deuxième rappel n'a pas l'effet escompté de paiement, la facture du patient est susceptible de partir chez un huissier de justice pour recouvrement de la créance. Cependant, l'accès aux soins n'est pas relié à cette procédure de recouvrement. C'est le médical qui prône toujours. L'accès aux soins est garanti si nécessaire". Et dans tous les cas, les patients en difficulté pourront envisager des solutions avec l'hôpital. Un service social est mis à leur disposition.    

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