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Mourir à 50 ans, c’est trop tôt : le cri de détresse du Centre culturel de Braine-l’Alleud

"Mourir à 50 ans, c’est trop tôt !"
C’est le cri de détresse lancé hier par l’équipe du Centre culturel de Braine-l’Alleud, un centre qui a 50 ans cette année.

Les employés du Centre, soutenus par un collectif citoyen dont Christian Merveille, réfutent les soupçons de mauvaise gestion pointés par le collège communal. Ils appellent la population à se mobiliser pour sauver une culture qu’ils disent indépendante et de qualité.

Bras de fer politico-culturel

Fin mars, après des mois de vives tensions entre membres associatifs et politiques du conseil d’administration du Centre, la majorité communale brainoise annonçait son intention d’arrêter de co-subsidier le Centre culturel, dès le premier janvier prochain. "Un arrêt de mort programmé pour les 11 travailleurs", dont Muriel, employée par l’asbl depuis 22 ans. "Nous, on a envie de continuer notre travail. On a envie de tisser des liens, que la population brainoise continue à profiter de nos créations, de tous les événements, des spectacles, etc… Chaque année, plus de 22.000 personnes passent au Centre culturel".

Soupçonné de mauvaise gestion par le collège communal, l’équipe voit ses comptes placés sous instruction judiciaire. "Un pouvoir subsidiant, c’est la loi, doit déposer dans les mains du parquet un dossier problématique, sans toutefois porter plainte", explique Geoffroy Matagne, échevin de la vie associative à Braine-l’Alleud. "Cela va prendre du temps. Mais ce n’est pas notre faute. C’est le fait du fonctionnement institutionnel. Nous verrons ce qu’il convient de faire si l’instruction ne révèle pas de problèmes de gestion. En attendant, le dossier étant à l’instruction, c’est évidemment compliqué pour le pouvoir subsidiant communal de poursuivre la collaboration comme avant. En tout cas, la commune, elle, veut poursuivre l’offre culturelle pour les Brainois en créant une Maison de la culture. Et nous proposons d’ailleurs de réengager le personnel actuel. A eux de voir s’ils sont partants, ce qui ne semble pas le cas aujourd'hui, vu les tensions, sans doute".

Putsch culturel prémédité ?

Convaincus de faire les frais d’un coup monté, les membres du Centre culturel se disent stupéfaits. "C’est un putsch culturel prémédité !", affirme la directrice faisant fonction du Centre culturel, Clarisse Dumont. "Nous étions de bonne foi. Pendant des années, à part quelques divergences, les relations entre représentants du monde associatif et de la majorité politique étaient plutôt bonnes. Puis, les choses ont changé. On nous a accusés d’avoir mal géré les comptes, ce qui est faux. On ne respecte pas la présomption d’innocence. Après un audit sur la gestion, il y a donc cette mise à l’instruction qui va prendre du temps. Trop de temps pour nous! Avec les conséquences que cela entraîne. Au total, avec les autres subsides (Fédération Wallonie-Bruxelles, Province du Brabant wallon et aides à l’emploi), nous risquons de perdre un total de 400.000 euros ! Par ailleurs, nous espérions un dialogue et un apaisement de la part de l’exécutif communal. En vain ! Nous devons maintenant attendre que le juge d’instruction fasse son travail. Quant au projet de Maison de la culture, j’estime que cela est très différent de nos missions à nous, car nous sommes apolitiques et indépendants".

Manifestation en vue

"Nous espérons encore être entendus", souligne la Présidente du conseil d’administration, Aurélie Etienne. "On nous en veut, juste parce qu’on ne tolère pas qu’un conseil d’administration ne soit pas représenté à 100% par un pouvoir politique. Un pouvoir qui décide de ce qu’on y fait. C’est d’autant plus regrettable qu’on va perdre 400.000 euros dans l'aventure et que les emplois sont menacés".
Fort d’une pétition dépassant les 2700 signatures, le Centre culturel et son collectif de soutien ("Accolades") organiseront une manifestation le 21 mai prochain pour réclamer le maintien de l’asbl et de l’ensemble de ses missions.



 

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