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Morts au Congo: guerre des chiffres entre gouvernement et FIDH

Morts au Congo: guerre des chiffres entre gouvernement et FIDH

© PAPY MULONGO - BELGAIMAGE

22 janv. 2015 à 11:08 - mise à jour 22 janv. 2015 à 14:08Temps de lecture3 min
Par AFP

"Nous avons 12 morts, dont un policier : trois le premier jour, huit le deuxième et un hier", a déclaré Lambert Mende à l'AFP, "la FIDH devient de plus en plus excessive" et est "manipulée par un groupe de Congolais" en exil.

Selon lui, "le policier a été tué par un inconnu" et tous les autres morts sont des "émeutiers" abattus par des vigiles privés. Selon lui, plus de 300 personnes ont été arrêtées.

Depuis leur début lundi, les émeutes ont fait entre 12 et 42 morts à Kinshasa, selon les sources. La Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), dénonçant "la sanglante répression des manifestations pacifiques contre l'adoption de la loi électorale", a fait état jeudi de "42 morts à Kinshasa" et "plusieurs blessés dans d'autres grandes villes du pays". "Comme cela est malheureusement devenu récurrent en RDC, les forces de sécurité ont à nouveau fait preuve d'une réaction totalement excessive et disproportionnée, en tirant à balles réelles sur des manifestants", a affirmé l'ONG.

Kinshasa était plutôt calme jeudi matin, mais de nouvelles échauffourées étaient signalées à Goma, dans l'est du pays, où la police a tiré sur des manifestants, blessant deux étudiants, selon un journaliste de l'AFP.

Morts au Congo: guerre des chiffres entre gouvernement et FIDH

A Goma, quatre cortèges rassemblant chacun plusieurs centaines de personnes hostiles au président Kabila se sont formés en matinée dans la capitale de la province du Nord-Kivu. Les forces de l'ordre ont tiré à plusieurs reprises pour les disperser, blessant deux étudiants, a constaté un journaliste de l'AFP. Vers midi, les heurts se poursuivaient entre les policiers anti-émeute et les manifestants qui leur lançaient des pierres.

Internet pas tout à fait rétabli

Par ailleurs, l'accès à internet a été rétabli mercredi matin à Kinshasa, après près de 48 heures d'une coupure imposée par les autorités. L'internet mobile, qui représente la quasi-totalité des connexions particulières, restait indisponible, comme ailleurs dans le pays.

La connexion internet du bureau de l'AFP a été rétablie dans la matinée. Néanmoins, les services 3G et les messageries sms étaient inaccessibles sur les téléphones portables, ont pu constater les journalistes du bureau de la capitale, comme les correspondants de l'AFP à Lubumbashi, deuxième ville du pays, dans le sud-est, et à Goma dans l'est.

Selon une source proche du dossier, le gouvernement a autorisé les fournisseurs internet à rouvrir l'accès au réseau, mais pas en 3G. Cette mesure bénéficie essentiellement à des entreprises à partir d'un taille relativement importante, à des ambassades ou à des administrations.

De même source, une rencontre était prévue dans l'après-midi entre gouvernement et opérateurs de téléphonie qui souhaitent ardemment pouvoir rouvrir les connexions à leurs clients.

Le gouvernement a également rétabli sur l'ensemble du territoire le signal de la radio française RFI, qui avait été coupé la veille.

Le Sénat examine la révision de la loi électorale

Le Sénat s'est réuni en séance plénière à 14h00 pour l'examen et le vote du projet de révision de la loi électorale susceptible d'entraîner un report de la prochaine présidentielle, censée avoir lieu en 2016.

Cela permettrait au président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se maintenir en poste au-delà du terme de son mandat, alors que la Constitution lui interdit de se représenter. Le projet de loi avait déjà été adopté par les députés samedi.

Appel au calme

Kinshasa a connu une flambée de violence à partir de lundi où un collectif d'opposants avait appelé à "occuper massivement" le Parlement.

Déployées massivement, les forces de l'ordre avaient dispersé avec des gaz lacrymogènes quelques centaines de manifestants. Dans plusieurs quartiers des affrontements ont éclaté avec des groupes de jeunes scandant des slogans hostiles au président Kabila et la police a tiré sur des étudiants aux abords de l'université. Les événements ont ensuite dégénéré en émeutes et pillages avant que la situation ne s'apaise progressivement mercredi.

Les États-Unis ont appelé au calme, et l’Église catholique, par la voix du cardinal archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo, a demandé au pouvoir de ne pas "tuer" ses concitoyens et condamné le projet de loi controversé.

La RDC est l'un des pays les plus pauvres du monde. Joseph Kabila est arrivé à la présidence à la mort de son père Laurent-Désiré Kabila. Il a été élu président en 2006, lors des premières élections libres depuis l'indépendance en 1960. Il avait été réélu en novembre 2011 pour cinq ans à l'issue d'élections marquées par des irrégularités massives. La Constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat.

AFP

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