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"Namur en mai" attend 200 000 visiteurs

Stéphane Georis (Compagnie des Chemins de Terre) en croque-mort dans "L'Homme content de rien"

© Roxane Connaughton

29 mai 2014 à 15:35 - mise à jour 29 mai 2014 à 17:43Temps de lecture3 min
Par RTBF

Mais qu'on ne s'y trompe pas : ce festival n'est pas une collection de vieux machins ou l'évocation nostalgique des spectacles du passé : ce sont au contraire les compagnies les plus créatives et les plus vivantes qui déploient leur imagination créative ou carrément délirante pendant 4 jours dans toutes les rues du centre de Namur. Pour la première fois, le festival comprend un "in" et un "off" : les "in" sont les compagnies ou artistes recevant un cachet et une prise en charge complète. Les "off" ne reçoivent pas de cachet et peu de soutien. Ces compagnies sont présentes pour être vues des professionnels du secteur fréquentant le Festival. Elles se rémunèrent modestement en "passant le chapeau". Ces deux types de participation sont clairement définies dans le programme et sur le Festival, afin d'offrir une meilleure compréhension au public.

Un dimanche familial, un volet social

Près de 30 compagnies seront présentes en "in", les "off" représentant la part d'imprévisible de la programmation. Le programme du dimanche est adaptée à un public plus familial et accueillera des projets plus "namurois". La journée se finira vers 20h. Trois colloques professionnels sont organisés le 30 mai, en parallèle au festival.

Chaque année, une centaine de bénévoles prennent part à l'organisation du Festival. De plus, "Namur en Mai" s'engage au sein de divers projets sociaux afin de venir en aide à des personnes en décrochage scolaire, social et/ou familial. L'équipe s'occupant de l'accueil technique des compagnies, montage et démontage du Festival est constituée aussi bien de techniciens de métiers, que de travailleurs ALE, de personnes émergeant au CPAS, ou encore des personnes en réinsertion ou même de SDF. Une partie de cette équipe a été formée sur le tas et avec le temps, sans aucun soutien extérieur.

Les spectacles suspendus

En s'inspirant du système des "cafés suspendus", le festival namurois inaugure cette année une nouvelle les "spectacles suspendus". Le principe : dans une urne à l'entrée de la billetterie, chacun pourra donner quelques sous afin d'en faire profiter des personnes plus démunies. Une belle opportunité d'offrir à ceux qui ne peuvent le faire, l'occasion d'assister à des spectacles. Les familles qui bénéficieront de ces "spectacles suspendus" seront encadrées par deux associations bien connues des namurois, la Royale Moncrabeau et l'asbl Cinex, déjà fortement présentes auprès des plus pauvres. Par ailleurs, un bon nombre de spectacles gratuits sont accessibles dans les différentes rues du centre-ville.

Jouer en rue : "un défi différent"

Stéphane Georis est comédien. Sa "Compagnie des Chemins de Terre", basée dans la région de Verviers, trace sa route depuis plus de 20 ans dans tous les coins du monde et il présente à Namur son "Homme content de rien". "Jouer en rue représente un défi différent, explique-t-il. En salle, il faut être à la hauteur de ce que les gens attendent et ont payé. En rue, il faut pouvoir les attirer et les garder. Jusqu'au bout. Cela demande une dépense d'énergie énorme et une capacité à établir une relation particulière, du regard, du contact physique, avec les spectateurs. Il faut un éveil permanent, être à fond 'ici et maintenant' pour intégrer au spectacle tout ce qui se passe : le bruit d'un avion, un cycliste qui passe, un clochard ivre qui s'impose... Jouer à Namur c'est plus aisé : c'est un public de festival, qui est venu pour voir du spectacle. Ils sont respectueux et agréables. De plus, je joue dans une cour, les gens choisissent d'y venir à l'heure dite. Quand je joue dans la rue, les gens qui passent sont venus pour faire leurs courses ! Mais le public belge est sage et bien élevé : il applaudit quand il faut, sait écouter. Dans certaines régions du monde, c'est plus sauvage, plus abrupt ou plus spontané. Je reviens de Madagascar, où certains n'ont presque jamais vu de spectacle. Ils sont partagés entre émerveillement et incompréhension. Parfois tout à fait l'un ou tout à fait l'autre..."

En pratique

Horaires des spectacles : les jeudi samedi de 14 à 3 h, vendredi de 17 à 3 h, le dimanche de 14 à 20 h. Le "Sou" est la monnaie du Festival, à se procurer aux billetteries.

Patrick Bartholomé

Namur en Mai

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