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Namur: derrière les échafaudages, quel visage pour la Halle al’chair ? (Photos)

La Halle al’chair dissimulée derrière les échafaudages de chantier

Depuis un peu plus d’un an, la Halle al’chair fait l’objet d’une complète restauration. Elle accueillera prochainement l’office du tourisme. Les travaux du gros-oeuvre, façades et toiture, s’achèvent, tout comme le chantier archéologique. Ces travaux ont permis aux scientifiques de mieux connaître l’histoire de cet édifice datant du 16e siècle.

L’un des premiers bâtiments en briques de Namur

Depuis les échafaudages, dressés devant les façades du bâtiment, Marie Verbeek, archéologue à l’Agence wallonne du patrimoine, nous guide autour du monument historique. Les travaux de restauration de maçonnerie sont désormais achevés.

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"Dans nos régions, à cette époque, les maisons sont soit construites en pierres ou alors en bois et en torchis", souligne Marie Verbeek. "L’utilisation de la brique arrive plus tard. Et cette Halle est l’un des premiers bâtiments en briques à Namur, très à la mode pour l’époque, puisque la brique alterne avec la pierre bleue. C’est aussi un édifice dont l’horizontalité est soulignée par ces cordons en pierre. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui le style mosan."

D’ici quelques semaines, les briques seront pourtant enduites d’un badigeon "sang de bœuf", une couleur très proche de celle de son voisin, le Parlement wallon. Rien ne permet pourtant d’affirmer, sur le plan scientifique, qu’il s’agit de la couleur de départ : "En général, au 16e siècle, les bâtiments sont peints d’une peinture très légère qui permet de voir la structure des briques et des pierres. Ce badigeon protège le matériau. Grâce aux analyses stratigraphiques pratiquées sur les enduits et les badigeons, on a retrouvé plusieurs couleurs qui vont du blanc au jaune, au beige jusqu’au rose. Mais c’est très difficile de dire avec précision quelle était la couleur de la façade, il y a un demi-siècle", précise l’a archéologue de l’AWAP.

Un blason qui en dit long sur l’histoire de Namur

Sur le pignon de la Halle al’chair, situé sur la rue du pont, se trouve un blason polychrome qui rappelle l’histoire de cet édifice et les raisons de sa construction, dans le contexte géopolitique de l’époque.

Le blason de Philippe II, sur la façade principale
Le blason de Philippe II, sur la façade principale RTBF

"Ce blason est légèrement taillé en bas-relief et il est peint, sur de la pierre calcaire. Il représente les armoiries de Philippe II", explique Marie Verbeek. "Philippe II est à l’époque le roi d’Espagne et donc aussi le dirigeant des Namurois. Au moment de la construction de la Halle al’chair, ce souverain est en train de perdre les Pays-Bas du Nord. Il doit réaffirmer son pouvoir sur nos régions et c’est ce qu’il fait symboliquement avec ces armoiries, gravées en grand sur ce bâtiment public. C’est un geste politique."

Grâce aux échafaudages, les archéologues peuvent étudier plus précisément cet élément de façade, restauré dans les années cinquante. Lui aussi fera l’objet d’une remise en état d’ici la fin des travaux.

Une charpente exceptionnelle montée en atelier

Outre les maçonneries, l’un des grands postes de ces travaux porte sur la charpente, elle aussi d’origine. Grâce à la mise à nu des fermes, sous les combles, les archéologues de l’Agence wallonne du patrimoine ont pu comprendre comment la structure du toit avait été posée, au moment de la construction.

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"Toute la partie latérale était cachée par des maçonneries en briques. Le démontage de certains matériaux nous a permis de découvrir ce qu’il y avait derrière", explique Marie Verbeek. "Cette charpente, c’est un puzzle remarquablement conservé. Les bois ont été posés à l’hiver 1587-1588."

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Ce que l’on sait aussi désormais c’est que cette charpente n’a pas été construite sur place : "la charpente a conservé tous les éléments qui la composent avec des marquages très précis. Tout est numéroté. Tout a été construit en atelier avant d’être amené sur chantier en pièces détachées, pour être remonté."

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La pose du badigeon sur les façades devrait débuter dès que les températures ne descendront plus sous les cinq degrés. La fin du chantier de restauration de la Halle al’chair est prévue pour le mois d’avril, au plus tard.

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