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Munich 1972, les Jeux de la terreur : 50 ans après la prise d’otages meurtrière aux Jeux Olympiques

Der westdeutsche 1500 m-Juniorenmeister Gnter Zahn (BRD) hat whrend der Erffnungszeremonie der Olympischen Spiele 197

© imago images/Sven Simon

03 sept. 2022 à 06:38 - mise à jour 03 sept. 2022 à 06:45Temps de lecture3 min
Par Liam Debruel

Cela fait déjà 50 ans qu’une prise d’otages meurtrière a ensanglanté à tout jamais la ville de Munich ainsi que l’institution olympique.

5 septembre 1972. Tout semble calme à Munich malgré l’effervescence des Jeux olympiques. Ceux-ci sont déjà particuliers, ayant lieu 36 ans après des Jeux menés par un Adolf Hitler voulant profiter de l’événement pour souligner l’hégémonie allemande. Cette fois, on espère une compétition plus apaisée d’un point de vue politique, en totale opposition à ces JO de la honte de 1936. Pourtant, le drame a bien lieu, au sein même du village olympique. L’organisation terroriste palestinienne “Septembre noir” pénètre dans les lieux. Ils sont huit et, une fois arrivés dans les appartements de la délégation israélienne, ils vont tuer deux athlètes avant d’en prendre neuf en otage, dans l’espoir de libérer 232 prisonniers palestiniens contre la vie des sportifs.

Olympische Spiele in Muenchen 1972 DEU, Deutschland, Muenchen : Die Olympischen Spiele in Muenchen 1972 waren ueberschatt
Olympische Spiele in Muenchen 1972 DEU, Deutschland, Muenchen : Die Olympischen Spiele in Muenchen 1972 waren ueberschatt imago images/Klaus Rose

Un moment de tension mais aussi de confusion

Alors la télévision prend toujours plus une place essentielle dans le quotidien, la prise d’otage va s’avérer un moment impactant dans l’histoire du média. L’ancienne sprinteuse Esther Roth-Shachamorov témoignait il y a 10 ans : "Nous avons vu les Allemands mener les négociations avec les terroristes qui menaçaient de tuer un athlète toutes les deux heures et de lancer son corps depuis le balcon de leur immeuble si les prisonniers palestiniens n’étaient pas libérés. C’était épuisant et terrifiant".

La couverture médiatique sera donc forte au vu de l’ampleur de cette attaque au sein même des Jeux. Néanmoins, le partage d’information n’est pas aussi efficace qu’avec les moyens de communication de l’époque. L’entraîneur de Nafissatou Thiam, Roger Lespagnard, nous racontait il y a peu : "Nous n’avions pas de téléphone à l’époque. C’est seulement le lendemain qu’on a réellement su ce qu’il était arrivé, quand on a rendu hommage aux athlètes qui avaient été tués".

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Une reprise des événements polémique

En effet, la prise d’otages se conclura de manière dramatique, les 9 sportifs détenus finissants exécutés à la suite d’une intervention ratée pour les sauver. Au final, le bilan sera de 17 morts, en prenant en compte les otages, 5 des terroristes ainsi qu’un policier ouest-allemand. Les Jeux seront alors mis à l’arrêt… pour une journée seulement. Cette reprise rapide des événements créera la polémique, cherchant à reprendre la compétition comme si cette prise d’otages n’avait pas eu lieu. Tout cela renforcera l’idée d’une gestion globale défaillante, que ce soit par l’issue dramatique de la tentative de sauvetage (notamment l’arrivée tardive de véhicules blindés ou l’équipement défectueux de l’équipe sur place) ou bien cette décision de revenir “à la normale”. La délégation israélienne quittera de son côté les lieux, marquant un nouveau spectre sur les lieux en plus de ces Jeux de 1936.

50 ans après, alors que reste-t-il de cette sanglante prise d’otage ? Un mémorial fut inauguré il y a 5 ans en présence des présidents allemand et israélien. Une nouvelle cérémonie d’hommage aura également lieu ce 5 septembre mais celle-ci est déjà marquée par une autre polémique : l’annonce d’un boycott par les familles des victimes. Celles-ci ont exprimé dans une lettre remise au président de la Bavière, Markus Söder, vouloir des excuses publiques pour la mauvaise gestion de la prise d’otages ainsi que l’ouverture des archives et une juste compensation. De quoi marquer Munich durablement encore de ces événements vieux de déjà un demi-siècle.

Munich 1972 : les Jeux de la terreur, dans deux soirées spéciales "Retour aux sources", présentées par Elodie de Sélys. Les deux premiers épisodes le samedi 3 septembre à 20h45 et les deux derniers le dimanche 4 septembre à 20h35 sur La Trois. Les quatre épisodes sont également disponibles en replay sur Auvio.

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