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NFT : la nouvelle façon de soutenir les artistes sur Internet ?

NFT – Image générée numériquement de lettres derrière un cadre doré avec un art numérique.

Depuis plusieurs mois, de nombreux artistes visuels tentent leur chance sur le marché florissant des NFT. Les créateurs de contenus sont, eux, plus timides vis-à-vis de ces œuvres numériques certifiées par la blockchain. La plateforme de vente Kalart souhaite les inciter à s’y intéresser de plus près pour capitaliser sur le soutien de leurs communautés. Entretien avec son fondateur, Stanislas Mako.

Les NFT c'est quoi?

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Qu’est-ce qui vous a décidé à créer votre propre plateforme de vente de NFT ?

Derrière Kalart se cache uTip, une plateforme de financement française pour les créateurs de contenus. Nous travaillons avec ces créateurs depuis 2017 et nous cherchons toujours de nouveaux moyens de financement pour leur travail.

Avec l’essor des NFT au printemps, nous nous sommes demandé si ces jetons non fongibles ne pourraient pas avoir une utilité pour les 80.000 créateurs avec lesquels nous travaillons chez uTip. Tout contenu qu’ils créent s’inscrit dans une démarche artistique, et mériterait de bénéficier de la même authenticité que n’importe quelle peinture ou sculpture. Les NFT le permettent et soulignent le caractère unique d’une œuvre numérique, même si elle est disponible à tous sur Internet.

Vous parlez de créateur de contenu alors que la plupart des plateformes de vente de NFT emploient, elles, le mot "artiste". A qui s’adresse Kalart ?

Nous nous adressons à tout créateur qui travaille de manière numérique. Nous n’avons pas forcément vocation à collaborer avec le musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, qui a récemment proposé des NFT de certaines œuvres de sa collection. Ils sont les bienvenus sur Kalart, mais la plateforme n’a pas été pensée pour eux.

Nous nous intéressons surtout aux créateurs de contenus sur Internet. De plus en plus d’œuvres sont numériques, et non plus sur un support physique comme une toile. Prenons l’exemple de la photographie. Pourquoi est-ce qu’un photographe devrait imprimer son cliché pour qu’il soit vendu ? Il a probablement été pris avec un appareil photo numérique, mais il faut attendre qu’il soit imprimé pour prendre de la valeur. C’est ce modèle que nous voulons remettre en question.

Les créateurs de contenus devraient avoir la possibilité de vendre leurs œuvres parce qu’elles plaisent. Certains d’entre eux ont des dizaines de milliers de followers sur les réseaux sociaux. Quel artiste peut se vanter d’en avoir autant ? Ils sont peu nombreux.

Cette photo prise le 25 juin 2021 montre des personnes visitant "CrypTOKYO", une exposition d'art physique sur la blockchain à Tokyo. Quelque 150 jetons non fongibles (NFT) de plusieurs dizaines d'artistes étaient exposés à l'exposition "CrypTokyo" dans l
Cette photo prise le 25 juin 2021 montre des personnes visitant "CrypTOKYO", une exposition d'art physique sur la blockchain à Tokyo. Quelque 150 jetons non fongibles (NFT) de plusieurs dizaines d'artistes étaient exposés à l'exposition "CrypTokyo" dans l © Tous droits réservés

Vous parlez de créateur de contenu alors que la plupart des plateformes de vente de NFT emploient, elles, le mot "artiste". A qui s’adresse Kalart ?

Nous nous adressons à tout créateur qui travaille de manière numérique. Nous n’avons pas forcément vocation à collaborer avec le musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, qui a récemment proposé des NFT de certaines œuvres de sa collection. Ils sont les bienvenus sur Kalart, mais la plateforme n’a pas été pensée pour eux.

