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L'odyssée

Molière : Lully et Charpentier ne sont pas les seuls à avoir mis en musique les comédies de Molière

Buste de Molière, par Jean-Antoine Houd

Il y a 400 ans, en 1622, naissait à Paris Jean-Baptiste Poquelin, Molière de son nom de scène. 40 ans plus tard, le roi Louis XIV assiste à la représentation de la première comédie-ballet de l’histoire de la musique. Ce spectacle d’un genre nouveau, mêlant comédie, musique et danse, a été mis au point par Molière, Jean-Baptiste Lully et Pierre Beauchamp, maître de danse du roi. Après la brouille des deux Jean-Baptiste, c’est Marc-Antoine Charpentier qui deviendra le collaborateur de Molière.

Si on connaît bien la musique de Lully et de Charpentier pour les comédies-ballets de Molière, d’autres compositeurs, connus ou moins connus, du XVIIe au XXe siècles, se sont également inspirés des pièces de Molière pour composer opéras, ballets, musiques de scène, pièces instrumentales ou vocales, ou encore musiques de film.

Georg Philipp Telemann et Les Amants magnifiques

Pour son opéra Pastorelle en musique, Telemann s’est inspiré de la comédie-ballet Les Amants magnifiques du duo Molière-Lully, en conservant une partie des textes chantés de la version française. C’est en 2014, à Kiev, que le chef d’orchestre ukrainien Kirill Karabits a retrouvé le manuscrit, emporté là par les troupes soviétiques en 1945. Tout naturellement, c’est Karabits qui en a signé le premier enregistrement.

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Francesco Gasparini et L’Avare

Francesco Gasparini, compositeur et maître de musique contemporain de Vivaldi compose Il vecchio avaro, un intermède musical comique à deux voix avec des instruments, d’après L’Avare de Molière. Ici, le personnage principal ne s’appelle pas Harpagon mais Pancrazio.

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Christoph Willibald Gluck et Don Juan

En 1761, le compositeur allemand Christoph Willibald Gluck compose un Ballet-pantomime qui s’inspire de Molière : Don Juan ou Le Festin de Pierre. Longtemps éclipsé par le Don Giovanni de Mozart, basé, lui, sur la pièce de Tirso de Molina, l’Abuseur de Séville, l’œuvre de Gluck comprend pourtant de très belles pages, comme cette scène finale : après une sorte de passacaille dramatique, les entrailles de la terre s’ouvrent et les Furies entraînent Don Juan vers les enfers. Gluck réutilisera cette Danse des Furies pour son opéra Orphée et Eurydice.

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Charles Gounod et Le Médecin malgré lui

Avec son opéra-comique, Le Médecin malgré lui, Charles Gounod adapte la pièce éponyme de Molière. Les passages chantés sont confiés à deux librettistes, mais comme les dialogues parlés reprennent littéralement le texte de Molière, la Comédie-Française a tenté de faire annuler les représentations de l’opéra.

Dans l’air suivant, Sganarelle, qui deviendra médecin bien malgré lui après une volée de coups de bâton, nous confie son amour pour la bouteille… et son contenant.

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George Auric et Les Fâcheux

Les Fâcheux est la toute première comédie-ballet du trio Molière-Lully-Beauchamp, présentée le 17 août 1661 dans les jardins du Château de Vaux-le-Vicomte de Nicolas Fouquet. Sa musique a été perdue. Quelque 250 ans plus tard, Bronislava Nijinska, la sœur du célèbre danseur Nijinski, décide de créer une nouvelle version des Fâcheux pour les Ballets russes. Les décors et les costumes sont signés Georges Braque, et la musique est commandée au jeune George Auric, tout juste âgé de 23 ans.

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Nino Rota et le Molière imaginaire

Le Molière imaginaire est une commande du célèbre chorégraphe Maurice Béjart dans le cadre des célébrations pour le 300e anniversaire de la mort de Molière, en 1973. La partition du ballet est signée Nino Rota. C’est l’une des dernières œuvres du compositeur italien, célèbre pour ses musiques de film. La musique dépeint des événements de la vie de Molière : moments tristes et mélancoliques ou éléments anecdotiques et humoristiques.

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Richard Strauss et le Bourgeois Gentilhomme

On pourrait citer par exemple Rolf Liebermann, Erwin Schulhoff, Giuseppe Scolari, Karol Szymanowski, ou, chez les Français, Jules Massenet, Gabriel Fauré et Darius Milhaud. Mais comme il faut bien faire des choix, c’est avec Richard Strauss que l’on clôt cette séquence dédiée à Molière.

Après le succès du Chevalier à la rose, Strauss se plonge dans un nouveau projet pour la scène : Le Bourgeois gentilhomme, une œuvre hybride, mêlant opéra et comédie. Le projet échoua, mais Strauss récupéra la musique pour en faire une suite orchestrale en neuf mouvements, qui sera créée à Vienne en 1920. La suite est composée dans un esprit néo-classique, et reprend quelques airs de Jean-Baptiste Lully dont le fameux Menuet du Bourgeois gentilhomme, dans une version… au ralenti.

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