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Namur: les collectifs d’aide aux migrants regrettent le manque d’implication des autorités publiques

Namur: les collectifs d'aide aux migrants regrettent le manque d'implication des autorités publiques

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22 avr. 2022 à 10:14Temps de lecture2 min
Par Cathy Massart avec Clément Glesner

En province de Namur, plusieurs associations sont mobilisées depuis 2018 pour venir en aide aux migrants en transit sur notre territoire.

Des associations citoyennes qui ont rencontré à Spy une figure française du mouvement paysan et de l’aide aux migrants, Cédric Herrou, militant ayant accueilli chez lui des milliers de réfugiés. L’occasion d’échanger sur leurs expériences, mais aussi sur les nombreuses difficultés rencontrées.

Un manque de soutien des autorités publiques

Á Jemeppe/sur/Sambre, aucun local n’a été libéré par la commune alors que le Collectif S13 a déjà pris en charge plus de 400 migrants. Comme l’explique une des membres. "Le local est vraiment ce qu’il nous faudrait. La commune et la paroisse disposent de locaux mais nous sommes " en concurrence " avec d’autres utilisations et les priorités ne sont, visiblement pas aujourd’hui, établies sur cette priorité humanitaire qui est l’accueil de nos migrants. Si les locaux sont libres, nous pouvons les avoir mais ils le sont rarement".

Aux difficultés rencontrées, s’ajoute l’afflux des déplacés ukrainiens. Les places d’accueil, au sein des centres, se font de plus en plus chères. Mais certains pensent que cette crise pourrait amener de nouvelles opportunités.

Sibylle Davreux (membre du Collectif de la Bruyère) : "J’espère que toutes les nationalités vont pouvoir se confondre. C’est un appel au pouvoir public de pouvoir développer de nouveaux centres. Des subsides pourraient également être apportés pour que tous puissent avoir droit à une formation, à un logement et à une vie décente dans notre pays".

En 4 ans, cette mobilisation citoyenne a eu, aussi, des effets positifs

Laurence Nazet, représentante du Collectif Gembloux hospitalière : "la présence du collectif a apaisé les craintes du citoyen et il y a également moins de plaintes. À côté de cela il n’y a aucun acte de criminalité ou de mendicité qui pourrait être lié à la présence des migrants en transit sur le territoire. Cela nous donne envie de continuer. Nous nous disons que nous faisons bien les choses alors qu’à la base nous n’étions pas formées à cela. Il y a 4 ans que nous portons une charge que nous ne devrions pas porter. Nous prenons des responsabilités sur des personnes alors que cela devrait être le rôle de l’Etat Fédéral d’accueillir. Nous avons juste ouvert nos bras, nos portes et nos cœurs à des gens qui étaient en détresse parce que sinon, ils étaient sur un talus d’autoroute ou dans un parc à Bruxelles sans possibilité de manger un repas, de se laver et de vivre dans des conditions qui sont simplement dignes".

En province de Namur, chaque jour, le sort de 175 migrants reste entre les mains d’une poignée de citoyens.

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