RTBFPasser au contenu

Regions Bruxelles

Molenbeek : le café de La Rue lance un appel aux dons alors que sa façade menace de s’effondrer

La façade qui ne tient plus qu’à quelques étançons
25 janv. 2022 à 17:152 min
Par Pierre Vandenbulcke

Le café-concert La Rue à Molenbeek menace de s’effondrer. Sa façade ne tient plus que grâce à des étançons. C’est la construction d’un bâtiment juste à côté qui a déstabilisé la maison. Aujourd’hui, la propriétaire et animatrice de ce café typique des années 30, classé depuis 2 ans, lance un appel aux dons pour pouvoir lancer les travaux en attendant un éventuel remboursement des assurances.

C’est devenu un taudis

" Il y avait des lambris, des soubassements avec des marbres. Maintenant, plus rien, on a dû tout enlever. On a mis des supports pour stabiliser, des grandes barres jaunes partout. Et maintenant les gens déposent des canettes parce que c’est un taudis quoi ". C’est avec dépit que Marie-Noëlle Doutreluingne contemple la façade de son café.

A l’intérieur, quelques fissures aussi mais tout le mobilier est intact. Les banquettes, les miroirs et ce gigantesque tableau de résultats de football en bois. " Sans oublier le bar en chêne avec le zinc, vraiment authentique. Il a dû faire des guerres. C’est sûr ".

Marie-Noëlle Doutreluingne derrière son bar en chêne
Marie-Noëlle Doutreluingne derrière son bar en chêne RTBF

En 40 ans de concert, sa propriétaire estime que 20.000 personnes ont fréquenté ce lieu unique. " Ce n’est pas qu’un café, que du spectacle. Il y a une âme. Les gens qui entrent ici le disent tout de suite ".

Dans ce quartier populaire de Molenbeek, le public est très éclectique. Des notables font parfois le déplacement et même un ministre un soir. " Et le ministre en question. Il s’est mis sur la petite table ici près des toilettes. Et il a fait monsieur pipi. Je vous le jure. C’était incroyable. J’ai tout vu ici ".

Des souvenirs à la pelle dans ce café qu’elle a racheté en 1976 avec son mari pour y lancer une association. " Au début, on a commencé par faire un travail de quartier. Une école de devoirs, des activités avec les jeunes. C’était notre projet de couple. L’asbl, La Rue existe d’ailleurs toujours, elle a déménagé à quelques dizaines de mètres ".

Tout est d’époque ou presque dans ce bar typique des années 30
Tout est d’époque ou presque dans ce bar typique des années 30 RTBF

Comment en est-on arrivé là ?

Les problèmes de stabilité ne datent pas d’hier, mais ils se sont aggravés avec le temps. A l’origine la construction d’un bâtiment juste à côté. " Je ne dis pas que ce sont les voisins, surtout pas. C’est sûrement l’architecte ou l’entrepreneur. En tout cas, ça a été mal fait. En fait ce qu’ils ont fait, c’est qu’ils ont creusé en dessous du mur mitoyen à hauteur d’homme. Et puis notre maison ne reposait plus sur rien. Et sur ce " rien ", ils ont construit leur maison. C’est à ce moment que les fissures sont apparues et ça a été de mal en pis avec les années ".

Les assurances ne sont jamais intervenues jusqu’ici. Une procédure en justice est en cours. D’où cet appel au don, qu’elle lance aujourd’hui. " C’est pour trouver des sous pour commencer les travaux estimés à 74 mille euros. Parce que je ne sais pas si je ne serai jamais remboursé de quoi que ce soit et cet argent je ne l’ai pas et banques ne veulent pas me le prêter ".

Marie-Noëlle Doutreluingne n’est en tout cas pas prête à abandonner son café dans ce triste état. " Personnellement j’ai envie de recommencer et je sens que les gens qui connaissent l’endroit sont vraiment tristes. Non, non, non, il faut que ça continue. On va se battre ".

Articles recommandés pour vous