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Mostra 2018

Mostra 2018 : "22 juillet", le drame d'Utoya reconstitué par Paul Greengrass

Mostra 2018 : "22 juillet", le drame d'Utoya reconstitué par Paul Greengrass

Un film-choc hier soir à la Mostra de Venise : il s’intitule "22 juillet" et revient sur un des jours les plus tragiques de l’Histoire de la Norvège : le 22 juillet 2011, quand un terroriste d’extrême-droite, Andres Breivik, commettait un attentat à la bombe à Oslo et tuait ensuite 69 adolescents réunis par le Parti travailliste sur l’île d’Utoya.

22 juillet

L'équipe du film "22 juillet" à la Mostra
L'équipe du film "22 juillet" à la Mostra ALBERTO PIZZOLI - AFP

Derrière la caméra, Paul Greengrass.  On lui doit les meilleurs films de la série Jason Bourne, mais on lui doit aussi des films plus engagés comme "United 93" sur la tragédie du 11 septembre ou encore "Capitaine Philips" sur la prise d’otages sur un cargo par des pirates somaliens.

Dans son nouveau film, le cinéaste britannique a choisi de reconstituer le carnage perpétré par Andres Breivik sur l’île d’Utoya, mais il s’attache aussi à relater la préparation et le déroulement du retentissant procès de ce militant néo-nazi. Le cinéaste n’hésite pas à multiplier les points de vue : on suit à la fois le terroriste en prison en dialogue avec son avocat, la lente rééducation d’un jeune rescapé du massacre d’Utoya, et même la crise de conscience du premier ministre norvégien de l’époque, qui s’interroge sur la responsabilité des pouvoirs publics dans un tel drame. Cette multiplication des personnages pourrait prêter à confusion, mais Paul Greengrass orchestre son montage avec sa maestria habituelle : le récit est fluide et suscite énormément de réflexion…

Ce film, "22 juillet" est un des trois films en compétition à la Mostra (avec "Roma" d’Alfonso Cuaron et "Buster Scruggs" des frères Coen) qui a été produit par Netflix. En pratique, il sera visible sur la plateforme de streaming en octobre. A la conférence de presse, Paul Greengrass a expliqué qu’il a choisi Netflix parce que son film lance un signal d’alarme sur la menace qui pèse sur les démocraties en Europe à cause de la montée de l’extrême-droite et des discours nationalistes, et qu’il a envie que ce film soit vu par le plus grand nombre de jeunes spectateurs qui, on le sait, consomme énormément de fiction sur les plateformes numériques bien plus qu’au cinéma. Greengrass a donc une vision très pragmatique du cinéma aujourd’hui, et son film "22 juillet" mérite effectivement de toucher le plus large public possible. 

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