L'actu du Jazz

Mort du saxophoniste américain Pharoah Sanders

Pharoah Sanders

© - Sam Polcer

24 sept. 2022 à 16:59 - mise à jour 24 sept. 2022 à 17:01Temps de lecture2 min
Par Belge avec Arnaud Quittelier

C’est un des plus grands saxophonistes au monde qui vient de disparaître. Inspiré par les musiques du monde, africaine, indienne… Pharoah Sanders était considéré comme le précurseur de l’ethno-jazz.

Son label Luaka Bop a indiqué dans un communiqué qu'il s'était "éteint paisiblement" à Los Angeles.

Né le 13 octobre 1940, il avait exploré le saxophone jusqu'aux confins de son timbre, puisant dans les traditions orientales, indiennes et africaines pour transformer sa musique en expérience mystique.

Pharoah Sanders (Live Video - 1968)

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Libérateur d'harmonies

Avec ses saxophones qu'il malmenait, usant des embouchures par centaines à force de les ronger, criant dans le pavillon de ses instruments ou les faisant vibrer sous la puissance de son souffle continu, il a élargi encore davantage les horizons du free jazz, mouvement né à la fin des années 1950 qui a libéré les improvisations des contraintes harmoniques.

Pharoah Sanders est considéré comme l'un des héritiers du grand John Coltrane, mort prématurément en 1967, et dont il avait signé quelques solos agressifs dans le dernier album "Live in Japan", sorti de manière posthume en 1973.

Pharoah Sanders: You've got to have Freedom

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Jazz spirituel

Mais Sanders, qui jouait également de l'alto et du saxophone soprano, ne faisait pas l'unanimité et n'a jamais atteint la popularité de Coltrane ou d'Ornette Coleman, qui voyait pourtant en lui "probablement le meilleur joueur de saxophone ténor au monde".

Le son qu'il produisait, évoluant entre stridence et volupté, l'a consacré comme l'un des maîtres du jazz spirituel. Ce courant, au sortir des sixties, voulait rassembler les sociétés divisées par les tensions raciales, sociales et politiques sur une terre sonore où l'on prêcherait paix et bonheur pour tous dans un joyeux syncrétisme religieux.

Son emblématique "The Creator has a master plan", morceau de près de 33 minutes tiré de son album "Karma" (1969), en est devenu l'un des hymnes: on l'y entend -- et on l'y voit, les yeux quasiment révulsés -- entrer dans une transe où il semble exorciser ses démons avant d'atteindre une forme d'extase.

"Je veux emmener les gens en voyage spirituel; je veux les bousculer, les stimuler. Puis les ramener sur terre, sereins"

Pharoah Sanders Quartet - The Creator Has a Master Plan

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Pharoah Sanders est mort entouré des siens, il avait 81 ans.

La web radio thématique "Musiq3 Jazz" proposera ce dimanche 25 septembre une programmation spéciale débutant chaque heure avec un morceau de Pharoah Sanders.

Ecoutez Musiq3 Jazz
Les playlists de Musiq3 Jazz

Sur le même sujet

Il y a 30 ans s’enregistrait l’album "Import-Export" de Jean-Pierre Catoul

L'actu du Jazz

"Autumn In Brussels" avec le River Jazz Festival

L'actu du Jazz

Articles recommandés pour vous