Régions Brabant wallon

N25 : à bord de son tracteur, Dominique nous fait part de sa peur d’un crash avec une voiture

Dominique Lebrun, agricultrice en Brabant wallon, doit souvent emprunter la Nationale 25 à hauteur de Grez-Doiceau. Un trajet stressant, vu la différence de vitesse entre son tracteur et les voitures.

© RTBF jch

Octobre, le mois des dernières récoltes de betteraves et de certaines variétés de pommes de terre. Le mois des derniers travaux agricoles précédant l’hiver aussi. C’est également une des périodes de l’année les plus denses au niveau du nombre de convois agricoles. Selon Vias, l’institut en charge notamment des questions de sécurité routière, le mois d’octobre est une période sombre en matière d’accidents de la route impliquant un tracteur. "En octobre, on recense un accident par jour (moyenne nationale) ! C’est le double de la moyenne pour le reste de l’année", explique le porte-parole de Vias, Benoît Godart. "Pour les cinq dernières années, malgré une certaine stagnation des chiffres, on enregistre quand même entre 180 et 200 accidents annuels impliquant un tracteur dans le pays. C’est quand même beaucoup, sachant que ces accidents sont souvent plus graves que la moyenne des autres types d’accidents. En effet, un tracteur est un véhicule lourd et robuste. Il peut occasionner des dommages importants aux autres usagers".

En Brabant wallon, malgré un nombre d’accidents moins élevé que dans les autres provinces wallonnes, le "point noir" reste la N25. Cet axe rapide a défrayé la chronique ces dernières années en raison d’accidents, souvent assez graves, entre les tracteurs et les autres véhicules. Causes principales : la distraction et la différence de vitesse entre les voitures (120 km/h) et les tracteurs (40 km/h). La situation semble s’améliorer, notamment grâce à l’installation de radars tronçons et à une meilleure visibilité des convois agricoles. Mais pour les agriculteurs, cette situation reste stressante. 

La peur au volant

Souvent critiqués par les automobilistes, conducteurs de camionnettes et autres motards, les agriculteurs ont maintes fois rappelé, depuis longtemps, que la construction de la N25 allait les contraindre à emprunter la Nationale pour accéder à leurs champs. "On a essayé de nous interdire d’emprunter la N25. Cela a échoué, car nous n’avons pas d’alternatives pour aller travailler", explique Dominique Lebrun. Cette agricultrice du Brabant wallon doit souvent monter sur la N25 en tracteur à hauteur de Grez-Doiceau. Un trajet capital pour son travail, mais qui nécessite une extrême vigilance et qui génère un stress important. "On regarde très souvent dans notre rétroviseur. Et quand on voit un automobiliste arriver à toute vitesse, on se demande s’il va nous voir, s’il va nous dépasser au dernier moment. C’est stressant ! Grâce aux radars tronçons, il y a moins de bolides. La situation s’améliore. Mais il peut toujours y avoir un chauffard ou un conducteur distrait à cause de son GSM, notamment. Une voiture qui viendrait s’écraser contre le tracteur, cela peut être très grave pour l’automobiliste mais aussi pour nous, même si le tracteur est lourd et robuste !"

De nombreux agriculteurs ont renforcé leur visibilité, ces dernières années. "Personnellement, j’ai installé de nouveaux gyrophares, plus puissants. Avec des leds. Certains ont d’autres systèmes pour être vus de loin. C’est important, mais on redoute toujours les conducteurs distraits au volant. Tous les usagers doivent être vigilants et respecter le Code de la route en toutes circonstances".

Rappelons enfin que les agriculteurs doivent nettoyer les voiries que leurs véhicules auraient pu souiller, la boue représentant un risque important de glissade.

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