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Premier meeting de campagne de Nicolas Sarkozy à Marseille

Nicolas Sarkozy estime qu'il a "réussi à empêcher une catastrophe"

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19 févr. 2012 à 15:34 - mise à jour 19 févr. 2012 à 18:13Temps de lecture3 min
Par Belga News

Sans le nommer, le chef de l'Etat s'en est pris à nouveau violemment au favori de la présidentielle, l'accusant d'être libéral ou socialiste au gré des circonstances, et a été très applaudi par des milliers de sympathisants lors de son premier grand meeting à Marseille (sud-est).

Lundi, dans des propos au Guardian, François Hollande avait tenté de tempérer les craintes de la finance à son égard.

"La gauche a gouverné pendant 15 ans, pendant lesquels elle a libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n'y a pas de crainte à avoir", avait déclaré au quotidien britannique le leader socialiste.

La France a "échappé à une catastrophe"

A Marseille, Nicolas Sarkozy a à nouveau dramatisé la situation, affirmant que la France touchée par la crise de 2008 avait "échappé à une catastrophe" et jugeant que ceux qui "font comme si rien de grave ne s'était passé depuis trois ans mentent aux Français".

"Toutes les banques du monde ont failli disparaître (...), vos emplois étaient menacés. Nous avons réussi à empêcher cette catastrophe", s'est-il félicité, se posant en garant d'un Etat protecteur pour les Français face aux dérives de la finance, alors même qu'il défendait en 2007 une politique très libérale en matière économique.

"Je ne serai pas le candidat d'une élite contre le peuple"

"Je veux être le candidat du peuple de France. Je ne serai pas le candidat d'une petite élite contre le peuple", a déclaré le président-candidat lors de son premier grand meeting de campagne à Marseille (sud-est).

"Le référendum, c'est l'esprit même de la Ve République", a-t-il lancé, affirmant s'adresser à ceux qui pensent que se "tourner vers le peuple, c'est du populisme, parce qu'au fond d'eux-mêmes ils trouvent que le peuple n'est pas assez raisonnable, pas assez intelligent pour qu'on lui demande son avis".

Ces détracteurs "résisteront. Ils ont fait la même chose au général de Gaulle en 1962 pour l'élection du président au suffrage universel", a-t-il jugé.

Selon M. Sarkozy, "le droit à la formation des chômeurs, le contentieux de l'immigration sont des sujets sur lesquels les Français pourront être consultés" et "il y en a d'autres", a-t-il prévenu.

Le vote des étrangers porte le risque de faire "voler en éclat le pacte républicain"  

"Quand on aime la France, on ne réduit pas la nationalité française à une adresse et on ne prend pas le risque du vote communautaire qui ferait peser sur les élus locaux une pression communautariste immense et voler en éclat notre pacte républicain", a-t-il lancé lors de son premier grand meeting de campagne à Marseille (sud-est).

Le candidat visait notamment son principal rival, le socialiste François Hollande, qui s'est déclaré favorable au vote des étrangers (hors Union européenne) aux élections locales.

Sans expliquer son revirement, alors qu'il n'était en 2005 lui-même pas hostile au vote des étrangers non communautaires à des scrutins locaux, Nicolas Sarkozy a rappelé, sous les vivats de la foule du parc Chanot à Marseille, qu'il n'avait "jamais été pour l'immigration zéro qui, pour un pays comme la France, n'a tout simplement pas de sens".

"Mais refuser tout contrôle, récuser l'immigration choisie, laissant ainsi la porte ouverte à l'immigration subie c'est irresponsable", a-t-il martelé, dans la ville méditerranéenne, traditionnellement une terre d'accueil pour les migrants en France.

François Hollande (PS) dénonce la "violence" et "l'agressivité" de Nicolas Sarkozy

Suite à ce meeting, le candidat socialiste à la présidentielle française François Hollande a accusé Nicolas Sarkozy de faire "campagne avec violence, avec agressivité".

"Le candidat sortant s'est déclaré, il fait campagne avec violence, avec agressivité, c'est bien la forme qu'il a choisie", déclaré M. Hollande sur la chaîne BFMTV, après le premier grand meeting de campagne de M. Sarkozy à Marseille (sud-est), où ce dernier a multiplié les attaques contre son rival socialiste et actuel favori dans les sondages du scrutin des 22 avril et 6 mai.

"Le bilan de Nicolas Sarkozy, les Français le connaissent: son projet, c'est son bilan (...) ce qu'il a dit encore cet après-midi (à Marseille), c'est la justification de ce qu'il avait fait et aucune proposition nouvelle", a-t-il ajouté.

"Moi, je ne me détourne pas de l'objectif que je me suis fixé", a poursuivi l'ancien patron du PS. "Moi, je fais en sorte de présenter mon programme, mes idées, ma démarche, ma volonté, mon chemin pour la France. C'est le seul objectif que je me fixe", a-t-il dit.

"Thatcher c'est son modèle, pas le mien, la finance a été et est notre adversaire quand elle est devenue folle", a aussi déclaré le candidat PS.


Belga