La couleur des idées

Monique Canto-Sperber, philosophe : "l’inquiétude est le premier signe de la lucidité"

Monique Canto-Sperber dans son bureau à Paris en septembre 2008
02 sept. 2022 à 09:02 - mise à jour 05 sept. 2022 à 11:30Temps de lecture2 min
Par Tania Markovic et Pascale Seys

Ce samedi, à l’occasion de la rentrée sur Musiq3, Pascale Seys reçoit la philosophe Monique Canto-Sperber qui vient de publier coup sur coup deux essais chez Albin Michel : l’un sur la liberté d’expression édité il y a peu en format poche sous le titre Sauver la liberté d’expression et tout récemment Une école qui peut mieux faire qui traite des principaux défis que rencontre l’école publique française aujourd’hui. Avec une critique de taille : l’uniformisation.

Si l’école reste un lieu d’émancipation pour bon nombre d’enfants qui y apprennent au contact d’auteurs, de concepts et de savoirs scientifiques à "penser par eux-mêmes" selon les mots d’Emmanuel Kant, on constate depuis plusieurs années la difficulté croissante de l’école à assumer sa mission, à savoir bien former intellectuellement les enfants en leur donnant notamment un socle de connaissances solide sur lequel s’appuyer. Preuve en est, de nombreuses études menées par exemple dans le cadre de l’OCDE comme le programme PISA ou encore les rapports Euridyce (ndlr, réseau européen sur les systèmes éducatifs) montrent que les performances des élèves français en compréhension de l’écrit, en culture scientifique et en mathématique baissent. Dès lors, il nous faut constater le fait que l’école ne garantit plus ce qu’on pourrait appeler la "réussite" des élèves, réussite au sens où elle ne semble plus parvenir à doter les enfants de ces capacités fondamentales qui leur permettront par la suite de se perfectionner et de jouer un rôle dans la société dont ils font partis.

Ce constat inquiétant vient se doubler d’un autre absolument dérangeant : les rapports évoqués précédemment montrent que cette difficulté croissante à assurer la réussite des élèves n’est pas uniformément répartie puisque certaines écoles réussissent très bien quand d’autres ont de graves difficultés.

"Cela n’étonnera personne d’apprendre que les premières sont situées dans des territoires socialement et économiquement favorisées tandis que les autres sont plutôt situées dans des environnements défavorisés" déclare Monique Canto-Sperber. Forte de ce constat sociologique, elle propose de réduire ces inégalités en instaurant l’autonomie scolaire, c’est-à-dire la possibilité de donner aux enseignants la capacité d’élaborer une stratégie éducative qui soit en phase avec le terrain où ils enseignent.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien mené par Pascale Seys, à écouter ci-dessous ce samedi 3 septembre dès 12 heures.

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