Comment dit-on "back-to-back" en serbe ? "Drugi put zaredom!". Nikola Jokic, incarnation de la domination des basketteurs étrangers en NBA et de l'ère des géants ultra-polyvalents, est devenu le 13e joueur de l'histoire désigné MVP de la saison régulière pour la deuxième saison d'affilée.
Agé de 27 ans, le pivot des Denver Nuggets fait désormais partie du même club que Bill Russell, Wilt Chamberlain, Kareem Abdul-Jabbar, Moses Malone, Larry Bird, Magic Johnson, Michael Jordan, Tim Duncan, Steve Nash, LeBron James, Stephen Curry et Giannis Antetokounmpo. Tous des légendes, qui à l'exception de Nash et de lui-même, ont été aussi champions.
"Juste être en compagnie de Bill (Russell) et de tous les gars qui ont marqué l'histoire de cette ligue et de ce sport... Je veux dire, juste ça, ça en dit long. Ca signifie beaucoup", a réagi, dans l'émission NBA on TNT, le "Joker" qui a enregistré des moyennes de 27,1 points à 58,3% de réussite, 13,8 rebonds et 7,9 passes cette saison, améliorant ses statistiques dans quasiment chaque secteur par rapport à l'exercice précédent.
Au-delà des chiffres, il est récompensé pour son considérable impact sur les performances des Nuggets, pourtant affaiblis par les absences de Jamal Murray et Michael Porter Jr, blessés de longue date, et qu'il a menés à la 6e place à l'Ouest, certes sans pouvoir ensuite empêcher une élimination au 1er tour des play-offs face à Golden State.
Embiid: "Nikola l'a mérité"
Plébiscité par 65 journalistes sur 100 à la première place, il a, comme l'an passé, devancé le pivot camerounais de Philadelphie Joel Embiid. La troisième place est revenue au Grec Giannis Antetokounmpo, double lauréat en 2019 et 2020.
Deux doublés s'enchaînent donc au palmarès de cette récompense individuelle, consacrant pour la 4e année consécutive un joueur non-américain. Derrière ce trio, le prodige slovène Luka Doncic, appelé à connaître un jour pareille consécration, occupe la 5e place à 23 ans seulement.
Embiid, que beaucoup voyaient devenir le deuxième joueur né en Afrique à recevoir le trophée Maurice Podoloff après Hakeem Olajuwon, ce Nigérian naturalisé américain en 1993 et désigné MVP l'année suivante, n'a pas manqué de féliciter Jokic, malgré la déception.
"C'est la deuxième année consécutive que je me mets dans cette position, à ce stade, c'est presque: +peu importe+. Ce qui arrive, arrive. Nikola l'a mérité. Il a fait une saison incroyable. Il n'y a pas de bon ou de mauvais choix. Il y avait beaucoup de candidats, cela aurait pu aller dans un autre sens", a-t-il dit.