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Nicaragua: 25 ONG critiques du gouvernement interdites par le Parlement

20 avr. 2022 à 21:47Temps de lecture1 min
Par Belga

Le Parlement du Nicaragua, contrôlé par le parti du président Daniel Ortega, a interdit mercredi 25 ONG critiques à l'égard de son gouvernement, dont une organisation de défense des droits humains.

"Le décret visant à annuler le statut juridique" de 25 organisations non-gouvernementales a été approuvé, a annoncé le premier vice-président du parlement, Arling Alonso, à l'issue du vote qui a bénéficié du soutien de 74 députés, 15 abstentions et d'aucun vote contre.

Selon le ministère de la Gouvernance, qui supervise les ONG dans le pays, celles sanctionnées "n'ont pas respecté les lois qui régissent les organisations à but non lucratif", en refusant de s'enregistrer suivant une loi de 2020 qui oblige à rendre compte des fonds qu'elles reçoivent de l'étranger.

La Commission permanente des droits de l'homme (CPDH), fondée en 1991, fait partie des ONG désormais interdites d'exercer. Elle avait notamment documenté la répression des manifestations antigouvernementales de 2018 qui ont fait au moins 355 morts.

Tout comme la Fondation Luisa Mercado pour la promotion la culture et la littérature, fondée en 2006 par l'écrivain Sergio Ramirez, ex-vice-président pendant le premier gouvernement d'Ortega (1985-1990) et contraint de s'exiler en Espagne après son inculpation l'année dernière pour "atteinte à l'intégrité nationale".

Une quarantaine d'opposants au gouvernement ont été condamnés dernièrement pour des motifs similaires. Plus de 165 ONG ont été interdites dans le pays depuis 2018.

En novembre, Daniel Ortega, un ex-guérillero de 76 ans, au pouvoir depuis 2007, a été sans surprise réélu pour un quatrième mandat consécutif, alors que ses rivaux les plus sérieux et de nombreux opposants étaient emprisonnés, accusés de complot contre son gouvernement avec le soutien de Washington.

L'élection de M. Ortega n'est pas reconnue par la majeure partie de la communauté internationale, notamment par l'Organisation des Etats américains (OEA), les Etats-Unis et l'Union européenne, au motif que les élections nicaraguayennes n'étaient pas démocratiques. 
 

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