Nous nous intéressons surtout aux créateurs de contenus sur Internet. De plus en plus d’œuvres sont numériques, et non plus sur un support physique comme une toile. Prenons l’exemple de la photographie. Pourquoi est-ce qu’un photographe devrait imprimer son cliché pour qu’il soit vendu ? Il a probablement été pris avec un appareil photo numérique, mais il faut attendre qu’il soit imprimé pour prendre de la valeur. C’est ce modèle que nous voulons remettre en question.

Les créateurs de contenus devraient avoir la possibilité de vendre leurs œuvres parce qu’elles plaisent. Certains d’entre eux ont des dizaines de milliers de followers sur les réseaux sociaux. Quel artiste peut se vanter d’en avoir autant ? Ils sont peu nombreux.

Votre plateforme propose de réaliser des transactions exclusivement en euros et en dollars, et non en cryptomonnaies comme la plupart de vos concurrents. Pourquoi ce choix ?

Par pragmatisme. Un créateur de contenus sera bien content de vendre l’une de ses œuvres pour 0,2 bitcoin. Mais comment paie-t-il son loyer avec ? Ce n’est pas ça sa réalité. Ni celle de ses abonnés. Peu d’entre eux seront enclins à convertir leurs euros ou dollars en cryptomonnaies plus ou moins obscures. Nous voulons vraiment créer une plateforme qui utilise la technologie des NFT mais s’en détache le plus possible pour la rendre accessible au plus grand nombre.

Les NFT ont contribué à l’apparition d’une nouvelle catégorie de collectionneurs. Certains achètent des œuvres en ligne comme ils le feraient avec des timbres, tandis que d’autres veulent acquérir des moments d’Internet. Ces acheteurs-là sont prêts à acheter un tweet ou un mème qui ne s’inscrit pas forcément à une démarche artistique mais dans la culture Internet. Il leur est plus simple de réaliser ces transactions avec des monnaies conventionnelles que celles virtuelles.

Bien que l’on parle énormément de NFT ces derniers mois, le fonctionnement de cette nouvelle technologie reste encore mystérieux pour beaucoup. Comment comptez-vous remédier à ce problème ?

Je pense qu’il repose essentiellement sur les cryptomonnaies. C’est une énorme barrière pour la plupart des gens. Beaucoup n’hésiteraient pas autant à acheter des œuvres sous forme de NFT s’ils pouvaient le faire en euros.

Par ailleurs, l’acronyme "NFT" peut faire peur aux néophytes. C’est pourquoi nous utilisons le terme "ONU" sur Kalart, ou "œuvre numérique unique". Il insiste sur le fait qu’en achetant un NFT, on devient le propriétaire officiel d’un bien numérique librement consultable par tous les internautes.

Les créateurs ont également un rôle à jouer dans la pédagogie autour de cette nouvelle technologie. Certains ne se sentent pas légitimes à vendre leurs créations sous forme de NFT, alors qu’ils le sont totalement. Ils peuvent également encourager leur communauté à s’intéresser à cette nouvelle forme d’économie participative. Tous les fans ne le feront pas nécessairement, mais il y aura moins d’incompréhensions autour du fonctionnement des NFT.

Les NFT sont-ils une nouvelle monnaie sociale, à l’instar du "like" ?

C’est fort possible. Les NFT sont une façon de manifester son soutien envers un créateur. Le "like" ou le partage d’un contenu est probablement la forme la plus simple d’interagir avec quelqu’un que l’on suit sur les réseaux sociaux. Mais ils ne changent fondamentalement rien à sa vie, alors que les NFT peuvent lui assurer une certaine rémunération.

Nous avons choisi d’utiliser un système d’enchères pour investir encore plus les acheteurs dans le processus de vente. Pour le moment, beaucoup des créateurs présents sur Kalart décident de vendre leurs œuvres sous forme de NFT pour un euro. Ils ont du mal à évaluer combien leur communauté serait prête à dépenser pour les soutenir de cette façon, et c’est difficile pour nous de les aiguiller là-dessus. Les enchères permettent à la communauté de décider par elle-même de l’importance que l’on donne à ces œuvres. Mais une chose est sûre pour nous : elles ont de la valeur.

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