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Municipales françaises: large victoire de la droite, le FN remporte plusieurs mairies

Municipales françaises: large victoire de la droite, le FN remporterait "au moins six villes"
30 mars 2014 à 13:57 - mise à jour 31 mars 2014 à 07:08Temps de lecture4 min
Par Julien Vlassenbroeck

Six localités au moins remportées par l'extrême-droite mais le FN échoue à Forbach et Perpignan

Dimanche dernier, Marine Le Pen jubilait, qualifiant d'"historiques" les résultats de son parti lors du premier tour. Chose inédite dans l'histoire politique française, Steeve Briois, le candidat frontiste à Hénin-Beaumont, a été élu dès le premier tour avec 50,26% des suffrages.

Ce dimanche soir, Marine Le Pen annonçait qu'"au moins six villes" étaient remportées par son parti.

A Béziers, le candidat Robert Ménard (indépendant mais soutenu par le FN) est donné, comme attendu, vainqueur confortable selon les premières estimations avec 47,3% des voix contre 33% au candidat UMP. Le candidat socialiste Jean-Michel Du Plaa (19%) avait refusé de se désister en faveur du candidat de la droite dite "républicaine". C'est une exception (pas la seule) notable à la tradition du "front républicain" à laquelle le PS avait appelé ses candidats. Avec deux listes face à lui, Robert Ménard a bénéficié d'un boulevard.

En effet, le PS a imposé à de nombreux candidats de se désister au second tour en faveur des candidats de la droite traditionnelle pour faire barrage à l'extrême-droite. L'UMP s'est, de son côté, cantonnée à sa stratégie du "ninisme", à savoir "ni gauche, ni front national", refusant d'appeler au désistement républicain et enjoignant les électeurs Front National à voter pour les candidats UMP lors de ce second tour.

Le candidat FN David Rachline est lui aussi élu, avec 45,2% des voix il devient maire de Fréjus. La municipalité de Villers-Cotterêts, dans l'Aisne, passe également sous la bannière frontiste.

Les localités de Beaucaire et Cogolin ont également élu un maire Front National.

A Forbach, Florian Philippot, vice-président du FN, était en mesure de devenir maire, après avoir remporté le premier tour, avec 35,75% des suffrages. Mais lors de ce deuxième tour, il a échoué à vaincre le maire socialiste Laurent Kalinowski.

La mairie d'Avignon bascule mais dans les mains du PS, pas dans celles du FN

Concernant Avignon, la ville bascule à gauche et non dans les mains du FN alors que le candidat frontiste était arrivé en tête du premier tour. Cécile Helle, candidate PS, devient donc maire de la ville avec plus de 47% des suffrages.

A Perpignan, où le front républicain a été appliqué par le candidat PS, Louis Aliot, vice-président FN et compagnon de Marine Le Pen, est battu par le candidat UMP Jean-Marc Pujol.

A Marseille a également été le théâtre d'une excellente performance pour le FN au premier tour: son candidat Stéphane Ravier (23,16%), a réalisé un meilleur score que le candidat PS Patrick Mennucci (20,77%). Cependant, le candidat de la droite Jean-Claude Gaudin, arrivé en tête au premier tour (37,64%) devrait rempiler pour un quatrième mandat dans la deuxième plus grande ville de France.

La gauche sévèrement battue, de nombreuses villes socialistes passent à droite

Jean-François Copé, président de l'UMP, avait été réélu dès le premier tour à Meaux

Alors que d'anciens ministres sarkozystes comme Alain Juppé (Bordeaux), Xavier Bertrand (Saint-Quentin), Laurent Wauquiez (Puy-en-Velay) ont été réélus dès le premier tour, tout comme le président de l'UMP Jean-François Copé (Meaux).

Un premier tour très prometteur pour la droite qui est arrivée en tête des suffrages au niveau global (avec 46,54% des suffrages exprimés, contre moins de 38% pour la gauche et 4,65% pour l'extrême-droite). Les candidats de droite espèrent donc réussir à reprendre la main en refaisant de leur camp la première force politique au niveau local.

Le Parti socialiste a notamment perdu les villes d'Albertville (Savoie), Roubaix (Nord), Reims (Est), Saint-Etienne, Limoges et Angers (Centre) et Quimper (Ouest) et Ajaccio (Corse) qui, comme d'autres villes dirigées par la gauche, basculent à droite.

Cependant, plusieurs autres villes dirigées par des socialistes auraient pu ainsi tomber dans l'escarcelle de la droite. Mais dans plusieurs de celles-ci, une mobilisation de l'électorat de gauche semble avoir permis de limiter la casse. C'est le cas notamment à Strasbourg et Paris (voir ci dessous). A Metz également, il est acquis que les socialistes conservent la mairie.

La droite remporte cependant une très large victoire et la gauche doit acter une très sévère défaite.

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La bataille de Paris: Anne Hidalgo (PS) l'emporte sur "NKM" (UMP)

Dans la capitale, la bataille a été impitoyable entre la candidate UMP Nathalie Kosciusko-Morizet et la socialiste Anne Hidalgo.

A 54 ans, Anne Hidalgo, bras droit du maire socialiste sortant Bertrand Delanoë, a battu sa rivale de droite UMP Nathalie Kosciusko-Morizet, 40 ans, proche de l'ancien président Nicolas Sarkozy, qui était arrivée première lors du premier tour. Anne Hidalgo obtiendrait 54,5% des voix et "NKM" 45,5%, selon les mêmes sources.

Anne Hidalgo va devenir la première femme maire de Paris (estimation des instituts Ifop et Sas).

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Tous les résultats, municipalité par municipalité

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Notons que le candidat centriste à la dernière présidentielle, François Bayrou (UDI) a été élu maire de Pau.

L'abstention bat un nouveau record

Plus d'un Français sur trois avait boudé les élections lors du premier tour: le taux d'abstention était de 36,45%.

Ce triste score s'est amplifié lors du second tour.

Peu après 18h00, l'institut de sondage Ipsos estimait le taux d'abstention à 38% et donc bel et bien supérieur à celui du premier tour.

A 17h00, le taux de participation constaté n'était que de 52,36% contre 54,45% lors des dernières élections locales de 2008 ce qui indiquait que l'on s’acheminait vers nouveau record d'abstention. Record qui a tendance à être battu d'élection en élection depuis 1983 comme l'illustre le graphique ci dessous.

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Julien Vlassenbroek

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