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Morrissey VS Der Spiegel: acte 3

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13 déc. 2017 à 11:463 min
Par François Saint-Amand

Le chanteur britannique a fait les gros titres au mois de novembre après ses propos controversés émis sur Kevin Spacey dans une interview accordée à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. Il avait en effet semblé prendre la défense de l'acteur américain, accusé de harcèlement sexuel, certifiant que ce dernier avait été "attaqué inutilement" à ce sujet.

Morrissey aurait également assuré qu'il tuerait "la vermine Donald Trump pour la sécurité de l'humanité".

Le tapage médiatique qui s'est créé autour de cette affaire a poussé le chanteur à se défendre sur ses divers propos.

Il s'est en effet adressé fin novembre à son public à ce sujet lors de l'un de ses derniers concerts en expliquant par ailleurs qu'il ne donnerait désormais plus d'interview à la presse écrite. Il avait notamment lancé à ses fans: "A moins que vous ne voyez les mots se former dans ma bouche et qu'ensuite vous les voyez ou les entendez sortir de celle-ci... S'il vous plaît, si vous ne voyez pas ça, c'est que je ne les ai pas dits".

Ensuite, l'ex-Smiths a publié cette semaine un communiqué sur les réseaux sociaux pour assurer qu'il avait été mal cité par Der Spiegel dans cette interview. Il a réfuté une à une ces différentes assertions en écrivant: "Est-ce que je tuerais Donald Trump? Non jamais. Est-ce que je soutiendrais les penchants privés de Kevin Spacey? Non jamais".

Cette fois-ci, Der Spiegel contre-attaque en publiant une version audio de cette une interview controversée de Morrissey. Cela se produit juste après que le chanteur ait déclaré qu'on lui avait refusé d'obtenir le "son brut" de son interview.

Der Spiegel a donc publié ce qu'il prétend être le son complet et non retravaillé de cette interview de 43 minutes, en affirmant que ceci est la preuve que la conversation initiale ne contenait pas "des citations fausses ou trompeuses".

Dans cette version audio, on peut entendre Morrissey qualifier Donald Trump de "parasite" et le comparer à "un très petit enfant". Décrivant le Président comme "un danger pour la sécurité mondiale", le chanteur est alors invité à "appuyer sur un bouton" qui conduirait Trump à finir "raide mort". Il répond: "Je le ferais, pour la sécurité de la race humaine".

Plus loin dans l'interview, on demande au chanteur s'il avait suivi le scandale Harvey Weinstein et le hashtag #MeToo.

"Jusqu'à un certain point, je l'ai fait, mais ensuite cela devient un théâtre, et tout le monde est soudainement coupable. Quiconque a déjà dit à une personne, 'je vous aime bien' se retrouve soudainement accusé de harcèlement sexuel", assure-t-il.

Morrissey ajoute: "Il y a, bien sûr, des cas extrêmes. Et le viol est révoltant, et toute attaque physique est révoltante, mais nous devons regarder cela avec une certaine critique, sinon tout le monde sur la planète est coupable de tout".

Questionné alors sur l'affaire Kevin Spacey, l'ex-Smiths évoque les accusations d'Anthony Rapp qui affirme avoir été agressé par l'acteur quand il était jeune: "Pour autant que je comprenne la situation, [Spacey] était dans une chambre d'hôtel avec un enfant de 14 ans. Eh bien, Kevin Spacey avait 26 ans, le garçon avait 14 ans. Vous devez vous demander où étaient les parents du garçon. Vous devez supposer qu'il avait une idée de ce qui pouvait arriver. Je veux dire, je ne sais pas pour vous mais je n'ai jamais été... dans ma jeunesse, je n'ai jamais été dans des situations comme ça. Jamais. Et j'étais toujours conscient de la façon dont les choses pouvaient aller. Si tu étais dans la chambre de quelqu'un, tu devais savoir où cela pourrait mener et tu devais te demander "Pourquoi sommes-nous ici? Pourquoi ne sommes-nous pas en bas dans le hall?" Cela ne me semble donc pas tout à fait vrai et il me semble qu'il a tout à fait été attaqué inutilement".

Vous pouvez retrouver ici l'interview dans son entièreté.

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