Qui était Roger Carel, véritable légende du doublage, voix d'Astérix, Mickey et Winnie l'ourson ?

Mort du comédien Roger Carel, véritable légende du doublage

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Par Kevin Dero

Si son visage ne vous disait peut-être rien, sa voix, elle, vous l’avez forcément déjà entendue. Et plutôt deux fois qu’une. Et vous l’aurez même en tête dès que ses personnages interprétés seront cités. Attention au vertige.

La carrière ébouriffante de Roger Carel, son talent de comédien et sa voix inimitable nous ont quittés à l’âge de 93 ans.

Roger Carel au cimetière de Passy, le 02 juillet 2002 à Paris, aux obsèques du comédien François Périer,

Attention, accrochez vos ceintures… Si on vous dit Astérix, Kermit la grenouille, C3P0, Mickey, Kaa, Winnie l’Ourson mais aussi Maestro ("Il était une fois…"), Alf, Pongo ou encore Capitaine Caverne… Ça ne vous dit rien ?

Et dans le côté d’acteurs en "chair et en os", continuez plutôt à vous cramponner et à vous souvenir : les voix de Benny Hill, Peters Sellers, Hercule Poirot (Peter Ustinov), Jerry Lewis et… Charlie Chaplin dans le Dictateur.

Toutes ces voix, c’est le(s) timbre(s) de Roger Carel. Ainsi que celles de d’une invraisemblable quantité d’autres personnages de films, de séries, de dessins animés ou encore de jeux vidéo.

Il était une voix

Il reprendra du service en 2014, quand Alexandre Astier le fait sortir de sa torpeur pour l’interprétation de son premier Astérix en animation. Et c’est avec joie que l’on retrouve l’irréductible moustachu et sa voix légendaire pour se battre contre le projet du Domaine des dieux de Jules César. Pierre Tornade, qui incarnait Obélix, n’est plus là. Mais Carel fait encore preuve d’une étonnante vitalité et d’un attachement certain petit Gaulois. Ce sera là son dernier doublage.

Plusieurs cordes (vocales) à son arc

De son vrai nom Roger Blancharel, le comédien est né à Paris en 1927. Pensant au début de sa vie à rentrer dans les ordres puis de devenir ingénieur, sa carrière bifurquera vers les planches à la fin des années 40. Débutant par le théâtre, il marquera par la suite de son empreinte plus d’un demi-siècle d’histoire de l’audiovisuel francophone. La comédie, il l’a dans la peau. Et d’enchaîner à partir des années 50 les apparitions au cinéma ou au cabaret. Sa voix et les nuances qu’elle peut apporter ont bien vite été mises en valeur dans des dramatiques radios, le bruitage et le doublage.

Bientôt, c’est Disney qui rendra encore son timbre encore plus célèbre. Il le donnera à Jiminy Cricket ("Pinnochio"), le Chat du Cheshire ("Alice au Pays des Merveilles"), Kaa ("Le livre de la jungle"), Pongo ("Les 101 Dalmatiens"), Bernard ("Bernard et Bianca"), Winnie l’Ourson… et bien sûr la souris la plus célèbre du monde, Mickey Mouse. A partir des années 70 c’est donc un déferlement de doublages qu’il effectuera. Dans le monde des dessins animés, avec les productions des studios Hanna-Barbera (Wally Gator, Fred Pierrafeu…), le Muppet Show, Le petit dinosaure dans la vallée des merveilles, dans des productions françaises (il sera le Maestro dans la série "Il était une fois…", Astérix évidemment, Dupont et Dupond dans Tintin – ainsi que Milou-, les Bisounours, …), dans un nombre ébouriffant de séries également (Alf, Peter Ustinov dans la série des Agatha Christie…), et dans une somme incalculable de films, évidemment (C3PO dans Star wars, il double Jack Lemmon, Charlie Chaplin, Jerry Lewis, Peter Sellers…). 

Au tournant des années 2010, il souhaite ralentir la cadence et prend un peu du recul avec la profession. Notons que Carel a aussi à son chapelet de voix off pour des jeux vidéo, des parcs d’attractions (le Défi de César au parc Astérix), des livres audios…

Trio de prestigieux "doubleurs" dans "C’est au Programme" (France 2), en 2010

Archive INA

Patrick Poivey, Dorothée Jemma et Roger Carel "Le doublage de films" | Archive INA

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Un "visage" populaire, aussi…

Mais Roger Carel a aussi montré ses traits dans bien des œuvres. Acteur de théâtre, il jouera dans plus d’une trentaine de pièces. Au cinéma et en télévision, ce seront des dizaines de rôles qu’il interprétera.

Au tournant des années 70, son visage est alors populaire, notamment en télévision avec Arsène Lupin ou il joue le commissaire Guerchard.

Devant les caméras des productions cinématographiques, les rôles sont nombreux quoique plus discrets. On se souvient notamment de lui dans la peau d’un gradé allemand dans "Papy fait de la résistance" (Jean-Marie Poirée, 1983), mais aussi dans "le Viager" et "les Gaspards" (films de Pierre Tchernia), "le Coup du Parapluie" (Gérard Oury, 1980), "l’Eté mortier" (Jean Becker, 1982) ou encore dans "les Mille et Une Nuits" de Philippe de Broca (1990).

Au panthéon du doublage, Roger Carel rejoint donc des illustres confrères comme les Micheline Dax, Michel Roux, Francis Lax ou encore Patrick Poivey au paradis des voix mythiques.

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