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Procès Hakimi en Appel à Mons: le Procureur réclame 20 ans et une autre peine de deux ans contre le boxeur

Procès Hakimi en Appel à Mons:  le Procureur réclame 20 ans et une autre peine de deux ans contre le boxeur
22 févr. 2021 à 05:54 - mise à jour 22 févr. 2021 à 14:314 min
Par Pierre Wuidart et Belga

Le Procureur fédéral a réclamé ce lundi, devant la Cour d'Appel du Hainaut, une première peine de prison de 20 ans et une deuxième de deux ans à l'encontre du boxeur Farid Hakimi, poursuivi dans le cadre d'une affaire de home-invasions, perpétrées dans le Hainaut et le Brabant wallon entre 2015 et 2016, et d'un vaste trafic de stupéfiants organisé dans la région de Mons.

Lundi, le Procureur fédéral a réévalué certains points sur lesquels il avait fait appel de la condamnation à quatorze ans de prison de Farid Hakimi. Ainsi, une agression perpétrée dans une discothèque, pour laquelle le boxeur avait été déclaré coupable par le tribunal, est indépendante des autres faits, a estimé le ministère public. Ce dernier a réclamé une peine de deux ans de prison pour cette agression.    Par contre, le ministère public considère que Farid Hakimi organisait toutes les attaques à main armée pour lesquelles le prévenu a été condamné en première instance, ainsi que le trafic de drogues. "Il recrutait les membres, avait autorité sur eux et leur donnait des instructions, même depuis la prison", a insisté le procureur Julien Moinil.

Celui-ci estime donc que le boxeur était bel et bien le chef d'une association criminelle, contrairement à ce qu'avait statué le tribunal.   De son côté, l'avocat de Farid Hakimi, Me Discepoli, juge les poursuites irrecevables. Le chef d'enquête de cette affaire doit en effet être jugé en mai devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour violation du secret professionnel. Il entretenait une relation sentimentale avec la compagne de Marwane Hamouda, un autre prévenu du dossier. En vertu de cette relation, les poursuites envers Marwane Hamouda avaient été considérées irrecevables par le tribunal. Pour la défense de Farid Hakimi, le boxeur aurait dû bénéficier de la même mesure car la majorité des procès-verbaux contenus dans le dossier répressif a été rédigée par le chef d'enquête.    Mais le Procureur a demandé à la Cour de ne pas tenir compte de cette demande d'irrecevabilité formulée par la défense car, selon lui, rien ne reliait la compagne de Marwane Hamouda à Farid Hakimi.  

Le ministère public, qui avait fait appel de plusieurs acquittements, a abandonné la remise en question de certains d'entre eux mais en a contesté d'autres, notamment concernant l'attaque perpétrée au domicile privé d'un restaurateur italien de la région de Mons, qui avait sponsorisé le boxeur dans le cadre de ses activités sportives.    Si la peine de quatorze ans de prison prononcée en première instance devait être confirmée, Farid Hakimi passera peu de temps en prison puisqu'il est détenu - d'abord préventivement, puis sous surveillance électronique - depuis quatre ans, a insisté le procureur. Selon lui, une peine de 20 ans est nécessaire compte tenu de la gravité des faits et de la personnalité antisociale de Farid Hakimi.

Le boxeur a mené un train de vie élevé durant de longues années, alors qu'il bénéficiait d'allocations de la mutuelle, et il a également brisé de nombreuses vies, a souligné le ministère public.   Enfin, le procureur estime que le risque de récidive est important. Il a requis une interdiction des droits du prévenu pour une durée de dix ans et demandé une confiscation de 600.000 euros, alors que le tribunal avait confirmé une saisie de 100.000 euros, et une amende de 8.000 euros.

Le début du réquisitoire

Le Procureur fédéral Julien Moinil a débuté son réquisitoire, ce lundi après-midi devant la troisième chambre correctionnelle de la cour d'appel du Hainaut, dans le cadre de l'affaire Hakimi. Il a déclaré vouloir atteindre "l'équilibre de justice".

Au début de son réquisitoire, le procureur fédéral a mis en évidence l'horreur des faits commis uniquement dans un but lucratif avec comme conséquence la destruction de plusieurs vies. Il a salué le courage des victimes présentes dans cette procédure en appel, sans oublier celles qui ont renoncé.    Cependant, il a déclaré qu'il recherchait "l'idéal de justice" qui serait, selon lui, un équilibre entre la gravité des faits et les droits de la défense. "Mon idéal de justice serait que les prévenus soient condamnés pour ce qu'ils ont fait et que le chef d'enquête le soit aussi, dans le cas où il serait jugé coupable par le tribunal."    Le chef d'enquête sera jugé en mai devant le tribunal correctionnel de Charleroi, pour violation du secret professionnel. C'est en raison de sa relation sentimentale avec la compagne de Marwane Hamouda que ce dernier a obtenu l'irrecevabilité des poursuites dans le cadre de ce dossier de home-jackings perpétrés entre 2015 et 2017 en Hainaut et dans le Brabant wallon. Le tribunal de Charleroi, saisi de l'affaire Hakimi-Pauwels, avait considéré que le policier avait privilégié son intérêt personnel dès le moment où son idylle avait commencé.    Le procureur poursuivra son réquisitoire durant toute la journée de lundi.

 

 

Ce lundi 22 février s'ouvre devant la cour d'appel du Hainaut le procès "Hakimi-Pauwels", acte deux. Ce procès très médiatique, qui s'est tenu, en première instance, à Mons Expo en septembre. On y a jugé des faits de home invasion. Mais la toute grande majorité des prévenus ont fait appel du premier jugement et par conséquent, ils seront 19 à être rejugés. Parmi eux, le Montois Farid Hakimi, considéré comme le meneur. L'autre personnalité très médiatisée du premier procès, c'était l'animateur Stéphane Pauwels. Il avait écopé de 30 mois de prison avec sursis pour avoir commandité le home invasion de Lasne et pour détention de cocaïne. Lui et son ex-compagne n'ont pas fait appel. Et ne seront donc pas présents cette fois-ci. Les audiences se tiendront à nouveau au Lotto Mons Expo.

Combien de temps va durer le procès ?

Ce procès en appel doit durer au moins jusqu'au 2 mars. D'ici là, dix audiences sont prévues. Des journées complètes ou des matinées. La cour peut éventuellement prolonger ce délai, mais il faut garder à l'esprit qu'il faudra ensuite réaménager les lieux en centre de vaccination. L'ouverture de ce centre est prévue pour le 15 mars.

Sur le même sujet: 30/10/2020

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